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Un nouveau président et des perspectives pour le port de Sète

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Un nouveau président et des perspectives pour le port de Sète

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Marc Chevallier, ancien président d'Armateurs de France et Montpelliérain, a été le 25 juin président du port de Sète, Etablissement Public Régional (EPR) depuis la loi de décentralisation des ports nationaux. Le nouveau patron du port sétois se donne comme priorité de développer l'activité autour, notamment, futur terminal fruitier et du terminal conteneurs. . « Les groupes privés investissent 130 millions d'euros sur le port de Sète : Silos du Sud, Lafarge Ciments,GF Group (Orsero), Sea Invest. Quand les industriels investissent sur un port, c'est qu'ils y croient. Et ils ont tout intérêt à faire tourner la boutique », estime Marc Chevallier. Le port compte également sur le développement des importations de voitures à bas prix. Si l'année 2009, pour cause de crise, a été maussade (seulement 39.900 modèles Renault, Toyota et Hyundai arrivés à Sète), 2010 annonce une reprise de cette activité, qui devrait atteindre, environ, 50.000 véhicules à la fin décembre. Dans le même temps, les flux de pâtes à papier ont aussi considérablement augmenté et des pourparlers pour attirer des lignes conteneurisés sont en cours et même « très avancés », selon le port.

Le trafic passagers et la croisière

L'EPR va également lancer un concours d'architecte en vue de réaliser un nouveau pôle passagers à l'horizon 2014. Il aura vocation à accueillir quatre à cinq fois plus de passagers qu'aujourd'hui, essentiellement à destination du Maroc. L'arrivée de la compagnie italienne Grandi Navi Veloci, annoncée initialement pour ce printemps, est reportée à « fin 2010, début 2011 ». Sa vocation est de réaliser une liaison triangulaire entre Sète, le Maroc et l'Algérie. Dans le même temps, le port de Sète compte développer l'activité croisière, les escales de paquebots pouvant générer d'importantes retombées sur le commerce local. On estime, ainsi, que chaque passager dépense entre 50 et 100 euros à chaque escale. Pour attirer les compagnies, l'EPR mise notamment sur les sites culturels et touristiques de la région, dont le pont du Gard, la cité fortifiée de Carcassonne, le canal du Midi et Aigues Morte, tous classés au patrimoine mondial de l'UNESCO.

8 à 10 millions de tonnes traitées d'ici 2020

Sur le nouveau quai H, construit par la Région Languedoc-Roussillon pour un coût de 35 millions d'euros, sera édifié un terminal conteneurs (le terminal fruitier de GF Group, en cours de travaux, se trouve sur le quai J). Marc Chevallier juge « réaliste » les perspectives de croissance de trafic annoncés pas Arnaud Rieutort, nouveau directeur commercial du port de Sète, soit 8 à 10 millions de tonnes à l'horizon 2020 contre 3 millions de tonnes aujourd'hui. « L'autoroute A9 est encombrée entre Orange et Perpignan. Avec la jonction A9/A75 réalisée à hauteur de Béziers (inauguration le 5 juillet par Dominique Bussereau, secrétaire d'Etat aux Transports, ndlr), des milliers de camions passent devant Sète. Je crois au développement du cabotage maritime entre Sète, l'Espagne et le Maroc. D'autant plus que les relations nord/sud se développent, tant sur le plan du tonnage que des passagers », explique le nouveau président du port de Sète. Marc Chevallier appelle à la mise en place d'une logistique régionale : « Des Pyrénées au Rhône, il faut pouvoir répondre à n'importe quelle demande : par route, par fer, par mer ou par le canal de Rhône à Sète. Un effort considérable doit être fourni, avec les professionnels de la logistique. Sète doit devenir un port européen, c'est un point de passage très bien placé ». Le développement du port de commerce passera par la création d'une zone logistique de 100 hectares, prévue à Poussan dès l'horizon 2014.

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