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Un drone autonome pour surveiller le port de Dunkerque

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Un drone autonome pour surveiller le port de Dunkerque

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Du ciel, il peut scruter le port de Dunkerque. Un drone aérien autonome conçu par la société bordelaise Azur Drones a été choisi par Eamus Cork Security, spécialiste de sûreté portuaire, et en charge de celle du port nordiste, pour y être déployé. Une première mondiale pour un port, selon le constructeur, qui vise à renforcer la surveillance du site et notamment de la zone d’accès restreint.

Il s’agit d’un drone d’environ 80 cm x 80 cm, pour un poids de sept kilos. Le système baptisé Skeyetech est entièrement automatisé. L’appareil décolle en moins de 30 secondes, vole à 50 km/h et dispose d’une autonomie de 25 minutes. À l’issue de sa mission, il revient se poser seul sur sa station d’accueil où il est protégé pendant qu’il se recharge. Le dispositif a été conçu pour supporter l’environnement salin et les conditions météos du port.

 

(© AZUR DRONES)

(© AZUR DRONES)

 

À Dunkerque, le drone sera essentiellement amené à surveiller les intrusions et contrôler les flux. Sa première mission devrait être de faire de la « levée de doutes ». En cas d’alerte sur le site, il décolle automatiquement de sa station pour observer ce qu’il se passe sur zone. Il est équipé d’une caméra HD à fort zoom et d’une caméra thermique haute précision pour être opérationnel de jour comme de nuit. Selon Azur Drones, elles permettent « d’identifier une personne à plusieurs centaines de mètres ». Deuxième mission : effectuer des rondes. Là, un opérateur peut le lancer pour compléter une patrouille humaine et, par exemple, couvrir une plus grande zone. Le drone peut enfin suivre des interventions à distance.

Ce système est intégré au VMS (Video Management System) du Canadien Genetec utilisé à Dunkerque et qui contrôle la centaine de caméras du site. La détection automatique peut signaler, via le logiciel de Genetec, l’information directement au drone. Les équipes de sécurité disposent d’un retour vidéo et peuvent suivre les déplacements du drone sur une carte. « Notre drone est intégré dans le logiciel. C’est un point important pour nos clients. Il ne vient pas s'installer en plus du système de sécurité, il vient s’installer dans le système de sécurité », explique-t-on chez Azur Drones. Cela permet notamment de profiter pleinement du logiciel et d’éviter de devoir former à de nouveaux outils les agents de sécurité.

 

(© AZUR DRONES)

(© AZUR DRONES)

 

Azur Drones existe depuis 2012, mais la commercialisation du Skeyetech n’a commencé que début 2019. D’abord opérateur de drones (pour de la thermographie et cartographie, notamment), la société qui emploie une cinquantaine de personnes s’est spécialisée dans le secteur de la sûreté et de sécurité, en particulier de sites sensibles, tout en s’orientant vers des drones autonomes. Un concept délicat à mettre en œuvre. La plupart des réglementations imposent un télépilote pour utiliser un drone. Il lui aura fallu 18 mois pour obtenir des autorisations de la DGAC (direction générale de l’aviation civile). « Nous avons dû démontrer à la DGAC la facilité d’utilisation et la fiabilité du système », incluant, par exemple, une double à triple redondance, explique encore Azur Drones. Le drone est aussi muni d’un parachute pyrotechnique et d’un geo-caging (qui prévient quand le drone quitte une zone prédéfinie). « Ca a été un très long travail réglementaire. Aujourd’hui, on a toutes les autorisations en France et on est en train de faire la même chose dans d’autres pays ». Dunkerque a été le premier client à adopter le système. Depuis, « d’autres ont été déployés dans le secteur de l’énergie, en France et au Moyen-Orient ». D’autres ports se montrent intéressés, affirme Azur Drones.

 

(© AZUR DRONES)

(© AZUR DRONES)

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