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Une stratégie et une ambition maritime pour la France

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Une stratégie et une ambition maritime pour la France

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« Je suis venu aujourd'hui réparer un oubli historique. L'oubli trop long qu'a fait la France de sa vocation maritime ». Le 16 juillet, au Havre, le président de la République a jeté les bases d'une nouvelle politique maritime pour la France. Un discours fort et apprécié par les professionnels, voulu à la hauteur des enjeux économiques et environnementaux que représente ce sujet pour l'avenir du pays et de la planète. Au lendemain de la clôture du Grenelle de la Mer, Nicolas Sarkozy a annoncé son prolongement par la rédaction d'un Livre Bleu. Ce document, chargé de définir la stratégie maritime française, sera validé par le Comité Interministériel de la Mer (CIMER) d'ici la fin de l'année. La stratégie maritime fera, ensuite, l'objet d'un suivi permanent. « C'est vrai, la France a beaucoup d'intérêts sur la terre et beaucoup de liens au continent pour se tourner spontanément vers la mer. Il lui faut une volonté politique permanente pour aller vers l'océan, pour y projeter une ambition. Je suis venu vous dire que la France devait cesser d'ignorer le formidable destin maritime qui peut être le sien », a déclaré le chef de l'Etat. L'une des mesures très symboliques est l'installation d'un ambassadeur de France à l'Organisation maritime internationale (OMI). « La haute mer est un espace de liberté, mais ne peut être une zone de non-droit. La liberté de la haute mer ne justifie ni la piraterie, ni les navires poubelles, ni la pêche illégale. La présence de la France dans les instances maritimes internationales doit être désormais à la hauteur de ses responsabilités et de son domaine maritime, plutôt que d'abandonner le débat et la décision aux seuls défenseurs des pavillons de complaisance et de la dérégulation systématique ».

Développer les ports

Estimant que la France avait « certainement souffert d'avoir une grande capitale terrestre », Nicolas Sarkozy a réaffirmé sa volonté de faire du Grand Paris une « métropole maritime », en reliant la capitale à ses ports naturels, Rouen et le Havre. La Seine et le développement du transport fluvial, qui lie naturellement les trois villes, sera complétée par une ligne TGV. Cette métropole débouche sur Le Havre, second port français après Marseille, par son trafic. Comme il s'y était engagé en 2007, Nicolas Sarkozy souhaite poursuivre la modernisation des ex-ports autonomes, devenus grands ports maritimes par la loi du 4 juillet 2008. Il s'agit, en premier lieu, d'améliorer l'attractivité de ces places, qui n'ont cessé de perdre, depuis 20 ans, des parts de marché face à leurs concurrents européens. « Il était insensé qu'avec des ports comme le Havre, le premier port d'Europe du Nord touché par les navires venant du reste du monde, et Marseille, le port le mieux placé de Méditerranée pour accéder au centre de l'Europe, la France perde constamment des parts de marché dans le trafic maritime. Insensé, qu'un pays maritime importe les deux tiers de ses conteneurs par des ports étrangers. Insensé, que le trafic mondial de conteneurs augmente chaque année de 10 % et le trafic français de 1 % seulement », rappelle le président. « Les outillages portuaires sont en voie de cession à des opérateurs industriels performants et le commandement sur les quais va être unifié. Un plan d'investissements d'une ampleur inégalée est en cours : 2,4 milliards d'euros d'investissements seront réalisés d'ici 2013, avec un effort de plus de 500 M€ de l'Etat. Nous devons faire les plates-formes multimodales qui sont l'interface mer-fer-fleuve dont nos ports ont besoin. Nous devrons aussi faire, dans les lieux qui s'y prêtent le mieux bien sûr, les terminaux méthaniers qui sont critiques pour la sécurité énergétique européenne, car ils diversifient nos sources d'approvisionnement ». L'objectif, affiché, est de doubler la part de marché des ports français dans les conteneurs, pour la porter à 12 % du marché européen.

