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Une année charnière pour le renouvellement de la marine française
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Une année charnière pour le renouvellement de la marine française

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Déjà bien engagée, la modernisation des moyens de la Marine nationale va s’accélérer en 2019, en particulier grâce au lancement des premiers programmes inscrits dans la nouvelle loi de programmation militaire.

Alors que la refonte des actuels sous-marins nucléaires lanceurs d’engins s’achève avec la remise en service  du Téméraire, les études pour la troisième génération de SNLE français montent en puissance. L’objectif est débuter dès 2020 la construction du premier bâtiment de cette série.

 

SNLE du type Le Triomphant (© MARINE NATIONALE)

SNLE du type Le Triomphant (© MARINE NATIONALE)

 

Les SNLE 3G seront réalisés par Naval Group à Cherbourg, comme les six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque (SNA) du type Barracuda, dont le dernier exemplaire sera commandé cette année. 2019 verra la tête de série de ce programme, le Suffren, sortir enfin de son hall de construction. Sa mise à l’eau est prévue à l’été 2019 en vue d’une réception par la marine en 2020. Ses trois premiers sisterships doivent être livrés d’ici la fin 2025 selon les objectifs fixés par la LPM, les deux derniers Barracuda suivant en 2027 et 2029. 

 

Le SNA Suffren (© NAVAL GROUP)

Le SNA Suffren (© NAVAL GROUP)

 

Concernant les six SNA actuellement en service, un premier, le Saphir, sera désarmé cette année, alors que le Rubis a été prolongé de plus de deux ans et le Casabianca devrait l’être également en raison du retard des premiers Barracuda.

Concernant la flotte de surface, le porte-avions Charles de Gaulle, après sa refonte à mi-vie, redevient opérationnel et débutera le mois prochain son premier déploiement depuis la fin 2016. Ce sera la première fois que son escorte sera constituée uniquement de frégates de nouvelle génération, en l'occurence la FDA Forbin et une FREMM, auxquelles s'ajouteront plusieurs unités européennes. Les études pour le ou les successeurs du Charles de Gaulle battront leur plein cette année, le président de la République ayant annoncé en novembre qu’il souhaitait prendre des décisions quant à ce projet dès 2020.

 

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

Le Charles de Gaulle en novembre 2018 (© MARINE NATIONALE - CLARISSE DUPONT)

 

Essentiels pour liberté du groupe aéronaval, les nouveaux bâtiments logistiques de la flotte française seront quant à eux notifiés cette année, avec trois unités en commande ferme et une en option. Les deux premiers doivent entrer en service entre 2023 et 2025. Successeurs des Marne, Var et Somme, ils seront construits à Saint-Nazaire en coopération avec les chantiers italiens Fincantieri, le modèle retenu étant une évolution du Vulcano, le nouveau ravitailleur de la Marina militare.

 

Design du Vulcano, le nouveau ravitailleur italien (© MARINA MILITARE)

Design du Vulcano, le nouveau ravitailleur italien (© MARINA MILITARE)

 

Au niveau des frégates, la dernière des six premières FREMM, la Normandie, doit être livrée cet été. Naval Group poursuit pendant ce temps la construction des deux dernières unités de cette série, qui auront des capacités de défense aérienne renforcées. L’Alsace et la Lorraine entreront en flotte en 2021 et 2022. A noter également que 2019 verra le début du doublement des équipages de FREMM, ce qui permettra notamment d’accroître la disponibilité de ces bâtiments.

 

Vue des futures FREMM DA Alsace et Lorraine (© NAVAL GROUP)

Vue des futures FREMM DA Alsace et Lorraine (© NAVAL GROUP)

 

Les FREMM assurent la succession des frégates anti-sous-marines du type F70 ASM et des frégates antiaériennes du type F70AA. Pour la première catégorie, suite à la mise en retraite du Primauguet prévue cet été, il ne restera plus en service, à la fin de cette année, que les La Motte-Picquet et Latouche-Tréville. Quant aux F70 AA, le Cassard tirera également sa révérence en 2019, seul le Jean Bart restant opérationnel. Les dernières F70 doivent être désarmées à l’horizon 2022.

 

Vue des futures FTI (© NAVAL GROUP)

Vue des futures FTI (© NAVAL GROUP)

 

Pendant ce temps, Naval Group doit lancer à la fin de cette année la construction, à Lorient, de la tête de série des cinq nouvelles frégates de taille intermédiaire (FTI). Les livraisons de ces unités sont prévues entre 2023 et 2029.

Les FTI succèderont aux cinq actuelles frégates du type La Fayette (FLF), dont trois unités vont être modernisées. D’ici cet été, la marine aura acté quels bâtiments vont bénéficier de cette rénovation, qui portera notamment sur l’ajout d’un sonar de coque KingKlip Mk2 et le remplacement du système surface-air Crotale par deux systèmes Sadral provenant des anciennes F70 et remis à niveau. Une fois modernisées, les trois FLF reviendront en flotte entre 2021 et 2023. 

 

La frégate Guépratte, du type La Fayette (© MARINE NATIONALE)

La frégate Guépratte, du type La Fayette (© MARINE NATIONALE)

 

Du côté des patrouilleurs, 2019 sera une année importante puisque La Combattante, troisième et dernier bâtiment du type PLG, sera livré à l’été par Socarenam. Il rejoindra à l’automne les Antilles, ses deux aînés, La Confiance et La Résolue, ayant été mis en service en 2017 en Guyane.

