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Un livre sur les métiers du port de pêche de Keroman

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Un livre sur les métiers du port de pêche de Keroman

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Patron-pêcheur, crieur, trieuse, docker, fileteuse, mareyeur... 20 « anciens » de Keroman racontent leur quotidien au port de pêche lorientais. Leurs témoignages, c'est Emmanuelle Yhuel-Bertin qui les a provoqués et réunis au sein d'un livre - « Kéroman, une aventure humaine » - qui vient de paraître chez Liv'Editions. 

La Ploemeuroise Emmanuelle Yhuel-Bertin a déjà une dizaine d'ouvrages à son actif. Son credo : l'histoire et le patrimoine. « Keroman, une aventure humaine », cela faisait quelque temps qu'elle y pensait. « Je suis d'une famille de pêcheurs, mariée à un pêcheur... J'ai toujours entendu dire que l'ambiance de Keroman avait changé. En même temps, c'est un endroit où règne une forte activité mais méconnu ».

De 1960 aux années 2000


Si elle a déjà traité du monde de la pêche, ce n'était jusqu'à présent que comme une composante, certes « incontournable », de l'histoire de Plouhinec, Port-Louis ou Ploemeur, auxquels elle a consacré certains de ses précédents livres. Autre particularité de ce nouvel ouvrage : si Keroman fête ses 90 ans cette année, son histoire continue de s'écrire. Emmanuelle Yhuel-Bertin a choisi des hommes et des femmes qui ont travaillé au port entre 1960 et 2000. Seul un témoin, Maurice Benoish, le président de la Sem Keroman, est encore en activité aujourd'hui. Tous les autres sont à la retraite. Certains métiers, comme celui de Daniel Le Squere, crieur, ou de Marina Vicente, trieuse, ont même disparu. Les autres ont profondément évolué. « Cette génération a connu d'énormes changements techniques, politiques, sociaux... »

Un véritable écosystème


Pour donner à voir toute la richesse de l'écosystème portuaire, Emmanuelle Yhuel-Bertin, a choisi des « acteurs, à terre comme en mer, qui ont animé Keroman ». Des incontournables, comme Jean-Maurice Besnard, P-DG de l'armement Jégo-Quéré, à ceux auxquels on ne pense pas de prime abord - Jean-François Picaud, avitailleur, ou Luc Normand, P-DG des ateliers éponymes. Côté pêche, on trouve la côtière, la hauturière, le chalut, la bolinche, le casier...

Petites et grandes histoires


Pour chacun de ces 20 témoins, la même question : raconter son métier sur le port. Les écouter. Rassembler cette matière pour 19 récits - « Hélène Toumelin et Michèle Perron, fileteuses, ont tenu à témoigner ensemble » - écrit à la première personne. Au total, il lui aura fallu deux années de travail. Au travers de ces « petites » histoire, c'est la grande histoire du port qui s'écrit. Tous ces témoins ont un point commun : « Ils ont aimé leur travail, malgré sa dureté parfois les conséquences que ça avait sur leur vie personnelle », souligne l'auteur. Marina Vicente le résume à sa manière : « Keroman jouit d'une place à part dans la ville et dans notre coeur ». Les portraits qui illustrent le livre ont été réalisés par photographe professionnel, Romain Dion. Emmanuelle Yhuel-Bertin a aussi puisé dans les archives personnelles de ses interlocuteurs. Ainsi que dans des collections, dont celle de la Sem, notamment pour l'album qui illustre la fin de son ouvrage. « Keroman, une aventure humaine » est préfacé par Alain Le Sann. C'était « une évidence » pour l'auteure que de choisir le président du collectif Pêche et développement et du festival du film Pêcheurs du monde pour mettre en perspective cette histoire de Keroman. 

Pratique 
« Keroman, une aventure humaine », 176 pages, paru aux éditions Liv'Editions. Prix : 25 €. Disponible en librairies et grandes surfaces.

Un article de la rédaction du Télégramme