Des investissements dans le fluvial et le ferroviaire

Afin d'assurer le développement des ports, des investissements massifs sont aussi confortés dans le domaine fluvial et ferroviaire, complément indispensable pour assurer le transport des marchandises entre les quais et les grands bassins de population situés dans les terres ou loin des ports. « Il n'est pas admissible que le Havre n'évacue que 9 % de ses conteneurs par le fer contre 38 % à Hambourg. C'est une absurdité environnementale mais c'est aussi un frein au développement du Havre. Je veux qu'on leur donne des transports massifiés puissants, rapides et réguliers vers les marchés du centre du continent européen. Ce sont des investissements lourds : il faut réaliser une liaison fret nouvelle vers Paris et vers l'Est de la France. C'est vital pour le Havre. Il faut creuser le canal Seine-Nord-Europe - le premier canal en France depuis la seconde guerre mondiale - pour ouvrir la vallée de la Seine et le Grand Paris, vers l'Europe du Nord ». Le chef de l'Etat a appelé à améliorer la qualité de service des opérateurs de fret ferroviaire, qu'il appelé (citant nommément la SNCF), à se réorganiser. Quant à Réseau Ferré de France, il ne doit « plus supprimer des sillons fret à la dernière minute sans de lourdes pénalités », et « doit enfin prendre des engagements de qualité crédibles ».
Le développement des ports, du fluvial et du ferroviaire est l'une des principales clés permettant d'aboutir aux objectifs fixés, en matière de transports durables, par le Grenelle de l'Environnement. La France souhaite ainsi, d'ici 2022, faire passer la part du transport non-routier de 14 à 25%. « L'un des combats clés se livrera sur le rail et à la sortie de nos grands ports de commerce. Le transport maritime français devra aussi en prendre toute sa part, en particulier grâce aux autoroutes de la mer, auxquelles il faut donner maintenant une réalité ».

Développement durable et pêche responsable

Sur le plan environnemental, Nicolas Sarkozy a affirmé sa volonté de « protéger les ressources naturelles de la mer pour mieux les exploiter de manière durable ». C'est, à ses yeux, la première des orientations stratégiques. L'an dernier, un plan pour une pêche « durable et responsable » a été lancé. « Avant la fin de cette année, 300 millions d'euros auront été consacrés en deux ans au financement d'une pêche pour optimiser la gestion de la ressource halieutique, pour renforcer l'attractivité du secteur de la pêche et favoriser l'installation de jeunes marins, pour favoriser un développement économique durable de la pêche française, et renforcer la sécurité des pêcheurs. Cet effort financier au service d'une pêche durable est sans précédent ». Pour Nicolas Sarkozy : « Je veux une pêche qui fasse vivre dignement les hommes qui la pratiquent. Une pêche qui continue de procurer demain des emplois aux enfants des pêcheurs d'aujourd'hui. Une pêche qui ne soit pas une nostalgie ou une relique du passé. Une pêche qui ne soit plus le métier le plus dangereux du monde, en payant le tribut d'un mort pour mille marins. Le monde de la pêche offre, chaque jour, les plus merveilleux exemples de la solidarité, du courage et du travail humain. Les valeurs de ces hommes continueront longtemps d'inspirer le respect, bien au-delà des ports, du littoral et de nos côtes. Car chacun sait la force et le caractère qu'il faut pour quitter sa famille et s'embarquer à 4h du matin. Je n'accepterai jamais que la pêche disparaisse dans notre pays. C'est précisément pour cette raison qu'il nous faut toujours refuser de laisser disparaître les ressources naturelles de la mer ».

Aires marines protégées : 20% du territoire maritime d'ici 2020

D'ici à 2012, les aires marines protégées devront s'étendre jusqu'à 10% de la zone littorale puis, d'ici 2020, l'objectif est qu'elles atteignent 20% des 11 millions de km² de mers placés sous la souveraineté de la France. « J'escompte que la moitié de cette étendue soit constituée sous la forme de réserves et de cantonnements de pêche à définir avec les pêcheurs, les scientifiques et les acteurs locaux. C'est là que sera préservée la biodiversité marine. C'est là que pourront se reconstituer les ressources qui permettront demain à la pêche de se perpétuer dans notre pays », a affirmé le président. En 2020, le réseau des aires marines devrait, ainsi, protéger plus de 2 millions de km² d'océans et de mers sous souveraineté française. Ce réseau de protection s'étendra aussi bien le long des côtes métropolitaines, notamment en Méditerranée, qu'à travers tout l'outre-mer français : des Antilles, à la Nouvelle Calédonie et à la Polynésie. « Ce que nous allons faire avec cet objectif en matière de protection marine, aucun autre Etat dans le monde ne l'a jamais fait. Cet exemple que la France va donner, ouvrira la voie à un mouvement sans précédent de préservation des océans, de reconstitution des ressources halieutiques et de sauvegarde de tous ceux qui vivent et dépendent chaque jour de la fertilité des mers ».

