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Un second drone Camcopter S-100 pour la marine française
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Un second drone Camcopter S-100 pour la marine française

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Alors que ce système s'apprête à être de nouveau déployé sur le Dixmude, la Marine nationale va disposer d’un second drone aérien à voilure tournante du type Camcopter S-100. C’est en 2012 que la France a acquis un premier engin de ce type dans le cadre du projet SERVAL (Système Embarqué de Reconnaissance Vecteur Aérien Léger). Une expérimentation opérationnelle qui sert à la phase de préparation et de définition du programme SDAM (système de drones aériens de la marine).

Même si le futur drone naval français sera plus gros (700 kilos), le petit Camcopter permet aux marins d'expérimenter ce nouvel outil embarqué, d’acquérir un savoir-faire et de bénéficier d’un précieux retour d’expérience en termes d'intégration physique et fonctionnelle, de mise en oeuvre et de capacités opérationnelles.

Le Camcopter S-100 a d’abord été embarqué sur le patrouilleur hauturier L’Adroit, à partir duquel il a notamment été, grâce à son système électro-optique, employé dans le cadre de missions de surveillance maritime, de police des pêches, de lutte contre la migration clandestine et la piraterie.

 

Tests fin 2011 sur L'Adroit (© : SCHIEBEL)

Tests fin 2011 sur L'Adroit (© : SCHIEBEL)

 

 

A partir de 2017, il a ensuite embarqué sur les bâtiments de projection et de commandement (BPC), avec un premier déploiement de plusieurs mois sur le Dixmude lors d’une mission Corymbe en Afrique de l’ouest. Sur ce type de navire, spécialisé dans les opérations amphibies, le drone peut avoir différents intérêts: en haute mer, pour contribuer à établir une situation maritime autour du BPC, dans la phase d’approche de la côte pour repérer de petits bateaux potentiellement hostiles, juste avant un débarquement afin de réaliser des reconnaissances et préparer l’arrivée des unités projetées, et enfin après le débarquement pour participer aux opérations aéroterrestres en soutien des troupes au sol.

 

Le Camcopter S-100 sur BPC (© : SCHIEBEL)

 

Alors que le Camcopter S-100 avait été intégré avec succès par Naval Group au système de lutte Polaris de L’Adroit, permettant au drone d’échanger de manière sécurisée des informations, il a été connecté au SENIT 9 du Dixmude l’année dernière. Cette intégration fonctionnelle au système de combat du bâtiment porteur est l’un des grands enjeux du futur programme SDAM, pour lequel Naval Group et Airbus Helicopters vont développer un prototype dont l’objectif est de réaliser un appontage complètement automatique sur une frégate à l’horizon 2022. Quant aux 15 drones de série, dont les livraisons étaient espérées dès 2023 pour embarquer sur les futures FTI, le projet de nouvelle loi de programmation militaire les renvoie à plus tard, « d’ici 2028 » selon le texte. 

Livraison du second système en fin d'année

En attendant, la Marine nationale va donc continuer de s’approprier cette nouvelle capacité avec le petit Camcopter S-100, l’achat d’une seconde machine visant à « gagner en flexibilité et en disponibilité ». En clair, avoir l’assurance de pouvoir disposer d’au moins un système opérationnel pouvant être déployé. L’engin, en cours d’acquisition auprès de la société autrichienne Schiebel, devrait être réceptionné en fin d’année, a-t-on appris de sources militaires.

Premier déploiement en mission Jeanne d'Arc

Le premier Camcopter va quant à lui embarquer une nouvelle fois sur le Dixmude puisqu'il intègre, et c'est une première, la mission Jeanne d'Arc. Celle-ci débutera le 26 février et conduira le BPC, escorté par la frégate Surcouf, jusqu'en Asie du sid-est. 

 

(© : SCHIEBEL)

(© : SCHIEBEL)

 

Plus de 200 exemplaires vendus dans le monde

Développé par Schiebel et déjà vendu à plus de 300 exemplaires dans le monde, le Camcopter S-100 pèse 110 kilos à vide et affiche une masse maximale au décollage de 200 kilos. Il mesure 3 mètres de long pour 1 mètre de haut, son rotor ayant un diamètre de 3.4 mètres. Le drone est capable de voler pendant 4h30 environ (sans réservoir supplémentaire et avec une charge utile de 25kilos). Sa vitesse de croisière est de 55 nœuds (environ 100 km/h) et il peut atteindre 110 nœuds (environ 220 km/h). Cet engin peut embarquer jusqu’à 50 kilos de charge utile.

Les premiers tests avec la marine française ont eu lieu en 2008 sur la frégate Montcalm, les essais avec L’Adroit étant conduits fin 2011. Suite à leur succès, un drone a été acquis par la Direction Générale de l’Armement, qui l’a confié pour expérimentation au Centre d’expérimentations pratiques et de réception de l’aéronautique navale (CEPA/10S). Ce premier drone s’était pour mémoire abimé en mer en août 2012, alors que L’Adroit naviguait au large de l’Afrique de l’ouest. Il avait été rapidement remplacé par un nouvel engin, qui en est désormais à sa cinquième année d’activité au profit de la Marine nationale.

En plus de l’intégration fonctionnelle et de l’emploi de l’engin dans un contexte opérationnel réel, les marins français ont pu définir les contraintes d’intégration physique d’un drone à bord d’un bâtiment. Cela passe par le stockage et la cohabitation avec un hélicoptère embarqué, les processus de maintenance mais aussi la mise en œuvre en toute sécurité d’un système de ce type, qui réalise son approche en mode automatique et est piloté par un opérateur, de jour comme de nuit, dans la phase finale de l’appontage. SERVAL a enfin permis de cerner les cursus de formations des opérateurs et des techniciens de maintenance.

 

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