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Un troisième patrouilleur du type PLG sera construit pour les Antilles

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Alors que le BPC Tonnerre est arrivé à Saint-Martin, la ministre française des Armées a annoncé hier la commande d’un nouveau patrouilleur qui viendra dès 2019 renforcer les moyens de la Marine nationale aux Antilles. Ce bâtiment, qui sera réalisé par Socarenam, est du même type que les deux patrouilleurs légers guyanais (PLG), livrés en 2016 et 2017 par le chantier boulonnais afin de remplacer les deux vielles unités du type 400 (La Capricieuse et La Gracieuse) basées jusque-là à Dégrad-des-Cannes, près de Cayenne.

Conçus par Bureau Mauric et réalisés par Socarenam dans ses sites de Saint-Malo (coque) et Boulogne (armement), les PLG La Confiance et La Résolue mesurent 60.8 mètres de long pour une largeur de 9.55 mètres et un déplacement de 750 tonnes environ. Mis en œuvre par 24 marins et capables d’accueillir jusqu’à 38 personnes, ces patrouilleurs polyvalents ont un tirant d’eau réduit (3.2 mètres) leur permettant d’évoluer aussi bien en haute mer que dans les eaux peu profondes.

Ils disposent en outre d’importants moyens de projection de forces et de coercition avec une drome puissante (deux semi-rigides) et un canon de 20mm télé-opéré Narwhal (voir notre reportage complet à bord de La Confiance).

 

Le PLG La Confiance (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le PLG La Confiance (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Florence Parly a précisé que le troisième PLG « sera commandé dans les prochaines semaines, et sera livré au plus vite, dès 2019 ». Selon le ministère des Armées, « dans une zone marquée par de violents épisodes cycloniques, mais aussi par la recrudescence des trafics illicites, cette acquisition permettra d'augmenter les capacités de réponse de l'Etat dans la région, pour mieux parer aux crises humanitaires comme pour conduire des opérations de lutte contre les trafics ».

En décidant de prolonger la série des PLG, la France va pouvoir réaliser des économies d’échelle, tant en évitant le développement d’un nouveau modèle qu’en mutualisant le soutien et la maintenance d’unités similaires basées dans la même zone.

 

La frégate Ventôse acheminant de l'aide à Saint-Martin (© ARMEE DE TERRE)

La frégate Ventôse acheminant de l'aide à Saint-Martin (© ARMEE DE TERRE)

 

Tirer les leçons de la réduction des moyens Outre-mer

Avec cette commande, le gouvernement a décidé de répondre, de manière il faut le souligner extrêmement rapide et d’autant plus délicate du fait des contraintes budgétaires du moment, aux enseignements de la crise que vient de connaitre le pays suite au passage dévastateur d’Irma sur Saint-Martin et Saint-Barthélemy, puis d’autres ouragans dans l’arc antillais. Alors que les autorités redoutent le développement de phénomènes météorologiques exceptionnels du fait du réchauffement climatique, la catastrophe que viennent de vivre les Antilles a démontré un manque flagrant de moyens militaires basés dans la zone. Une faiblesse liée aux réductions budgétaires qui, depuis plus de 15 ans, ont progressivement réduit les matériels maritimes, aériens et terrestres positionnés aux Antilles.

Une tendance heureusement appelée à s’inverser, notamment pour la Marine nationale, qui ne compte plus sur place que deux frégates de surveillance (Ventôse et Germinal) après le départ en juin du dernier du vieux bâtiment de transport léger (Batral) Dumont d’Urville, rentré à Brest fin juillet afin d’y être désarmé. Il sera remplacé fin 2018 par un quatrième bâtiment multi-missions (B2M), qui reprendra son nom et dont la marine a obtenu de haute lutte la commande en janvier dernier (les trois premiers, basés en Polynésie, en Nouvelle-Calédonie et à La Réunion, avaient été commandés en 2014). A cette unité offrant des capacités logistiques importantes s'ajoutera donc, en 2019, un PLG.

 

L'ancien Batral Dumont d'Urville a quitté les Antilles en juin (© MARINE NATIONALE)

L'ancien Batral Dumont d'Urville a quitté les Antilles en juin (© MARINE NATIONALE)

 

La disparition problématique des capacités amphibies

La question se pose néanmoins toujours de la perte des capacités amphibies outre-mer avec le retrait des Batral, bâtiments conçus pour s’échouer sur une plage et y débarquer des véhicules, des hommes et du fret. Un vrai atout pour la projection de force mais aussi, comme ces anciennes unités l’ont démontré à de nombreuses reprises pendant trois décennies, dans le cadre d’opérations humanitaires. Les catastrophes naturelles laissent en effet souvent, derrière elles, des infrastructures fortement endommagées ou détruites, empêchant l’utilisation immédiate des aéroports et installations portuaires. La France en a fait de nouveau l’expérience suite au passage d’Irma, les frégates dépêchées depuis Fort-de-France avec du fret humanitaires ne pouvant dans un premier temps accéder au port de Saint-Martin. Il a donc fallu transborder le chargement par hélicoptère, ce qui a pris beaucoup plus de temps.

Il conviendra donc de se pencher, dans le cadre de l’amélioration du dispositif de secours pré-positionné dans les territoires ultramarins, s’il n’est pas possible de remettre en place, y compris au travers d’un programme interministériel, des moyens amphibies. De simples engins tels les nouveaux catamarans de débarquement (EDAR) mis en œuvre sur les BPC de la Marine nationale mais qui peuvent également être employés de manière autonome, pourraient constituer une solution efficace et peu onéreuse.  

 

Catamaran de débarquement du type EDAR (© MER ET MAINE - FRANCIS JACQUOT)

Catamaran de débarquement du type EDAR (© MER ET MAINE - FRANCIS JACQUOT)

EDAR du BPC Tonnerre débarquant un engin du génie à Saint-Martin ce week-end (© MINISTERE DES ARMEES)

EDAR du BPC Tonnerre débarquant un engin du génie à Saint-Martin ce week-end (© MINISTERE DES ARMEES)

Marine nationale Socarenam