Marine Marchande
Un vraquier détenu à Lorient pour une vingtaine de déficiences

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Un vraquier détenu à Lorient pour une vingtaine de déficiences

Marine Marchande

Arrivé à quai à Lorient le samedi 30 juin, en soirée, le vraquier panaméen St-Elias (160 m) n’est pas près de reprendre la mer. Depuis le lundi 2 juillet, le cargo, venu livrer 17 400 tonnes de tourteaux de soja, est détenu au port de Kergroise par le Centre de sécurité des navires, qui dépend des Affaires maritimes. Vingt déficiences techniques ont été relevées, sans compter « les dérives sociales » dénoncées par le syndicat ITF et l’association Mor-Glaz, qui protège la mer et les marins. À bord, 22 Roumains, dont le commandant, et huit officiers.

Immobilisé quatre fois depuis 2016

Avant même l’inspection du navire ce lundi, l’association Mor-Glaz et le syndicat ITF avaient pointé du doigt le St-Elias, affrété par des capitaux grecs. « Il a été détenu à quatre reprises depuis avril 2016. Le navire, qui date de 1997, cumule les déficiences. On fait des textes, des conventions. Il est tellement mal entretenu qu’il aurait dû être banni du Mémorandum de Paris. Le navire est dans un état lamentable », tempête Laure Tallonneau, inspectrice à l’ITF, pour qui la seule issue serait « un démantèlement » pur et simple.

L’eau potable rationnée !

Montée à bord lundi, l’inspectrice dresse un constat glaçant. « À bord, il n’y a pas d’eau potable. Les tuyaux fuient de partout. La chaudière est défectueuse. Des générateurs sont en panne. Le moteur principal fuit… L’eau minérale est rationnée ! La nourriture manque, tout comme les équipements (gants, chaussures de sécurité, draps, oreillers…) », liste-t-elle, remontée également contre « les salaires non payés ».

Il n’y a ni douche ni toilettes à bord.

Une « atteinte aux droits des marins » qui désespère tout autant Emmanuelle Trocadéro, la directrice de Marin’Accueil : « Il n’y a ni douche ni toilettes à bord. C’est incroyable ! ». La solidarité s’organise à Kergroise. Les dockers au commerce prêtent leur douche, tandis que Marin’Accueil a emmené les marins à la laverie, ce mercredi.

« Les marins veulent débarquer »

Chargé en Ukraine, le St-Elias a fait escale à Gibraltar avant de rallier Lorient. Il est censé repartir ce vendredi, direction la Pologne. Alors que le vraquier panaméen a subi de premières réparations mardi, une société de classification polonaise est attendue sur zone. « Les marins, eux, réclament leur rapatriement et le paiement des salaires. Ils veulent débarquer, être payés et basta ! C’est qu’il y a un vrai souci », précise Laure Tallonneau. Le capitaine et le chef mécanicien doivent, eux, être relevés par deux marins grecs, à Lorient.

Un article de la rédaction du Télégramme