Pêche
Une marée en Ecosse à bord du Mariette Le Roch II

Reportage

Une marée en Ecosse à bord du Mariette Le Roch II

Pêche

Il y a un endroit tout au nord de l’Ecosse que seuls quelques pêcheurs bretons connaissent. Dans le pays des lochs, dans le décor grandiose des sommets noirs et enneigés, il y a un petit village, quelques maisons, un pub, un quai. Lochinver, un nom que l’on connaît sans doute mieux sur l’avenue La Perrière à Lorient qu’à Edimbourg. Lochinver, la base avancée pour ceux qui pêchent dans les latitudes 60° nord, entre les îles Féroé et les Shetlands, là où il ne fait jamais vraiment beau ni jamais vraiment calme.

 

  (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 (MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

(MER ET MARINE - CAROLINE BRITZ)

 

Didier et son jardin écossais

 

Didier Queffelec est de Camaret sur Mer, point de doute là-dessus. Fier de sa presqu’île, de ses anciens qui pêchaient la langouste à la voile sur le banc d’Arguin, le verbe haut, les épaules carrées, un Breton assurément.  Pourtant, là, sur ce quai écossais, Didier Queffelec, patron du chalutier Mariette Le Roch 2, est dans son jardin. Il ne s’en vantera jamais, mais on le sait, c’est un de ceux qui connaissent le mieux ce coin parfois si hostile que peu s’y aventurent.  Il pêche ici depuis, « je ne m’en souviens même plus, toujours peut-être ».  Didier n’a pas encore 50 ans et pourtant déjà 35 ans de navigation au compteur. Mousse sur les  chalutiers classiques du golfe de Gascogne, il a fait ses classes avec les anciens,  sans doute à la dure. Il a patronné jeune, toujours des chalutiers.
Ce soir, à Lochinver, il y retourne, avec, toujours dans les yeux, la  lueur de défi de celui qui part à l’aventure. Il regarde le Mariette Le Roch 2, un des deux chalutiers de 46 mètres de l’armement lorientais Scapêche (groupe Les Mousquetaires). « Celui-ci  je l’ai suivi depuis le début, depuis sa construction chez Piriou en 2005. C’est un bon canot ».
Avec lui, une partie de la relève de l’équipage. Tout le monde est arrivé en avion depuis Lorient, les embarquants et les débarquants se sont croisés dans le petit aéroport d’Inverness, à deux heures de route de Lochinver. Brefs échanges entre les hommes, ceux qui rentrent à la maison pour 9 jours, ceux qui vont à bord pour trois « bases », des marées de 9 jours, entre lesquelles le poisson est débarqué à Lochinver. De là, la pêche sera chargée dans des camions frigorifiques qui la ramèneront en Bretagne en 36 heures. Les caisses seront passées sous criée à Lorient, constituant près de la moitié du tonnage en pêche fraîche du port.

 

 Didier Queffelec, patron du Mariette Le Roch