Mieux connaître les océans

Reconnaissant la méconnaissance encore très grande du milieu marin, aboutissant souvent à des moratoires au nom du principe de précaution, le chef de l'Etat a fait du renforcement de la connaissance scientifique des océans une priorité. « Le principe de précaution, c'est de renforcer puissamment notre expertise scientifique sur l'état des ressources naturelles marines. Nous y consacrerons les moyens nécessaires, j'en prends l'engagement le plus solennel. Je souhaite que notre pays renoue avec une grande politique océanographique, en s'appuyant bien entendu sur le réseau des compétences françaises dans les sciences de la mer, mais sans jamais négliger les initiatives nouvelles, telles que par exemple la constitution d'une station océanique internationale baptisée Sea Orbiter ». Pour Nicolas Sarkozy : « s'il faut mieux connaître, c'est pour mieux gérer. Le temps est venu, je crois, de fonder la totalité de nos décisions publiques de gestion des ressources marines sur la base d'avis scientifiques fiables, indépendants et partagés ». Alors que le ministre de l'Agriculture et de la Pêche a reçu pour mission d'engager les prochaines négociations européennes sur la réforme de la politique commune de la pêche dans le respect des avis scientifiques rendus, la France apportera son soutien à l'inscription du thon rouge à l'annexe de la convention international sur les espèces sauvages, pour en interdire le commerce. « Je me réjouis que le Grenelle de la Mer ait permis d'avancer vers la protection de cette espèce emblématique de la Méditerranée, demandée si longtemps par les scientifiques. Vous le comprenez, je souhaite que nous agissions toujours pour une exploitation raisonnée et écologiquement responsable des ressources marines, y compris les matières premières minérales. La mer peut recéler des gisements considérables de matières premières qui sont une richesse que notre pays ne peut pas négliger en une époque de rareté. Mais la prospection et l'exploitation de ces ressources minérales marines devra toujours s'inscrire rigoureusement dans le cadre du développement durable, ou elle ne se fera pas ».

Cap sur les énergies nouvelles

Durant le discours du Havre, l'accent a également été mis sur le potentiel des énergies marines et renouvelables. « Je crois énormément au potentiel prodigieux des énergies marines. Depuis l'usine marémotrice de la Rance, la France possède une longue expérience, sans équivalent au monde, de ce qu'il faut faire, et aussi de ce qu'il ne faut pas faire sur le plan écologique. M'exprimant sur le défi des énergies renouvelables, le 9 juin dernier, j'ai pris l'engagement d'une parité des efforts de recherche entre le nucléaire et les énergies renouvelables. Cela revient à renforcer de près de 200 M€ par an les moyens de la R&D sur les énergies renouvelables, au premier rang desquelles figurent les énergies marines ». Un effort important devrait être consenti sur les technologies émergentes, comme les éoliennes offshores et flottantes, mais aussi l'énergie de la houle et des courants, l'énergie thermique des mers dans les eaux chaudes ou encore la biomasse marine. La loi découlant du Grenelle de l'Environnement va permettre de faciliter l'installation des équipements. « Il faudra que tous se mobilisent pour réaliser cet investissement majeur, plus de 6000 MW, l'équivalent de 4 EPR. Je souhaite que d'ici le début de l'année prochaine une planification stratégique ait défini les zones de déploiement, afin de sécuriser les projets et de faciliter le raccordement au réseau ».

