Pêche
Un lycéen invente un système antipollution

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Un lycéen invente un système antipollution

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Léo Tréhen-Le Tinier est en seconde CGEM (gestion des conduites maritimes) au lycée maritime de Paimpol. Déjà un CAP matelot en poche, obtenu l’an dernier, et l’assurance tranquille d’un jeune homme qui sait ce qu’il veut : « Devenir patron-pêcheur ». Pas une vocation prédestinée, personne dans sa famille n’est marin, « mais comme j’ai un port à côté de chez moi, je me suis dit, je vais essayer, et ça m’a plu », confie le Briochin.

Essayer et même inventer.

Son invention baptisée « Le Récupérateur » est née à l’occasion d’une sortie scolaire, en mars dernier. « Au Parc naturel marin d’Iroise, au Conquet, on a participé à un atelier et on nous a demandé de créer un bateau qui pollue moins, expose Léo. Il y avait des bateaux dépollueurs, mon groupe a préféré travailler sur un bateau qui ne pollue pas ». « Chaque année, on demande à nos élèves de réfléchir à un bateau du futur, confirme Lionel Le Person, son prof de pêche et de développement durable. De se projeter dans les vingt ans qui viennent. Puisque ce sont les futurs marins de demain ».

Ne plus rien jeter par-dessus bord

Léo est parti d’une idée simple : ne plus rien jeter par-dessus bord qui vienne polluer la mer. En particulier, ces déchets de plastique, petits morceaux de filets déchiquetés après une pêche ou laissés sur le pont après un ramendage et dégagés au jet une fois le travail fini. « Tout ça passe par-dessus bord, aussi j’ai pensé à poser des sortes de caissons percés, sur les sabords, à l’extérieur de la coque ». Des Récupérateurs, donc, qui laissent passer l’eau mais pas les bouts de plastique qui restent dans le caisson. « En plus, il n’y a pas besoin de faire des calculs de stabilité pour les installer, sur des rails pour pouvoir les mettre et les enlever », note le jeune inventeur qui a aussi prévu une position inclinée « pour permettre d’évacuer l’eau ou des petits poissons en cas de gros temps sur le bateau ». Des Récupérateurs « en bois, en métal, en polyester, au choix du patron ».

Un prix développement durable

Une idée simple et efficace retenue par son prof de pêche et de développement durable, Lionel Le Person, qui avec le lycée Loti soutient à fond le projet. Qui tombe à pic puisque le Comité régional des pêches vient de lancer le programme Erasmousse, sur le modèle d’Erasmus. Dans ce cadre, les élèves des quatre lycées maritimes bretons vont plancher sur des projets développement durable et venir les présenter devant l’Agence européenne des pêches de Vigo (Espagne), en janvier. Le meilleur recevra un prix qui sera ensuite remis au Parlement européen. À Pierre-Loti, « des groupes de travail ont été lancés cette semaine, avec en fond d’idée le projet de Léo, poursuit le prof. Une quinzaine d’élèves vont y travailler dont des secondes Maintenance nautique afin de créer une maquette ».

De son côté, Léo pense déjà à un prototype et même à déposer un brevet de son idée écolo. « Écolo, non plutôt responsable, pointe le lycéen. Et par rapport à des bateaux de dépollution qui valent très chers, ça vaut le coup. Et personne n’y avait pensé avant »

Un article de la rédaction du Télégramme