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Un projet européen sur le canon électromagnétique
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Un projet européen sur le canon électromagnétique

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Travailler sur l’intégration d’un canon électromagnétique sur le champ de bataille, qu’il soit terrestre ou naval. C’est l’objectif du consortium européen PILUM (Projectiles for Increased Long-range effects Using Electro-Magnetic railgun), qui vient d’être retenu par l’Agence Européenne de Défense pour mener une étude de recherche et technologie sur le sujet. Piloté par l’Institut franco-allemand de recherches de Saint-Louis (ISL), qui travaille depuis plus de 30 ans sur l’accélération électromagnétique, le consortium associe l’institut de recherche belge Von Karman (dynamique des fluides et la propulsion) et différents industriels : les français Naval Group et Nexter en tant qu’intégrateurs de systèmes et pour le second comme fournisseur de munitions également, tout comme l’allemand Diehl Defence. Y participent aussi la société polonaise Explomet spécialisée dans les matériaux soudés par explosion et l’italienne ICAR experte en super-capacités électriques.

Utiliser la force de Laplace

Le canon électromagnétique est une arme qui tire des projectiles non pas en utilisant comme aujourd'hui des produits chimiques (poudre) mais l'énergie électrique. Le concept repose sur l’utilisation de la force de Laplace, qui consiste à créer un champ magnétique en faisant circuler du courant dans un matériau conducteur. Il en résulte une force perpendiculaire au conducteur et au champ magnétique. C’est elle qui va propulser la munition par la combinaison du courant et du champ magnétique généré.  

Vélocité et portée sensiblement accrues

Il faut pour cela un « canon à rail » (railgun en anglais) car il est constitué de deux rails alimentés en électricité, au milieu desquels le projectile joue le rôle de conducteur et se retrouve propulsé par la circulation de l'électricité et la création d'un champ magnétique à la vitesse de plus de 7000 km/h (2000 m/s). Ce système permettra non seulement d'augmenter la vélocité de la munition, mais aussi sa portée.. Cela, dans des proportions considérables puisque la vitesse sortie de tube d’un obus actuel à poudre est de l’ordre de 900 à 1000 m/s, alors que les ingénieurs visent des portées allant jusqu’à 200 kilomètres.

 

Le concept ship Advansea (2010) de Naval Group avec son canon électromagnétique (© NAVAL GROUP)

Le concept ship Advansea (2010) de Naval Group avec son canon électromagnétique (© NAVAL GROUP)

 

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