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Défense
Un nouveau bâtiment de renseignement pour la Norvège

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Un nouveau bâtiment de renseignement pour la Norvège

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Pudiquement appelé « navire de surveillance », le nouveau navire espion de la marine norvégienne  a été baptisé le 6 décembre au chantier Vard de Langsten. Le Marjata sera opéré par le service de renseignement du ministère norvégien de la Défense. Long de 126 mètres pour une largeur de 23.5 mètres, il va être spécialement équipé pour la surveillance en mer de Barents et dans le grand nord. A cet effet, le navire mettra notamment en œuvre d’importants moyens de guerre électronique de type ELINT (Electronic Signals Intelligence) afin de capter et analyser les renseignements d’origine électromagnétique.

Commandé en 2011, le Marjata a vu sa coque réalisée par le chantier Vard de Tulcea, en Roumanie. Elle a ensuite été remorquée vers le site norvégien de Langsten pour être achevée et armée, y compris avec des équipements provenant de son prédécesseur. La livraison du navire est prévue au premier trimestre 2015. Une longue phase de mise au point et d’essais suivra, l’objectif étant que le nouveau Marjata soit opérationnel en 2016.

Il remplacera l’actuel bâtiment collecteur de renseignements norvégien (photo ci-dessous), également appelé Marjata et qui avait lui aussi remplacé une unité éponyme datant de 1976 et désarmée en 1994. Egalement réalisé au chantier de Langsten, le Marjata mis en service en 1993 adopte le design Ramform, que l’on retrouve également sur les navires sismiques de la compagnie de géophysique PGS. Cette architecture se caractérise par une très grande largeur, soit 39.9 mètres pour l’actuel Marjata, qui mesure 80 mètres de long. Affichant un déplacement de 7560 tonnes en charge, ce navire, armé par une cinquantaine de marins, peut atteindre la vitesse de 15 nœuds. 

 

 

- Voir la belle collection de photos de Tom Gulbrandsen sur les bâtiments de la marine norvégienne

 

Les collecteurs de renseignement en Europe

 

Pour mémoire, différentes pays européens disposent de bâtiments collecteurs de renseignement. C'est le cas de la France avec le Dupuy de Lôme, opérationnel depuis 2006 (voir notre reportage sur ce navire) et de l'Italie avec l'Elettra, mis en service un an plus tôt. L'Allemagne aligne pour sa part trois unités, les Alster, Oste et Oker, livrées en 1988 et 1989. L'un de leurs contemporains est-allemand, le Jasmund (1985) a quant à lui été vendu en 1992 à l'Espagne, qui l'utilise toujours sous le nom d'Alerta. La marine suédoise est également pourvue d'un navire spécialisé, le vieil Orion, qui date de 1984. On trouve également quelques moyens en Europe de l'Est, par exemple en Roumanie avec l'ancien caboteur Emile Racovita qui, sous couvert de son statut de navire océanographique, fait également du renseignement, ce qui n'est pas sans rappeler la grande époque de la guerre froide. Assez curieusement, la Royal Navy ne dispose pas de moyens dédiés. Auparavant, la "collecte" était régulièrement confiée aux quatre frégates du type 22 batch III, qui ont été prématurément désarmées en 2011 pour cause de restrictions budgétaires. 

Vard