Défense
Un panneau de signalisation en tête de mât sur l’ex-frégate Duquesne

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Un panneau de signalisation en tête de mât sur l’ex-frégate Duquesne

Défense

Qu’on se rassure, la règlementation sur les limitations de vitesse dans la rade de Toulon n’a pas évolué ! En revanche, la présence insolite d’un panneau de signalisation juché en haut du mât de l’ex-frégate Duquesne, à Saint-Mandrier, suscite des commentaires chez les riverains, qui se demandent comment ce panneau a bien pu atterrir à cet endroit. Mer et Marine s’est donc fait un devoir de percer ce mystère. Le fameux panneau, une limitation de vitesse à 90 km/h, n’a pas été déboulonné au bord d’une route pour être perché à cet endroit improbable par un groupe de jeunes « excités », thèse que certains ont pu imaginer. Il ne s’agit pas non plus d’un hommage à la célérité de l’ancienne frégate lance-missiles, qui pouvait grâce aux 72.000 cv de son appareil propulsif dépasser les 34 nœuds (soit bien en deçà des 90 km/h), ni d’un délire artistique sur le thème « sécurité routière et vielles coques ». 

 

Le Charles de Gaulle passant devant l'ex-Duquesne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le Charles de Gaulle passant devant l'ex-Duquesne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le panneau de signalisation perché sur la mâture (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Le panneau de signalisation perché sur la mâture (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

Opération commando

 

Cette œuvre originale provient en fait de l’Ecole de plongée de la Marine nationale, dont le plan d’eau est protégé par l’ex-Duquesne et l’ex-bâtiment de soutien santé Rance, qui servent de brise-lames. D’après l’état-major, le panneau a été installé dans la mâture de l’ancienne frégate par la 90ème promotion des nageurs de combat, qui a breveté l’été dernier son 2000ème commando. Des soldats d’élite qui sont en plus de leur aisance en milieu aquatique de forts bons grimpeurs. Et n’ont bien entendu pas froid aux yeux, même quand il s’agit d’aller emmener un panneau de signalisation en haut d’une structure bien rouillée haute de 40 mètres et vieille de 45 ans. L'histoire ne dit pas d'où vient le panneau, floqué d’un « CNC » (Cours des nageurs de combat) et de l’insigne du brevet acquis par ces commandos.  

 

L'ex-Duquesne devant l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Duquesne devant l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Duquesne devant l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Duquesne devant l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Duquesne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

L'ex-Duquesne (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

L’Ecole de plongée forme 700 élèves chaque année

 

Pour mémoire, le Duquesne, désarmé en 2008, est arrivé en août 2009 à Saint-Mandrier, dans le cadre du renouvellement des vieilles coques protégeant le plan d’eau de l’Ecole de plongée. C’est là, dans des fonds de 6 à 20 mètres, qu’évoluent les plongeurs en formation. La Marine nationale rappelle que « l’école de plongée forme le personnel volontaire des forces armées aux opérations militaires subaquatiques et aux opérations de neutralisation d’engins explosifs en milieu terrestre et subaquatique ». Environ 700 élèves par an sont répartis parmi 30 cours et stages, notamment ceux des plongeurs de bord et plongeurs démineurs. Sans oublier les nageurs de combat, le commando Hubert étant lui-aussi basé à Saint-Mandrier.

 

A l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

A l'Ecole de plongée (© MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

 

C’est en 1958 que l’Ecole de plongée a été créée, suite à la transformation en unité indépendante de l’ancienne compagnie de scaphandrier, dont les origines remontent à 1873. Assuré jusqu’en 1953 à Arzew par l’Ecole des nageurs de combat (ENC), la formation des forces spéciales, assurée ensuite par le Centre d’application commando (CAC) de Saint-Mandrier, a été regroupée en 1960 avec l’Ecole de plongée. L’ensemble est devenu le Centre d'Instruction et d'Entraînement à la Plongée (CIEP). Intégrant une spécialité plongeur démineur en 1964 (le certificat date de 53), cette structure a finalement été dissoute l’année suivante afin d’être remplacée par l’Ecole de plongée sous la forme que l’on connait aujourd’hui. 

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