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Un satellite américain prend des images du porte-avions chinois

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Un satellite américain prend des images du porte-avions chinois

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La société américaine Digital Globe est parvenue, au moyen d'un satellite civil, à prendre de beaux clichés du nouveau porte-avions chinois, lors de ses essais en mer. Les vues du Shi Lang sont plutôt réussies et permettent de voir l'organisation du pont d'envol. On constatera notamment que par rapport au porte-avions russe Kuznetsov, dont il devait initialement être le sistership, aucune évolution majeure n'est à signaler. L'ex-Varyag, mis sur cale en 1985 et transféré en 2002 en Chine, où il fut achevé, dispose d'une piste oblique et de trois axes de lancement vers le tremplin, deux situés à l'avant et le troisième à la fin de la piste oblique.
Le navire devrait, à terme, pouvoir mettre en oeuvre une trentaine de J15, copie chinoise du Su-33 russe. Ce nouveau porte-avions, qui fait couler beaucoup d'encre depuis quelques mois, n'aura probablement pas une vocation de projection de force. D'abord, l'absence de catapultes limite les capacités d'emport des appareils. De plus, le J15 étant avant tout un chasseur, le Shi Lang devrait essentiellement servir à assurer une couverture aérienne de la flotte chinoise, tout en oeuvrant comme base de défense aérienne avancée. Avant cela, la marine chinoise devra, bien évidemment, mener différents essais et prendre en main ce nouvel outil.

Le Shi Lang  (© : DIGITAL GLOBE)
Le Shi Lang (© : DIGITAL GLOBE)

Pas encore opérationnel et déjà périmé ?

Les savoir-faire nécessaires à la mise en oeuvre et la maîtrise d'un porte-avions sont, en effet, très complexes et longs à acquérir. Evoquée dans de nombreux journaux, la menace potentielle représentée par le premier porte-avions chinois est donc bien limitée. Et toutes les réactions et déclarations intervenues en marge de l'achèvement de ce bâtiment tiennent bel et bien de la gesticulation politique. La Chine va certes accéder au club des nations possédant des porte-avions, mais pas dans le haut du panier, loin s'en faut. Le Shi Lang adopte en effet un design datant de la fin des années 70, le Kuznetsov ayant été mis sur cale en 1982. Même remis à jour, ce modèle, s'il présente quelques capacités, notamment en termes de défense aérienne, peut donc déjà être considéré comme dépassé technologiquement. Quant aux nouveaux appareils chinois, eux aussi n'ont de nouveau que le nom. Le Su-33 a, en effet, réalisé son premier vol en 1987.
Malgré tout, ce premier porte-avions permettra aux Chinois de commencer à se familiariser avec l'aviation embarquée et, à défaut d'aligner une unité équivalente aux porte-avions américains ou au Charles de Gaulle français, de disposer d'une base de défense aérienne mobile en mer de Chine. Long de 304.5 mètres pour un déplacement d'environ 60.000 tonnes en charge, le Shi Lang aura d'ailleurs des sisterships, deux autres porte-avions du même type devant être réalisés, la construction de ces bâtiments ayant débuté près de Shanghai. Pékin envisage également de se doter d'un porte-avions nucléaire au cours de la prochaine décennie. Les plans de l'ex- Ul'yanovsk auraient été acquis. Mais, là encore, si le porte-avions aurait de quoi impressionner, avec des 93.000 tonnes de déplacement (et sa capacité à disposer de catapultes), il s'agirait d'un bâtiment à la conception dépassée. Mis sur cale en Ukraine fin 1988, l'Ul'yanovsk avait été finalement démoli en 1992, alors que sa coque était à 20% d'achèvement.

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