Histoire Navale
Une expédition va partir à la recherche de la radio Marconi du Titanic

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Une expédition va partir à la recherche de la radio Marconi du Titanic

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L’affaire était depuis quelques semaines devant la justice américaine et elle a été tranchée la semaine dernière par la District Court de Norfolk, en Virginie. La société américaine R.M.S. Titanic va pouvoir organiser une expédition pour tenter de récupérer l’appareil radio Marconi du navire. Les plongées pourraient avoir lieu au mois d’août.

Pour mémoire, l’épave du Titanic qui repose à 600 kilomètres des côtes de Terre-Neuve, est protégée par un traité américano-britannique entré en vigueur depuis l’an dernier. R.M.S. Titanic est, depuis 1986, la seule société habilitée à prélever des objets sur l'ancien liner, coulé le 14 avril 1912 suite à une collision avec un iceberg. Environ 5000 éléments du navire ont été ramenés à la surface.

Plusieurs voix s’étaient élevées contre cette nouvelle expédition, notamment la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), l'agence américaine d'observation océanique et atmosphérique ou des associations irlandaises. La justice a finalement choisi de donner raison à R.M.S. Titanic qui a fait valoir qu’il s’agissait sans doute des derniers moments où l’on pouvait espérer récupérer l’appareil. Ce dernier se situe dans la « Marconi Suite » du navire, qui comporte la cabine de l’opérateur, son bureau et la pièce « silencieuse » aux murs isolés pour garantir une meilleure isolation phonique. Les cloisons en bois séparant ces différentes pièces sont déjà tombées, comme l’ont constaté les plongeurs lors des dernières explorations. Ils craignent donc que la structure métallique de la Marconi Suite finisse elle aussi par s’effondrer.

L’appareil Marconi et son chef opérateur Jack Phillips sont entrés dans l’histoire. En effet, si l’appareil était, à l’origine, principalement destiné à la (très onéreuse) transmission des messages des passagers, c’est également lui qui a servi à transmettre les messages de détresse dans la nuit du 14 avril. Jack Philipps a, durant plusieurs heures, alterné les « CQD », message morse de détresse historique et les « SOS », qui venait alors tout juste d’être adopté comme nouveau code, le tout suivi de MGY, l’indicatif de Titanic. Son message est entendu par de nombreux navires alentours ainsi que par la station terrestre de Cap Race, à Terre-Neuve. Il restera parmi les tous derniers à bord, alors même que le commandant Smith lui avait demandé de quitter son poste et de rejoindre les canots. Son dernier message sera « engine room flooded », salle des machines envahie. Jack Philipps fait partie des 1500 victimes du naufrage.

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