Marine Marchande
Une résolution de l'ONU contre la piraterie en Somalie

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Une résolution de l'ONU contre la piraterie en Somalie

Marine Marchande

Le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté hier soir une résolution autorisant l'entrée dans les eaux territoriales somaliennes de navires de guerre engagés dans des opérations de lutte contre la piraterie. Le texte, proposé par les Etats-Unis et la France, a été présenté avec l'accord du Gouvernement de Transition Somalien. La résolution 1816 autorise, pour une période de six mois renouvelable, les pays qui coopèrent avec le GTS à « pénétrer dans les eaux territoriales de la Somalie dans le but de réprimer la piraterie et le vol à main armée en mer ». Dans cette perspective, le gouvernement somalien devra communiquer aux Nations Unies une liste des Etats pouvant intervenir dans les eaux territoriales du pays. Les flottes militaires seront autorisées à recourir « aux moyens nécessaires » dans les limites du droit international en haute mer.
L'hiver dernier, à l'initiative de la France, la Marine nationale avait protégé durant deux mois les cargos du Programme Alimentaire Mondial chargés d'acheminer l'aide humanitaire en Somalie. Mais cet accompagnement, bien qu'efficace pour les convois du PAM, n'avait évidemment pas solutionné le problème de piraterie. Après le détournement du voilier français Ponant, en avril, Paris avait proposé aux Nations Unies de prendre des mesures pour lutter plus efficacement contre les attaques de navires dans certaines régions, comme la Corne d'Afrique. La création d'une force maritime internationale avait notamment été proposée, de même qu'un accès aux eaux territoriales des unités militaires avec l'accord préalable des pays touchés par la piraterie.

  La frégate Jean Bart auprès du Ponant, en avril dernier (© : MARINE NATIONALE)
La frégate Jean Bart auprès du Ponant, en avril dernier (© : MARINE NATIONALE)

La résolution adoptée hier est un premier pas en ce sens, même si elle ne concerne que la Somalie. D'autres régions, comme le golfe de Guinée ou la zone du détroit de Malacca, sont elles-aussi touchées par le phénomène. Mais en Asie, plusieurs pays se sont récemment inquiétés d'une éventuelle jurisprudence dans le droit international. Arguant que les pays riverains (Indonésie, Malaisie, Singapour...) coopéraient déjà et avaient les moyens de lutter contre la piraterie, Djakarta a demandé des assurances pour faire de la Somalie un cas exceptionnel et éviter ainsi de créer un précédent.
En proie depuis des années à la guerre civile, la Somalie a vu se développer sur ses côtes de nombreuses bases de pirates. De mieux en mieux équipés, ils interviennent désormais très au large, à partir de bateaux-mères. Les navires marchands interceptés sont ensuite détourné vers la côte somalienne où les équipages sont retenus en otage jusqu'à ce que les armateurs payent les rançons demandées.
L'an dernier, 25 cargos ont été abordés et la piraterie a connu un regain d'activité ces dernières semaines. Depuis le 17 mai, quatre navires ont en effet été capturés, dont deux appartenant à des sociétés européennes.

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