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Un projet de bateau de pêche innovant à Lorient

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Un projet de bateau de pêche innovant à Lorient

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On sent un frémissement de la confiance dans le monde de la pêche. On enregistre ici et là quelques commandes de bateaux neufs. Le prochain navire d'Éric Guygniec n'est pas le seul projet innovant du moment. Le patron lorientais Jean-Pierre Camenen vient de passer commande d'un 16.50 m à Boulogne. Le trimaran Mégaptère (21 m) des chantiers Bernard (Lorient) devrait entrer en construction en janvier pour un armement briochin... Ce qui distingue le nouveau projet lorientais est l'accompagnement dont Éric Guygniec va bénéficier de la part de France pêche durable (FPD). L'association vient de boucler ses expérimentations en action de pêche sur son navire démonstrateur boulonnais, la Frégate III. Dans son rapport présenté à ItechMer, elle détaille toutes les innovations susceptibles d'équiper les nouveaux bateaux (et, pour certaines, les bateaux rénovés). En tant qu'association d'intérêt général, FPD a aussi réuni les fonds pour rémunérer Marine Barbier en tant que chef de projet pendant six mois à Lorient. Période pendant laquelle la jeune femme va définir le projet avec Éric Guygniec, démarcher les entreprises et trouver les financements. Le bateau sera mis à l'eau avant trois ans.

Innover aussi pour le financement

Le futur navire lorientais (moins de 24 m) aura un moteur diesel- électrique. Le « tout gaz comprimé » n'est pas pour l'instant envisagé, sauf changement de réglementation. L'hydrogène est encore trop cher. La future motorisation devra réduire la consommation de carburant. Tout comme la peinture antifouling à matrice dure peu érodable. De même, le train de pêche devrait être optimisé avec des panneaux plus petits et décollés du fond, un chalut et des funes en fibres hydrophiles, résistantes et légères (Dyneema), etc. Eric Guygniec retiendra-t-il les nasses expérimentées en tant que complément du chalut ? Le dossier n'est pas bouclé. Pour le financement, plusieurs solutions sont étudiées. Le patron restera majoritaire. Les banques mutualistes seront sollicitées. Mais un bateau neuf coûte très cher, surtout s'il est bourré d'innovations. Or il est difficile de valoriser les droits de pêche qui, d'après les banquiers, représentent pourtant le delta entre les capacités de financement des pêcheurs et le coût d'un bateau neuf. Il va donc falloir aussi innover en matière de financement.

Avec la rédaction du Télégramme

 

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