Science et Environnement
Une nouvelle approche sur la recherche autour des récifs coraliens

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Une nouvelle approche sur la recherche autour des récifs coraliens

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Dans un nouvel article publié dans la revue Frontiers in Marine Science le 24 Mars 2016, Linwood Pendleton-avec des co-auteurs de l’Université de Miami, de l’Université du Queensland et de l’Université de Brest-rapporte que les impacts environnementaux sur les récifs coralliens peuvent être sous-estimés et peuvent se produire beaucoup plus tôt que prévu. Linwood Pendleton dit que ce n’est pas tout. Par elles-mêmes, les approches scientifiques actuelles ne rendent pas pleinement compte de la complexité ou du nombre de changements environnementaux auxquels les récifs sont confrontés.

En fait, il est évident que nos craintes au sujet des impacts sur les récifs coralliens ont été effectivement sous-estimées et que les facteurs de stress peuvent être amplifiés par la complexité des récifs.

Notre travail examine la littérature scientifique récente, en mettant l’accent sur les cinq dernières années, dans un effort de mieux comprendre ce que l’on sait sur les récifs coralliens quand ils sont exposés à plus d’un stresseur. Nous avons également examiné les récentes découvertes sur les façons dont ces contraintes affectent différents aspects de la santé et du fonctionnement des écosystèmes de ces récifs.

C’est non seulement le blanchiment et la perte de calcium des coquilles, les changements de température, et l’acidification des océans, entraînée par l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère, qui peuvent provoquer une croissance plus lente des récifs de corail et une inhibition de leur reproduction. Lorsque ces stress se produisent en même temps, ils ont des effets qui sont beaucoup plus préjudiciables que prévu. Les conséquences sont, d’une part, que les écosystèmes de récifs coralliens peuvent commencer à mourir ou changer beaucoup plus tôt que nous le pensions, et d’autre part, que les récifs coralliens endommagés, par les tempêtes, le blanchiment ou les actions humaines, ne se développent pas comme ils pourraient.

Il est difficile de comprendre ce qui est nécessaire d’un point de vue stratégique pour aborder les impacts sur les récifs sans informations scientifiques plus complètes. Nous accentuons la recherche sur les récifs coralliens qui combine la puissance d’expériences de laboratoire traditionnelles, où l’on tente d’imiter les changements environnementaux tels que le réchauffement, le blanchiment ou encore l’acidification des océans, avec des expériences sur le terrain. Ces expériences sont parfois appelées «études de mésocosmes ».

Parce que les espèces qui composent les récifs coralliens diffèrent d’une région à l’autre, nous voyons la nécessité d’une stratégie globale qui pourrait nous aider à choisir où concentrer ces études de mésocosmes de sorte que leurs résultats puissent informer la politique d’adaptation environnementale  qui serait régionalement appropriée.

L’acidification des océans, le changement climatique, et d’autres facteurs de stress environnementaux menacent les écosystèmes des récifs coralliens et les personnes qui en dépendent. La science révèle que ces multiples facteurs de stress interagissent et peuvent affecter une multitude de processus physiologiques et écologiques de manière complexe. L’interaction de multiples facteurs de stress et la complexité écologique peuvent signifier que les effets négatifs sur les écosystèmes des récifs coralliens se produiront plus tôt et seront plus grave qu’on ne le pensait. Pourtant, la plupart des recherches sur les effets du changement global sur les récifs coralliens se concentrent sur un ou quelques facteurs de stress. Sur la base d’un examen critique de la littérature, nous appelons à une stratégie régionale ciblée de la recherche au niveau des mésocosmes qui aborde cette complexité et fournit des projections plus réalistes sur les impacts des récifs coralliens face au changement environnemental global. Nous croyons que des approches similaires sont nécessaires pour d’autres écosystèmes qui font face à des changements de l’environnement mondial.

Communiqué de l’Institut Universitaire Européen de la Mer, 28/04/16