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Un simulateur de navigation pour le LPM de Nantes

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Un simulateur de navigation pour le LPM de Nantes

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Marine Marchande
Pêche

Vendredi 8 mars, à Nantes, enseignants et élèves du Lycée Professionnel Maritime Jacques Cassard découvraient leur tout nouveau simulateur de navigation. Fraîchement installé par les équipes de l’ex-société russe Transas, intégrée il y a quelques mois au groupe finlandais Wärtsilä, ce nouvel outil flambant neuf se compose de quatre postes à six écrans et un ensemble plus imposant reproduisant une passerelle, avec barre, commandes de propulsion, radar, radio, carte de navigation numérique… Du type Navi Trainer Pro 5000, ce simulateur compte pour la bibliothèque acquise par le lycée 350 modèles de navires, du cargo au chalutier, et une quinzaine de zones géographiques. Depuis un poste dédié, les professeurs peuvent soumettre les élèves à différentes conditions environnementales et scenarii, par exemple des problèmes techniques, une navigation en eaux resserrées, des croisements délicats avec d’autres navires… « C’est un outil très immersif et réaliste. On peut jouer avec la météo, la difficulté des manœuvres, simuler des avaries, opter pour différents types et tailles de navires, avec ou sans propulseur d’étrave… Grâce à ce simulateur, les élèves vont pouvoir mieux se familiariser avec leur futur outil de travail et nous allons faire beaucoup plus rapidement le lien entre les cours théoriques et la pratiques », se félicite Olivier Bodin, professeur au LPM Jacques Cassard.

 

Olivier Bodin avec les élèves sur le simulateur (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Olivier Bodin avec les élèves sur le simulateur (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

Une première approche pour les jeunes qui n’ont pas encore embarqué, l’occasion de se perfectionner et de se mesurer à des situations nouvelles, atypiques voire extrêmes pour les autres. « Cela ne remplace pas la pratique de la navigation réelle, c’est complémentaire, mais avec le simulateur, les élèves ne seront pas obligés d’attendre leurs stages embarqués pour apprendre et s’entrainer, d’autant qu’ils ne rencontrent pas forcément pendant ces périodes toutes les situations et conditions météo possibles ». Pour Michel Runigo, directeur du lycée, « l’avantage, avec cet outil, c’est qu’ils peuvent se confronter à des situations difficiles et cela en toute sécurité. Il leur est également possible de se familiariser plus tôt avec les équipements qu’ils trouveront en passerelle ainsi que les problématiques de consommation, à savoir comment naviguer au mieux pour économiser le carburant ». 

S’ajoutant au simulateur de machine dont dispose l’établissement, ce nouveau simulateur succède à des outils plus anciens, nettement moins réalistes et performants. Ce qui obligeait le LPM nantais à envoyer des élèves vers un autre lycée doté d’un simulateur, en l’occurrence celui du Guilvinec. « En ayant notre propre simulateur, et en plus un équipement au top, nous allons gagner du temps et en profiter pour offrir une formation au plus jeunes. Dès la première année, ils pourront par exemple apprendre à chenaler et reconnaitre des bouées, de jour comme de nuit. En deuxième année, nous axerons plus sur l’apprentissage des équipements, comme le radar, pour qu’ils sachent interpréter les informations et anticiper des collisions quand la visibilité est réduite. Et enfin, en troisième année, ils devront pouvoir conduire une expédition de A à Z, de la préparation du voyage à la navigation, avec la gestion de différentes situations, dont des avaries », détaille Olivier Bodin. En plus des stages qui seront programmés, avec plusieurs semaines prévues chaque année pour les classes de seconde, première et terminale, « le simulateur pourra aussi servir à illustrer les cours des enseignants, qui auront la possibilité de venir ici avec leurs élèves pour leur montrer les choses de manière réaliste », ajoute Michel Runigo.

Qu’ils se destinent à naviguer au commerce ou à la pêche, du côté de la dizaine d’élèves qui découvraient pour la première fois le nouveau simulateur vendredi dernier, l’enthousiasme était palpable. Selon Clément Chazarain, en classe de seconde : « C’est vraiment bien d’avoir un outil comme ça. C’est impressionnant, on a la sensation de se projeter dans la situation, de rentrer directement dans le vif du sujet de ce que sera notre métier ». A ses côtés, Léonard Fabioles semble lui aussi convaincu : « C’est très réaliste, ça me rappelle mon stage ! », dit-il en repérant sur les écrans le passage d’un bateau qu’il connait, en l’occurrence un chalutier Bara de l’armement Bigouden. « Avec ce simulateur, on va pouvoir s’entrainer, découvrir des situations différentes et garder les réflexes qu’on apprend en mer. Clairement, ça donne envie de travailler ! »