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Un nouveau porte-avions pour la Russie ?

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Un nouveau porte-avions pour la Russie ?

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Après avoir donné la priorité à la réalisation de nouveaux sous-marins nucléaires, Moscou s'intéresserait à la modernisation et au développement de sa composante aéronavale. C'est en tous cas ce qu'indique l'agence de presse russe Ria Novosti, qui évoque les conclusions de la marine et des industriels, réunis à Saint-Pétersbourg. Ces dernières années, le porte-avions a régulièrement démontré sa souplesse et son poids militaire, tant dans le dénouement de crises potentielles que par sa capacité à lancer une action militaire rapide et ne nécessitant pas l'accord de pays alliés pour accueillir des avions de combat. Outil de puissance et de diplomatie, le porte-avions a toujours fait défaut à la Russie. Sous l'ère soviétique, quatre porte-aéronefs avaient été construits, les Kiev, Minsk, Novorossiysk et Baku. Navires hybrides, ces bâtiments, lourdement armés en missiles, étaient appelés croiseurs porte-aéronefs. Après le désarmement des trois premiers et la vente du quatrième à l'Inde (qui devrait être remis en service après modernisation avant 2010), la Russie ne compte plus qu'un bâtiment de ce type. Mis sur cale en 1983 aux chantiers de Nikolaev, en Ukraine, l'Admiral Kuznetsov est entré en service en 1991.

Six porte-aéronefs construits et un bâtiment nucléaire abandonné

Initialement, ce navire devait être suivi d'une seconde unité mais, après la chute du mur de Berlin, le Varyag n'a jamais été achevé et a été vendu en 2000 à la Chine. De même, la construction du porte-avions nucléaire Ul'yanovsk, qui avait débuté en 1988, a été interrompue peu après, le bâtiment étant démantelé sur cale en 1992. Sa coque était alors achevée à 20%.
Appelé dans la terminologie russe croiseur porte-aéronefs lourd, le Kuznetsov est un bâtiment imposant, long de 304.5 mètres pour un déplacement de 65.000 tonnes en charge. Son parc aérien, constitué d'une trentaine d'aéronefs, dont des avions Su-33 Flanker et Su-25 Frogfoot, ne lui permet d'assurer que des missions de défense aérienne, et non de projection de puissance.
Plus de 15 ans après sa livraison, la construction d'un nouveau porte-avions serait, pour l'industrie russe, un véritable challenge. Elle permettrait néanmoins au pays de pouvoir déployer au loin une force aéronavale offensive, à l'instar des Etats-Unis et de la France. Par ailleurs, au moment où la Chine envisage la réalisation de trois bâtiments de ce type, un tel projet pourrait permettre à la Russie de contrebalancer la future puissance navale de Pékin en Asie et dans le Pacifique.

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