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Un navire-école argentin retenu au Ghana depuis début octobre

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Depuis le 2 octobre dernier, le trois-mâts barque Ara Libertad, navire-école de la marine argentine, et ses 326 membres d'équipage sont retenus à quai dans le port de Thema, au Ghana. En cause, une dette de près de 350 millions de dollars dû par le gouvernement argentin à un fond de pension américain, Elliot Management Corp.'s NML Capital Ltd. Celui-ci a saisi la justice ghanéenne, qui a, à l'occasion de son escale, prononcé la saisie conservatoire de l'Ara Libertad. Depuis, l'affaire s'envenime. Le gouvernement argentin, par la bouche d'Hector Timerman, son ministre des Affaires Etrangères, a précisé "que négocier avec ces fonds de vautour n'est pas une option". Dénoncant un acte illégal au sens du droit international - un navire de guerre bénéficie d'une immunité dans ce type de contentieux - le gouvernement argentin menace d'amener l'affaire devant les Nations-Unies. De son côté, le fond américain a précisé qu'il ne s'opposerait pas au départ du navire si 20 millions de dollars était déposés par l'Argentine. Il a également proposé de rapatrier les marins à ses frais.

Dans la journée d'hier, le gouvernement argentin a finalement décidé de rapatrier lui-même 300 membres d'équipages, dont de nombreux cadets de plusieurs nationalités sud-américaines. Restent à bord le commandant, ses officiers et quelques membres d'équipage dans l'attente d'un éventuel dénouement judiciaire. Cette affaire a profondément déstabilisé la marine argentine. Le chef d'état major Carlos Alberto Paz a été démis de ses fonctions la semaine dernières. Deux officiers généraux ont été suspendus le temps d'une enquête visant à déterminer le degré de connaissance du risque à escaler au Ghana dans le cadre de la tournée du navire-école.