Une politique industrielle intégrée des métiers de la mer

Afin d'appuyer cette stratégie d'équipement en énergies renouvelables, Nicolas Sarkozy souhaite une « véritable politique industrielle », pour « développer à partir de nos besoins nationaux des filières performantes qui exporteront ensuite nos technologies dans le monde entier. De nombreuses entreprises françaises travaille déjà sur des projets, pourvoyeurs de progrès mais aussi d'emplois. « Voilà pourquoi je souhaite qu'une grande plate-forme technologique soit mise en place sur les énergies marines, avec pour chef de file l'IFREMER. Dans un lieu à déterminer, que j'imagine dans une région littorale, il s'agira de concentrer les moyens de recherche publics et privés, et de valoriser l'innovation au profit des entreprises françaises, les grandes comme les petites. J'attends que cette plateforme technologique unique, qui peut être la première sur le plan mondial, soit constituée d'ici à la fin de cette année ».
Plus largement, le président veut le développement d'une politique industrielle intégrée des métiers de la mer. Construction navale, transport maritime, exploitation portuaire, déconstruction des navires en fin de vie... La France dispose d'importantes compétences et d'un nombre très élevé d'emplois dans ces secteurs. « Nous avons en France deux grands constructeurs navals, les Chantiers de l'Atlantique et DCNS, et nous avons les leaders mondiaux des navires de plaisance. C'est un patrimoine de compétences considérable, aujourd'hui menacé par la violence de la crise économique. Depuis 2004, je me suis employé à préserver cet outil industriel incomparable que représentent les Chantiers de l'Atlantique. Je mettrai demain la même énergie à mobiliser l'ensemble des acteurs navals de notre pays autour d'un programme industriel ambitieux de conception et de construction des navires du futur plus sûrs et plus économes. Dans un contexte de prix durablement élevés de l'énergie, de forte pression à la réduction des émissions de CO2 et de limitation très stricte de tous les impacts sur l'environnement, la marine marchande du monde entier va devoir profondément s'adapter. Il y a là une position concurrentielle stratégique à conquérir pour nos industriels. C'est aussi le rôle de l'Etat de créer les conditions du succès d'une telle entreprise ».

Une école supérieure de formation maritime

Des chercheurs, de bateaux, des ports, des chantiers... Mais aussi des hommes. En France, le secteur maritime représente plus de 300.000 emplois directs. Les métiers y sont très diversifiés et souvent très qualifiés. Pour Nicolas Sarkozy, cette richesse humaine doit être préservée et développée. « La France ne pourra rester une puissance maritime sans les gens de mer, sans ces hommes et femmes courageux qui ont la passion de la mer et en font leur métier. Pêcheurs, marins de commerce ou de combat, douaniers, capitaines, pilotes, mécaniciens, océanographes, nous avons besoin de vous, nous avons besoin de votre engagement, de vos compétences, de votre amour de la mer ». Pour conserver ses compétences, entretenir et faire émerger des vocations, l'outil de formation est indispensable. Le président est, à ce titre, revenu sur la nécessaire évolution des écoles de la marine marchande. « Est-il fatal que notre pays continue de disperser et de cloisonner son effort de formation aux métiers maritimes au travers de quatre écoles de la marine marchande et d'une école des Affaires maritimes ? Ma conviction, c'est que la France doit avoir une école supérieure de formation maritime, qui donnera accès à un diplôme de haut niveau, un diplôme d'ingénieur de la mer qui n'existe pas à présent, et qui valorisera ces spécialités difficiles et si nécessaires ».

Action de l'Etat en mer : Création d'une fonction « garde-côtes »

La mer, lieu d'échanges commerciaux et d'exploitation, est aussi un espace qui doit être maîtrisé et surveillé. Piraterie, narcotrafic, pêche illégale, accidents, pollutions... Les menaces et les risques y sont nombreux et se développent. L'Elysée souhaite, par conséquent, renforcer l'action de l'Etat en mer. « Il est peu d'endroits où sa présence est plus indispensable.
Le cadre actuel de l'action de l'Etat en mer remonte aux lendemains de la catastrophe de l'Amoco- Cadiz en 1978. Il reste, je crois, bien adapté au temps de crise et aux missions de sauvetage. Pourtant, la coopération entre la Marine nationale, les Douanes, la Gendarmerie et les Affaires maritimes, qui interviennent toutes en mer, pourrait être fortement améliorée pour mieux assumer des missions qui montent aujourd'hui en puissance : la lutte contre les pollutions, le combat contre la pêche illégale, la sécurité du transport maritime, la lutte contre l'immigration clandestine outremer et contre les narcotrafics ». Pour y parvenir, Nicolas Sarkozy a annoncé la création d'une fonction « garde-côtes », destinée à organiser la mutualisation des moyens humains et matériels de toutes les administrations de l'Etat intervenant sur la mer et le littoral, sous l'autorité des Préfets maritimes en métropole et des préfets de zone de défense Outre-Mer.

