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Une pêche pas si « catastrophique » au port de Lorient
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Une pêche pas si « catastrophique » au port de Lorient

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Avec la crise sanitaire, le port de pêche de Keroman, à Lorient, a vu son chiffre d’affaires chuter de 11 %. Un bilan qui aurait pu être bien plus catastrophique.

1 « On va perdre de l’argent »

Très fortement touché pendant le confinement, avec une activité réduite de moitié, le port de pêche de Lorient a finalement plutôt bien résisté face à la crise de la Covid-19. Fin août, la première criée française affiche une baisse de 11 % de son chiffre d’affaires par rapport à l’année passé. Un résultat similaire aux autres ports bretons qui s’explique par un début d’année « très bon avant le confinement » et un été « moyen ». « Ce n’est pas catastrophique mais nous sommes sur une mauvaise pente. L’année dernière, nous étions déjà en baisse. Cela va avoir des conséquences financières. On sait que l’on va perdre de l’argent cette année », souligne Jean-Paul Solaro, le président de la Société d’économie mixte (Sem) de Lorient-Keroman, gestionnaire du port.

2 La pêche côtière moins affectée

Avec une perte de 5 % en volume et 2,5 % en valeur, la pêche côtière s’en sort très bien, au contraire de la pêche hauturière (-24 % en volume et -26 % en valeur). Les prix sont restés bas, faute de débouchés, notamment à cause de l’arrêt de la restauration collective. Le merlu accuse une baisse de 50 % et la sardine n’a pas été très en vue. Star de l’été, le thon, lui, est bien présent. Tout comme la langoustine, dont « les prix ont été stables toute l’année et ont permis de consolider les trésoreries de la pêche côtière ».

3 Une fin d’année cruciale

Soutenues par les aides liées à la crise sanitaire, les entreprises du secteur n’ont, pour le moment, pas montré de signes de rupture. Parmi les 250 entreprises présentes sur le domaine portuaire, certaines ont affiché des retards de paiement mais elles ont réglé leur dû. « Les entreprises ont la plupart du temps trouvé des solutions mais on ne va savoir que maintenant, en septembre-octobre, si certaines sont en difficulté. On va être attentifs à ça », expose Jean-Paul Solaro. D’autant plus que la perspective incertaine du Brexit accentue les risques. « On surveille aussi la santé des entreprises de la réparation navale. Elles se sont toutes arrêtées pratiquement totalement ». Les indicateurs de reprise sont, pour l’instant, bons.

4 La gestion des caisses à poisson revue

Des caisses à poisson, conteneurs et palettes stockés aux quatre coins du port, parfois détournés de leur usage et qui disparaissent. La gestion des contenants à Keroman est complexe. Chaque année, la Sem investit entre 200 000 € et 300 000 € pour leur renouvellement. Le nombre de lavages de caisses effectués sur une année s’élève à 1,5 million. La Sem veut « remettre un peu d’ordre » à leur gestion « de façon à ce qu’on sache qui prend quoi et combien », explique Jean-Paul Solaro. Pour cela, deux nouvelles zones de stockage, l’une sous le pan coupé, et l’autre, la principale, sur l’enclos du port (là où se trouvaient auparavant les bâtiments de Capitaine Houat) vont être mis en service. Une troisième zone sera également ouverte à l’extrémité de la criée 4, dans la cathédrale Est, à l’horizon 2023. L’accès aux caisses sera sécurisé et autorisé uniquement aux salariés de la Sem équipés d’un badge. Le dispositif doit garantir une meilleure traçabilité des flux.

Un espace sécurisé pour stocker les caisses de poissons est en cours de finalisation, sur l’enclos du port, là où se trouvaient auparavant les bâtiments de Capitaine Houat.

5 Les autres projets en cours

Annoncées pour cet été, les premières déconstructions de navires sur l’aire de réparation navale ont été repoussées. « Cela va se mettre en place d’ici la fin de l’année », assure Jean-Paul Solaro. Des appels d’offres doivent être passés pour chaque bateau à démolir. Le chalutier Guillemot VI, qui s’était échoué à l’entrée de la rade de Lorient en 2007, et le Dravantec, ancien navire à passagers de la Compagnie Océane, devraient être les premiers concernés.

Les quatorze box de pêcheurs au bout du quai du Pourquoi pas ont été démolis. Des consultations d’entreprises sont en cours pour la réalisation de nouveaux lieux de stockage pour les pêcheurs.

Enfin, les projets d’implantation d’entreprises sur la zone portuaire n’avancent guère en ce moment. Le contexte sanitaire et l’incertitude du Brexit refroidissant les ardeurs des entrepreneurs.

Un article de la rédaction du Télégramme

 

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