 

Le PLG La Résolue (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le PLG La Résolue (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

 

Tant attendu, le renouvellement des unités basées dans les territoires ultramarins se poursuivra avec la commande, en 2019, de six nouveaux patrouilleurs d’Outre-mer destinés à la Nouvelle-Calédonie, la Polynésie française et La Réunion, avec une paire de POM pour chacune. La marine prévoit de les réceptionner entre 2022 et 2024, ce qui lui permettra de remplacer ses derniers P400, l’Arago et Le Malin, tout en comblant le trou capacitaire subi ces dernières années suite au non remplacement immédiat de plusieurs patrouilleurs.

Quant aux 10 nouveaux patrouilleurs métropolitains, appelés à succéder aux neufs anciens avisos du type A69 et aux trois unités du type Flamant, leur commande interviendra à partir de 2021 en vue d’une livraison des deux premiers en 2024 et 2025.

 

Le B2M D'Entrecasteaux (© KERSHIP)

Le B2M D'Entrecasteaux (© KERSHIP)

 

Toujours pour l’Outre-mer, le programme des quatre nouveaux bâtiments multi-missions (B2M) va s’achever cette année. Après le D’Entrecasteaux à Nouméa, le Bougainville à Papeete et le Champlain à La Réunion, le Dumont d’Urville, achevé par le chantier Piriou de Concarneau et qui vient de rejoindre Brest, partira au printemps vers la Martinique.

Piriou, en collaboration avec Naval Group via leur société commune, Kership, mènera également à bien, en 2019, le programme des quatre nouveaux bâtiments de soutien et d’assistance hauturiers (BSAH). Après la mise en service en 2018 des deux premières unités, la Loire et le Rhône, ce sera cette année au tour de la Seine et de la Garonne. Les BSAH succèdent pour mémoire aux anciens remorqueurs de haute mer (RHM) et bâtiments de soutien de région (BSR).

 

Le BSAH Loire (© MARINE NATIONALE)

Le BSAH Loire (© MARINE NATIONALE)

 

Les petits remorqueurs portuaires et autres pousseurs font également l’objet de programmes de renouvellement, avec notamment le programme des 29 unités du type RP10 conduit par BMA via ses chantiers Merré (près de Nantes) et CIB (Brest) ainsi que CMN à Cherbourg. La tête de série, l’Aigrette, a été livrée en 2018, les autres devant suivre d’ici 2022. Pendant ce temps, le chantier Gléhen de Douarnenez va réaliser 7 pousseurs du type PC6, livrables entre 2019 et 2021.

 

 

Le chantier iXblue de La Ciotat livrera quant à la lui les premiers sisterships de la Cigale, chaland multi-missions à propulsion hybride livré fin 2017. Cinq autres unités de ce type doivent être réceptionnées par la marine entre mi-2019 et mi-2020.

2019 sera par ailleurs une année importante pour la flottille amphibie puisque celle-ci va enfin pouvoir remplacer ses vieux chalands de transport de matériel (CTM). Le programme des nouveaux engins de débarquement amphibie standards (EDAS) va être lancé, avec comme cible 14 nouveaux chalands et une livraison des deux premiers fin 2020. Ces engins permettront notamment de moderniser la batellerie des bâtiments de projection et de commandement (BPC) du type Mistral, en complément des quatre catamarans du type EDAR (engins de débarquement amphibie rapides), conçus par CNIM et réalisés par Socarenam.

 

EDAR, CTM et BPC (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

EDAR, CTM et BPC (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Concernant les fusiliers-marins, on notera par ailleurs la livraison, prévue cet été, du premier des 12 intercepteurs blindés commandés au chantier Ufast de Quimper dans le cadre du programme VPDMP (vedettes protégées de défense maritime et portuaire).

 

VPDMP (© UFAST)

VPDMP (© UFAST)

 

Le renouvellement des moyens va également concerner les navires affrétés pour les missions d'action de l'Etat en mer. Les bâtiments de soutien, d’assistance et de dépollution (BSAD) Ailette et VN Sapeur, appartenant respectivement aux compagnies françaises Bourbon et SeaOwl, seront ainsi remplacés par des unités plus récentes l'été prochain. Le lauréat de l'appel d'offres devrait être bientôt connu. Un autre marché sera par ailleurs attribué cette année, celui pour le remplacement des remorqueurs d'intervention, d'assistance et de sauvetage (RIAS) Abeille Flandre et Abeille Languedoc. Deux navires neufs vont leur succéder, avec une mise en service attendue à l'été 2021

 

 

Enfin, concernant l’aéronautique navale, 2019 verra l’arrivée de deux nouveaux hélicoptères Caïman Marine (NH90), les 23 et 24ème (sur 27 commandés), les deux premiers avions de patrouille maritime Atlantique 2 rénovés (18 prévus), ainsi que l’achèvement de la modernisation des trois avions de guet aérien embarqué Hawkeye.

 

 

Quant au projet de flotte intérimaire pour répondre au besoin en hélicoptères légers entre le retrait du service des dernières Alouette III et l’arrivée au-delà de 2025 des futurs HIL Marine, il devrait voir le jour en fin d’année en vue d’une mise en place en 2020. Ce projet porte sur la location auprès d’un opérateur privé d’une quinzaine d’hélicoptères, essentiellement de la famille Dauphin avec éventuellement quelques machines du type H160, sur la base duquel Airbus va développer l’hélicoptère interarmées léger (HIL).

 

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