Les administrations ne seront pas fusionnées

Il n'est, toutefois, pas question de fusionner les différentes administrations et d'en faire un corps de Coast Guards à la française. L'idée, plusieurs fois évoquée, a été repoussée à la lumière de la réalité. Le système français a fait ses preuves et est efficace, malgré son aspect complexe et l'intervention de différentes administrations. « Chacune possède sa spécificité et son savoir-faire. Mais ce qui a fonctionné, dans le domaine de la sécurité intérieure pour les GIR, où il s'agissait aussi de faire travailler ensemble des administrations qui jusque là s'ignoraient, doit pouvoir être organisé dans cet espace si spécifique et si exigeant qu'est la mer. Les moyens navals et aériens sont des équipements indispensables mais terriblement coûteux pour le contribuable. En mutualisant les moyens matériels et les hommes, nous nous donnerons les marges pour renforcer au total l'effort de l'Etat sur la surveillance du littoral et des mers, dans la profondeur », estime le chef de l'Etat, qui souhaite que la lutte contre la pollution soit une « priorité absolue » pour la fonction « garde-côtes ». En plus de l'arsenal légal du paquet européen Erika III, il est proposé de développer la recherche sur les techniques de marquage des hydrocarbures, ce qui permettrait de connaître l'identité des pollueurs. La future fonction garde-côtes devra, aussi, lutter plus activement contre la pêche illégale, sur mer et à l'arrivée des produits à terre. « Le contrôle du respect des règles des pêches est une question de crédibilité internationale de notre pays. C'est aussi et avant tout, je le comprends, une véritable question de confiance tant pour les pêcheurs que les défenseurs de la nature. Lorsque les règles sont rigoureuses pour tous, il est moins admissible encore que certains parviennent à s'en exonérer. Il n'y aura aucune faiblesse à l'égard de la pêche illégale qui écume nos océans ».

Une action à tous les échelons

Face aux vastes immensités océaniques et la liberté offerte par les mers, une politique maritime ne peut, pour être efficace, rester l'affaire d'un seul pays. Les actions doivent, ainsi, être menées largement, à l'échelle de la France, de l'Europe, et de la communauté internationale. L'adoption du paquet Erika III en est un exemple, tout comme la volonté de la France de s'impliquer plus avant dans l'OMI. « La mise en oeuvre de notre ambition maritime nécessite finalement des actions à tous les niveaux », note le chef de l'Etat, qui cite par exemple les possibilités offertes par l'Union pour la Méditerranée, lancée il y a un peu plus d'un an. Il s'agit là d'un cadre régional où les pays participant ont manifesté leur volonté de protéger les fonds marins, développer les autoroutes de la mer ou encore renforcer la sécurité maritime. « Le 25 juin dernier, la réunion ministérielle de l'UPM a permis d'identifier plus de 100 projets permettant de réduire la pollution en Méditerranée. A l'instar de ce que nous ferons avec le Livre bleu de la stratégie maritime française, c'est une stratégie maritime méditerranéenne intégrée qu'il faut à présent définir. Pour avancer sur cette voie, la France appellera à la réunion des ministres en charges des affaires maritimes de l'UPM dès 2010 ».
Sur un plan plus large, le nouvel ambassadeur de France à l'OMI aura comme mission première de poser la question de l'institution d'une police des eaux internationales destinée « à garantir le respect des règles essentielles à la préservation de ce patrimoine universel que sont les océans ». Longtemps réclamée par les professionnels du secteur maritime, un renforcement de l'action française dans les instances internationales est essentiel. Et Nicolas Sarkozy semble l'avoir compris : « Les océans sont l'exemple même d'un bien commun à l'humanité, que nous ne pourrons gérer durablement que dans un cadre mondial renforcé ».