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Un projet de fusion entre BAE et EADS

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Un projet de fusion entre BAE et EADS

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La nouvelle a été bien gardée. L’annonce du possible mariage entre les deux géants de l’aéronautique et de la défense, l’européen EADS et le britannique BAE Systems a pris de court tous les analystes du secteur, la bourse ainsi que les syndicats. C’est à la suite d’une fuite dans la presse dans l’après-midi de mercredi que les deux groupes ont confirmé par un communiqué « qu'ils sont en discussions à propos d'un possible rapprochement de leurs activités ». Une nouvelle totalement inattendue qui, depuis, suscitent de nombreuses interrogations.

Pour mémoire, EADS, société de droit néerlandais, est issue de la fusion des entreprises française Aérospatiale-Matra, allemande DASA (Daimler Chrysler Aerospace) et espagnole CASA. Le groupe, dirigé par l’allemand Thomas Enders est actuellement le 7ème groupe mondial de défense. Il est présent sur de nombreux secteurs de l’aéronautique civile et militaire (avec Eurocopter ainsi que des participations dans ATR et Aerolia), l’aérospatiale civile et militaire (Ariane et Astrium) ainsi que l’industrie de défense (Cassidian et MBDA). BAE Systems, industriel historique de la défense britannique, est actuellement la première entreprise d’armement mondial : sa gamme de produits s’étend des navires (sous-marins, porte-avions et navires de surface), aux équipements terrestres (BAE Systems Land Systems) ainsi qu’aux avions militaires (notamment Eurofighter). Le groupe a également une participation dans Saab et commercialise l’avion de chasse Grypen.

Selon les discussions en cours entre les deux groupes, le nouvel ensemble serait détenu à 60% par les actionnaires d'EADS et à 40% par ceux de BAE. Les deux sociétés resteraient cotées respectivement à Paris et Londres mais seraient rassemblées sous la coupe d'un nouvel ensemble ayant une structure de direction unique. Les deux groupes indiquent par ailleurs avoir entamé des discussions avec "une série de gouvernements", étant donné l'aspect "sensible" de leurs activités de défense "aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, en France, en Allemagne, en Espagne, en Arabie saoudite et en Australie entre autres". Ils comptent par ailleurs attribuer des "golden shares" dans le nouveau groupe aux gouvernements français, allemand et britannique afin de "remplacer l'action existante au profit du gouvernement britannique dans BAE et le pacte d'actionnaires dans EADS". Une éventuelle fusion restera suspendue aux accords d'un "certain nombre" d'autorités gouvernementales et de la concurrence, rappellent les deux groupes qui se donnent jusqu'au 10 octobre pour annoncer une transaction ou y renoncer.

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