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Une image à jour du SNA Suffren grâce au ministre australien de la Défense

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Voilà à quoi ressemble actuellement le premier des six nouveaux sous-marins nucléaires d’attaque du type Barracuda. L’image a été prise hier, à Cherbourg, à l’occasion de la venue du ministre australien de la Défense dans l’établissement de DCNS. Alors que les autorités françaises entretiennent depuis des mois la plus grande discrétion autour du programme Barracuda, limitant au maximum la diffusion de photos du Suffren, il a comme souvent fallu une visite officielle pour que la chape de plomb tombe momentanément.  

En construction depuis 2007, le Suffren est en cours d’achèvement en vue d’une mise à l’eau l’an prochain. Ses premiers essais en mer sont désormais prévus en 2018 et sa livraison à la Marine nationale en 2019. Les cinq autres unités de ce type, dont la cinquième sera commandée en 2017, doivent rallier la flotte française d’ici 2030 et remplacer nombre pour nombre les SNA du type Rubis.

 

SNA du type Barracuda (© : MARINE NATIONALE)

SNA du type Barracuda (© : MARINE NATIONALE)

Plus grand, plus puissant et plus discret

Longs de 99.5 mètres pour un déplacement prévu de 5300 tonnes en plongée, les Barracuda seront plus grands, plus discrets, plus puissants et plus « profonds » que leurs aînés. Très automatisés, avec un équipage limité à une soixantaine de marins, ils seront dotés des technologies, senseurs, systèmes de combat et d’armes les plus récents, avec en particulier la nouvelle torpille lourde F21, le missile antinavire Exocet SM39 Block2 Mod2 et le missile de croisière naval (MdCN) qui leur permettra de frapper des cibles terrestres situées à un millier de kilomètres. Les SNA, qui pourront aussi déployer des mines FG 29, sont également conçus pour les opérations spéciales, avec la possibilité de loger une dizaine de commandos. Ils pourront embarquer derrière le massif un Dry Deck Shelter accueillant différents matériels, dont le propulseur sous-marin de troisième génération des commandos marine. Ils auront aussi, le cas échéant, la capacité de déployer des drones. Barracuda, qui représente déjà en lui-même un challenge industriel considérable, agrège donc autour de lui d’autres programmes de pointe très ambitieux, ce qui en fait une œuvre extrêmement complexe et explique en partie le retard de deux ans par rapport au calendrier initialement fixé lors de la signature du contrat, fin 2006.

 

(© : DCNS)

(© : DCNS)

 

Cousin océanien

Mais hier, à Cherbourg, l’heure était surtout au futur cousin océanien du Barracuda. En avril dernier, à l’issue d’une âpre compétition internationale pour le renouvellement de la flotte sous-marine de la Royal Australian Navy, le gouvernement australien retenait le projet présenté par DCNS. Avec un design dérivé du Barracuda, adapté aux besoins australiens et doté non pas d’une propulsion nucléaire mais conventionnelle. Suite à ce choix, un premier contrat opérationnel a été signé fin septembre, permettant au groupe français de rentrer dans le vif du sujet et de débuter sa collaboration avec l'Américain Lockheed Martin, désigné par Canberra pour fournir le système de combat des futurs sous-marins.

 

Christopher Pyne et Hervé Guillou, président de DCNS, hier à Cherbourg (© : DR)

Christopher Pyne et Hervé Guillou, président de DCNS, hier à Cherbourg (© : DR)

 

Vers une accélération du programme AFS en 2017

A l’occasion de sa visite à Cherbourg, le ministre australien de la Défense, qui a pu visiter les installations du site et découvrir le Suffren, a rappelé que le programme AFS (Australia Future Submarine) porte sur la réalisation de 12 sous-marins. Représentant un investissement gigantesque, estimé à 34 milliards d’euros (incluant la maintenance après mise en service), ces bâtiments seront construits à Adelaide, où ils génèreront 2800 emplois. « La rencontre avec le management de DCNS a été extrêmement constructive et il ne fait aucun doute dans mon esprit que l’entreprise est mobilisée dans son partenariat avec l’Australie pour nous procurer des sous-marins de supériorité régionale. DCNS comprend aussi l’importance de la participation de l’industrie australienne dans le programme, aussi bien pendant les phases de construction que de soutien, afin d’assurer à l’Australie une capacité souveraine », a indiqué Christopher Pyne.

Opérationnel au début des années 2030

Le ministre, dont la venue a symbolisé la mise sur les rails du programme et sa montée en puissance, a évoqué parmi les actions en cours le début des travaux sur le design des futurs sous-marins, ainsi que la mise en place de structures en France destinées à accueillir les Australiens qui viendront se former auprès de DCNS. « Je m’attends à ce que le rythme élevé de l’activité augmente au cours de l’année prochaine et suis confiant dans le partenariat entre DCNS, le ministère de la Défense et Lockheed Martin Australia afin de travailler ensemble pour que le premier des futurs sous-marins soit opérationnel au début des années 2030 ».

 

Naval Group (ex-DCNS) Marine nationale