Vie Portuaire
UNB reprend la réparation marseillaise et conclut un accord avec Aker Yards

Actualité

UNB reprend la réparation marseillaise et conclut un accord avec Aker Yards

Vie Portuaire

Le tribunal de commerce s’est prononcée favorablement, hier, sur le projet de reprise de la Compagnie Marseillaise de Réparation par le groupe espagnol Union Naval Barcelona. CMR, dernier pôle de réparation navale lourde sur la façade méditerranéenne de l’hexagone, avait été placé en redressement judiciaire en novembre dernier. CMR fait donc place à Union Naval Marseille, société de droit français, filiale de l’UNB. le montant des investissements engagés par la maison mère atteint 3 millions d'euros, dont la moitié a d'ores et déjà été injectée dans les comptes de la nouvelle entreprise : « Nous sommes très heureux et sommes ici pour un travail à long terme. Il faut changer les choses petit à petit, en comprenant les erreurs du passé. Je crois que nous sommes dans le bon schéma, avec d’importantes infrastructures, pour faire de cette entreprise un leader de la réparation navale et apporter du travail, notamment au niveau du réseau de sous-traitants », nous expliquait, hier, Jordi Llaurado, président de l’UNM. L’ex-CMR emploie un peu plus de 100 salariés. Concernant d’éventuels recrutements, la nouvelle direction se veut prudente : « Il faut attendre un peu et d’abord passer dans une phase d’observation de la société. Toutefois, nous estimons que nous pouvons donner du travail à 450 personnes, dont la sous-traitance. Mais ce n’est pas encore pour tout de suite ».

Accord conclu avec le Norvégien Aker Yards

Pour redresser la réparation navale marseillaise, lourdement déficitaire ces dernières années, le groupe espagnol n’arrive pas les mains vides : « Nous avons conclu un accord avec Aker Yards. Le contrat, qui va être prochainement signé, porte sur la maintenance de tous les navires vendus par Aker et en opération en Méditerranée », a annoncé à Mer et Marine Jordi Llaurado. Le groupe norvégien, qui détient près de la moitié du marché de la construction de paquebots, adopterait donc, avec ses clients, une formule d’entretien dans le contrat de vente. Les arrêts techniques seraient réalisés à Marseille et, dès 2007, l’UNM espère pouvoir accueillir 4 à 5 paquebots par an. Les perspectives d'un partenariat avec Aker Yards sont des plus intéressantes, le groupe ayant, à l'heure actuelle, 9 paquebots en commande. Le marché de la croisière, florissant ces dernières années, est l’une des principales raisons qui ont poussé Union naval Barcelona à investir dans la cité phocéenne. Avec l’augmentation rapide du nombre de navires et surtout de leur taille, les cales espagnoles n’étaient plus suffisantes.

Une concession de 18 ans en vigueur depuis hier

Désormais, le groupe pourra compter sur les formes 8 et 9 du port de Marseille. Ces cales, de 350 et 250 mètres de long, permettront de traiter les plus grandes unités de croisière naviguant actuellement en Méditerranée. Une procédure de mise en concurrence avait été lancée le 27 novembre par le port autonome, suite au placement en redressement judiciaire de la CMR. Au printemps, après deux mois de négociations, le conseil d’administration du PAM avait approuvé la signature d’une convention avec le groupe espagnol, portant sur une concession de 18 ans. Le montant de la redevance fixé est de 1.9 millions d’euros par an. Il s’agit d’une partie fixe comprenant l’exploitation des bassins (1.8 M€) et des terrains adjacents (0.1 M€). Vient s’y ajouter une partie variable, de 200.000 euros, prévue pour des prestations supplémentaires de levage autour des bassins. Pour remettre à niveau ces équipements, le port a investi 10 millions d’euros ces cinq dernières années. Afin d’assurer une permanence de service, la convention signée entre l’UNB et l’établissement public prévoit « la mise en œuvre des opérations d’échouage et de conduite des grues 24 h/24 et 365 jours par an ». Signée le 6 juillet par le groupe espagnol, elle est entrée en vigueur hier. Dès la semaine prochaine, deux navires sont attendus pour des arrêts techniques à Marseille. Il s’agit du Monte Cinto, un cargo mixte de la SNCM, et du Blue Dream, ex-Renaissance 6, un paquebot de 351 cabines construit aux Chantiers de l’Atlantique et désormais armé aux couleurs de Pullmantur Cruises.
________________________________________

Voir la fiche entreprise du groupe Aker Yards

Port de Marseille