Marine Marchande
Une catastrophe évitée au large de la Bretagne

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Une catastrophe évitée au large de la Bretagne

Marine Marchande

Victime d'un abordage avec le vraquier panaméen Hanjin Richzad, le chimiquier maltais YM Uranus s'est retrouvé en très mauvaise posture, vendredi matin, au large du Finistère. La collision avec le gros vraquier de 286 mètres a provoqué une brèche de plusieurs mètres sur le chimiquier de 120 mètres, qui doit probablement sa survie à sa double coque. A 5H30 du matin, le capitaine du chimiquier a alerté le CROSS Corsen qu'il se trouvait en grande difficulté, à 50 nautiques au sud-ouest de l'île d'Ouessant. Les autorités françaises ont immédiatement mobilisé d'importants moyens pour porter secours à l'Uranus, qui transportait 6000 tonnes de solvant entre Porto Marghera (Italie) et Amsterdam (Pays Bas). La frégate Primauguet, qui se trouvait à 33 nautiques du navire, a été déroutée, alors que la préfecture maritime faisait appareiller en urgence le remorqueur Abeille Bourbon, alors au mouillage dans l'anse de Bertheaume. L'évacuation de l'équipage de l'Uranus est rapidement décidée. A 6H18, un EC-725 Caracal et un Dauphin SP décollent de la base navale de Lanvéoc-Poumlic. A 7H10, l'EC225 débute le treuillage des marins du navire en perdition, et les ramène sains et sauf à terre.

L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)

L'EC725 évacue l'équipage (© : MARINE NATIONALE)
L'EC725 évacue l'équipage (© : MARINE NATIONALE)

L'équipage arrive sain et sauf à Lanvéoc (© : MARINE NATIONALE)
L'équipage arrive sain et sauf à Lanvéoc (© : MARINE NATIONALE)

Dans le même temps, une équipe d'évaluation et d'investigation est envoyée sur place. Avec les éléments techniques fournis par l'équipage, des dispositions sont arrêtées pour sauver l'Uranus, qui présente une gîte inquiétante.
Alors que des opérations d'assèchement sont entreprises à bord, où l'EEI est rejointe par deux marins de l'Abeille Bourbon, qui a rallié la zone, le préfet décide à 11H58 de faire remorquer le chimiquier vers Brest. Les conditions météorologiques permettent l'opération et, à petite vitesse, le convoi fait route vers le port breton, qu'il gagne après 12 heures de transit.

L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus vendredi (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus remorqué par l'Abeille Bourbon (© : MARINE NATIONALE)

C'est finalement samedi, à 1H45 du matin, que l'Uranus, assisté de remorqueurs du port militaire, est amarré à l'épi 4 de la base navale de Brest. Bien qu'aucune fuite n'ait été détectée jusque là, un barrage anti-pollution est installé à titre préventif et un périmètre de sécurité de 500 mètres est établi autour du navire.
Au cours de la matinée de samedi, les plongeurs inspectent la coque du chimiquier pour constater les dégâts occasionnés par la collision avec le Hanjin Richzad. Une brèche d'environ 5 mètres sur 8 mètres est découverte sur le côté bâbord, en avant du château de l'Uranus. Les observations permettent également de constater l'intégrité des soutes, efficacement protégées par la double coque du bateau, mis en service en 2008. Dans la nuit de samedi à dimanche, les équipes techniques de la société Les Abeilles sont à l'oeuvre pour permettre à l'Uranus de se redresser. Hier matin, une opération de ballastage permet finalement de remettre le chimiquier dans ses lignes d'eau. L'ensemble des installations est vérifié, à commencer par celles liées à la sécurité.

L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus à Brest samedi (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)

Un autre chimiquier, le Stolt Teal, a appareillé samedi soir d'Anvers pour assurer le transbordement de la cargaison de l'Uranus. Le navire est attendu à Brest ce lundi matin. « Le port militaire de la base navale de Brest est habitué à la manutention de matériaux dangereux - munitions par exemple. Toutes les mesures sont prises pour que cette opération se passe en toute sécurité. Les deux navires possèdent leurs propres systèmes de sécurité en état de marche, un périmètre de sécurité est toujours de rigueur, le lieu de la manoeuvre est éloigné de toute habitation et les marins-pompiers veillent également au respect des mesures de sécurité », précise la préfecture maritime de l'Atlantique.
Une fois de plus, le dispositif français d'assistance aux navires en difficulté a parfaitement fonctionné. Mis en place à partir de 1979, suite au naufrage de l'Amoco Cadiz, et renforcé au fil des années, il met en oeuvre divers moyens civils et militaires, navals et aéronautiques, servis par des équipages dont le savoir-faire n'est plus à démontrer.

L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)

L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)
L'Uranus hier, après son redressement (© : MARINE NATIONALE)

Sauvetage et services maritimes