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Une chasse au sous-marin sur FREMM
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Une chasse au sous-marin sur FREMM

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Nous vous embarquons aujourd’hui à bord de l’une des nouvelles frégates multi-missions de la Marine nationale, l'Auvergne, sur laquelle Mer et Marine a pu suivre un exercice de lutte anti-sous-marine. Quatrième de la série des huit FREMM réalisées par Naval Group pour la flotte française, l’Auvergne a été admise au service actif en 2018. Elle est basée à Toulon avec deux de ses sisterships, la Provence (2016) et le Languedoc (2017). L’Aquitaine (2016) et la Bretagne (2019) sont quant à elles stationnées à Brest, où vient de les rejoindre la Normandie, fraîchement achevée par le site Naval Group de Lorient, qui a conçu et construit ces bâtiments. Les deux dernières unités de la série (Alsace et Lorraine), aux capacités de défense aériennes renforcées, seront livrées en 2021 et 2022.

Ces nouvelles FREMM, qui succèdent aux anciennes frégates du type F70, ont clairement changé la donne sur le plan opérationnel. C’est en particulier le cas dans le domaine de la lutte sous la mer, où elles sont considérées comme étant aujourd’hui les meilleures plateformes au monde. Cela, en raison de la technologie qu’elles embarquent, conjugué au savoir-faire de la Marine nationale dans ce domaine.

 

L'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle de l'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

La passerelle de l'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Veilleur sur l'aileron bâbord de l'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Veilleur sur l'aileron bâbord de l'Auvergne (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Débusquer un SNA

En cette superbe matinée au large de La Ciotat, l’Auvergne évolue à petite vitesse près des côtes provençales. Les veilleurs scrutent la surface de l’eau, à la recherche d’une anomalie, et plus particulièrement d’un périscope. Sur l’aileron bâbord, le regard d’un officier spécialisé dans la lutte sous la mer s’attarde sur quelques gros yachts situés entre la frégate et le littoral. Est-il possible qu’il se cache sous l’un d’eux ? « C’est exactement ce que je suis en train de me demander », répond-il en souriant. « Il », c’est un bateau au nom de pierre précieuse, l’un des sous-marins nucléaires d’attaque français du type Rubis. Un redoutable chasseur de 73 mètres de long pour près de 2400 tonnes équipé entre autres de torpilles lourdes et missiles antinavire. Deux jours plus tôt, le SNA a appareillé de Toulon, suivi de plusieurs bâtiments de surface, pour un important exercice de mise en condition opérationnelle. Objectif : entrainer son équipage contre une force navale suivant différents scenarii, de l’évolution discrète en zone littorale au combat en haute mer. C’est le point culminant d’une remontée en puissance ponctuée d’exercices à la complexité croissante qui aboutira à la qualification de l’équipage du SNA avant son départ en mission.

 

L'un des SNA français du type Rubis (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

L'un des SNA français du type Rubis (© MER ET MARINE - FRANCIS JACQUOT)

 

Empêcher le sous-marin de remplir sa mission

Face au SNA, il y a l’Auvergne, mais aussi deux autres bâtiments dotés chacun d’un sonar de coque, la frégate antiaérienne Jean Bart et le patrouilleur de haute mer (ex-aviso) Enseigne de Vaisseau Jacoubet. Cette force, soutenue par des moyens aériens, a comme mission principale d’assurer la protection d’une unité précieuse, porte-avions ou porte-hélicoptères. Un rôle joué par le VN Rebel, navire civil de la compagnie française SeaOwl affrété par la Marine nationale pour servir de plastron lors des exercices, ce qui évite de mobiliser un vrai bâtiment de combat et permet de préserver son potentiel pour des missions opérationnelles.

 

Le Jean Bart (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

Le Jean Bart (© JEAN-CLAUDE BELLONNE)

L'Enseigne de Vaisseau Jacoubet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

L'Enseigne de Vaisseau Jacoubet (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le VN Rebel (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

Le VN Rebel (© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

Charge au SNA, en fonction du scenario du jour, d’empêcher la mission de la force adverse ou de déjouer ses moyens de détection pour remplir la sienne. Un jeu de guerre qui au-delà du matériel met surtout à l’épreuve la patience, les qualités de stratège et la détermination de chaque adversaire. C’est une partie d’échec géante en mer et une vraie guerre psychologique.

« Pendant cet exercice, nous essayons de couvrir tous les domaines où le sous-marin est parfois chassé, ou chasseur. Sur cette frégate, notre objectif premier est d’empêcher le sous-marin de remplir sa mission, ce qui ne passe pas obligatoirement pas sa destruction. Nous devons avant tout parvenir à le découvrir et l’obliger à renoncer car il se sait détecté et donc vulnérable », explique le capitaine vaisseau Yannick Bossu, commandant de l’Auvergne.

 

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