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Un gros vraquier remonte la Loire jusqu'à Nantes

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Un gros client pour le terminal nantais de Roche-Maurice, le « grenier à blé du Grand Ouest ». Le vraquier libérien Al Yassat II, long de 190 mètres pour un tonnage de 57.000 tpl, a remonté la Loire dans la matinée d’hier avant d’accoster devant les silos à grains situés en amont du pont de Cheviré. Arrivé du Maroc, le navire va charger 30.000 tonnes de blé, puis descendre la Loire jusqu’à Montoir-de-Bretagne où il complètera sa cargaison avec 20.000 tonnes supplémentaires, avant de faire route vers le Moyen-Orient

 

Une escale importante qui devrait en appeler d’autres. Le trafic céréalier au départ de la France est en effet en nette progression, suite aux mauvaises récoltes ukrainiennes et américaines. Le blé nantais, récolté dans les régions Bretagne et Pays de la Loire, sera sans doute amené à s’exporter sur des destinations plus lointaines que le marché européen. Ce qui devrait donc amener d’autres navires à fort tonnage sur les sites amont du Grand Port Maritime de Nantes Saint Nazaire.

 

 

 

Accostage au terminal céréalier (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

(© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

Près de 3 millions de tonnes de trafic sur les sites nantais

 

 

Car, si l’activité portuaire s’est éloignée du centre ville avec l’arrêt des opérations commerciales (hors paquebots) sur les quais de l’Ile de Nantes, en 2005, le trafic nantais, notamment sur les terminaux de Cheviré et Roche-Maurice, est loin d’être négligeable, bien que plus discrets. Les sites nantais ont, ainsi, traité en 2011 quelques 2.7 millions de tonnes de marchandises, dont 833.000 tonnes de céréales, 159.000 tonnes de produits issus du recyclage et 78.000 tonnes de bois. Cela représente près de 10% du trafic global du GPMNSN. Et des dizaines de navires de gros tonnage remontent chaque année la Loire jusqu’à la Cité des Ducs de Bretagne, avec des vraquiers pouvant atteindre 230 mètres et des paquebots de 200 mètres. Or, pour maintenir cette activité, l’accès à la zone d’évitage de Trentemoult, où les bateaux font demi-tour, est impérative.

 

 

Evitage devant Trentemoult (© MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

 

La question d’un nouveau franchissement du fleuve tranchée cette année

 

 

C’est dans ce contexte que se pose la question du nouveau franchissement de la Loire entre le centre-ville et le pont de Cheviré, qui permettra de relier Nantes à Rezé. Ce projet, destiné à améliorer la desserte et les flux de véhicules au cœur de la métropole de l’Ouest, est suivi de très près par les professionnels portuaires. Ceux-ci s’inquiètent notamment de l’option consistant à réaliser  un pont près de la zone d’évitage car, selon eux, même si son tablier central se lève pour laisser passer les bateaux, un tel ouvrage pourrait constituer un handicap pour les navires remontant à Nantes. C’est pourquoi ils lui préfèrent la solution d’un tunnel, qui permettrait de laisser la zone d’évitage libre de toute contrainte. Conscients des différents enjeux liés à la réalisation d’un nouveau franchissement de la Loire dans cette zone, les collectivités locales doivent trancher cette question en 2013. « Nous allons cette année avancer sur les options en matière de franchissement. Plusieurs problématiques sont interconnectées à ce dossier : accès à l’Ile de Nantes, élargissement des itinéraires dans la zone centrale, optimisation de Cheviré, relation entre le Sud Ouest et le Nord Ouest de Nantes… Cette question des franchissements est hautement stratégique car elle est aussi intimement liée aux enjeux de la vie portuaire, à l’accès vers les fonctions centrales qui seront celles de l’Ile de Nantes, et vers toutes les activités essentielles qui viendront s’y implanter », a déclaré Gilles Retière, maire de Rezé et président de Nantes Métropole le 7 janvier, lors de ses vœux aux institutionnels.

 

 

Port de Nantes Saint-Nazaire