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Un nouveau simulateur pour les pilotes de Marseille

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Un nouveau simulateur pour les pilotes de Marseille

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La station de pilotage des ports de Marseille et du golfe de Fos a inauguré, le 4 février, son nouveau simulateur de manoeuvre. Doté de 16 écrans offrant une vue panoramique, cet outil reproduit fidèlement la passerelle d'un navire et permet aux stagiaires de s'entrainer et compléter leur formation générale, tout en se confrontant à des situations d'urgence. « Compte tenu de leur ancienneté, les pilotes effectuent plusieurs jours de formation annuellement, sous la tutelle d'un pilote instructeur choisi tant pour ses capacités pédagogiques que ses solides connaissances techniques. Par ses performances, ce simulateur de manoeuvre devient le complément de formation idéal permettant de répondre aux exigences des plus récentes résolutions de l'Organisation Maritime Internationale », expliquent les pilotes marseillais, qui avaient prévu dès le milieu des années 80 de se doter d'un simulateur. En 1986, le projet tombera néanmoins à l'eau en raison de la faillite du prestataire de l'époque.

 Porte-conteneurs à Fos  (© : PORT DE MARSEILLE-FOS)
Porte-conteneurs à Fos (© : PORT DE MARSEILLE-FOS)

Une formation unique

La station restera néanmoins proche de la simulation, en participant activement, avec la Sogreah, à toutes les études de trajectographie qui ont accompagné l'arrivée des grands porte-conteneurs à Fos dans les années 90. Mais ce n'est qu'en 2007, plus de 20 ans après l'échec de la première tentative, que les pilotes marseillais décident de rouvrir le dossier du simulateur, qui n'avait pas été jugé prioritaire pour des raisons locales liées à la structure et l'organisation du syndicat professionnel. « Les pilotes de Marseille bénéficient d'une formation unique basée en priorité sur un stage de 5 ans qui débute par des manoeuvres en double pendant 4 mois pour se poursuivre par un tutorat actif rendu possible par la vie en station. Ce principe permet au jeune pilote de progresser sans risque dans la conduite de navires aux longueurs et tirants d'eau croissants avant d'être considéré apte à tous les types de navires, notamment les grands paquebots après ces 10 années ».

 La pilotine Gracieuse  (© : PILOTES DE MARSEILLE)
La pilotine Gracieuse (© : PILOTES DE MARSEILLE)

Plus de 70 types de navires reproduits

Malgré tout, la station phocéenne a souhaité profiter des avantages offerts par les avancées technologiques pour faire bénéficier à sa cinquantaine de pilotes d'un outil de formation performant et réaliste. Pour cela, 460.000 euros ont été investis dans la plateforme, chaque pilote devant bénéficier, annuellement, d'une centaine d'heures sur le simulateur. Sur le plan technique, 30.000 photos auront été nécessaires pour modéliser fidèlement l'environnement du Grand Port Maritime de Marseille, mais aussi de La Ciotat et du Rhône jusqu'à Arles. Et le simulateur peut créer un environnement reproduisant les caractéristiques de plus de 70 modèles de bateaux représentant tous les types de navires fréquentant les eaux marseillaises. A la passerelle, on peut donc se croire à la barre d'un supertanker comme d'un petit chimiquier, en passant par le méthanier, le porte-conteneurs géant, le ferry ou le roulier.

 Le simulateur  (© : PILOTES DE MARSEILLE)
Le simulateur (© : PILOTES DE MARSEILLE)

Un complément à l'expérience embarquée

Le réalisme de l'équipement est assez bluffant, le simulateur reproduisant même les mouvements de plateforme, ce qui permet au stagiaire de s'immerger parfaitement dans la situation à laquelle il fait face. Donnant une vision à plus de 240 degrés, les écrans LCD haute résolution reproduisent l'environnement visible depuis les vitres de la passerelle. Vent, houle, brume, avarie moteur ou de gouvernail... Le simulateur de manoeuvre, dont la base logicielle est fournie par la société russe Transas, permet de recréer toutes les situations rencontrées dans la réalité par les pilotes. Le calculateur propose même les différentes configurations propulsives (hélices, ipods, water jets, Voith Schneider...) et la plupart des gouvernails (simples, compensés, Becker ou Shilling).On notera, de plus, que tous les derniers instruments de navigation dernier-cri présents sur les passerelles des bateaux (ECDIS, radar, AIS) font partie du projet et permettent aux pilotes de garder le même niveau de qualification que les marins embarqués. L'un des gros avantages du simulateur est, également, de confronter les pilotes à des situations d'urgence, permettant ainsi de déterminer les meilleures réactions à adopter et renforcer le savoir-faire acquis sur les bateaux avec l'expérience apportée via des situations virtuelles. Pour les professionnels, cette approche est d'autant plus intéressante que, dans le métier de pilote, l'anticipation est fondamentale.

   (© : PILOTES DE MARSEILLE)
(© : PILOTES DE MARSEILLE)

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