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Une trentaine de bâtiments de guerre déployés au large de la Libye

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Une trentaine de bâtiments de guerre déployés au large de la Libye

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C'est une imposante armada internationale qui s'est rassemblée, ces derniers jours, au large des côtes libyennes. De sources militaires, on comptait hier une trentaine de bâtiments sur zone, du patrouilleur au porte-avions en passant par le sous-marin et la frégate. Trois pays concentrent le gros des effectifs. D'abord la France, dont le groupe aéronaval (TF 473) compte le porte-avions Charles de Gaulle (embarquant 8 Rafale, 6 SEM, 2 Hawkeye et des hélicoptères), les frégates Forbin, Jean Bart, Dupleix et Aconit, ainsi qu'un sous-marin nucléaire d'attaque et le pétrolier ravitailleur Meuse, qui arrive de Toulon. Les Etats-Unis sont également présents en force, avec le porte-hélicoptères d'assaut USS Kearsarge (embarquant notamment des AV-8B Harrier II), le transport de chalands de débarquement USS Ponce et plusieurs bâtiments d'escorte, dont les destroyers lance-missiles USS Stout et USS Barry. Un ou plusieurs sous-marins américains naviguent aussi probablement dans le secteur.

L'Andrea Doria  (© : MARINA MILITARE)
L'Andrea Doria (© : MARINA MILITARE)

Les Italiens envoient un groupe aéronaval

L'Italie, voisine directe de la Libye, a également déployé les grands moyens. Le 19 mars, le Garibaldi a appareillé de Tarente pour rejoindre la zone d'opérations. Le porte-aéronefs, qui embarque 8 avions AV-8B Harrier II et 5 hélicoptères (3 AW-101 et 2 AB-212), est accompagné des frégates Andrea Doria (du type Horizon comme le Forbin) et Euro. Dans le détroit de Sicile, la marine italienne a également positionné le pétrolier-ravitailleur Etna, alors que le patrouilleur Borsini croise au large de Libye avec le SNMG 1, l'une des deux forces navales de l'OTAN. La présence du SNMG 1 explique d'ailleurs que l'on trouve dans le secteur des navires provenant du Canada, de la Pologne ou encore de la Turquie.
Alors que la France, les Etats-Unis et l'Italie concentrent 60% des moyens navals et 100% des avions embarqués, d'autres pays ont sur zone des bâtiments, impliqués à des degrés divers dans les opérations (assaut depuis la mer, contrôle aérien, protection du trafic maritime, mise en place de l'embargo sur les ventes d'armes, prévention de l'immigration clandestine...). C'est le cas de l'Allemagne, de la Belgique, de la Russie et, bien entendu, de la Grande-Bretagne. Cette dernière dispose sur zone des frégates HMS Westminster et HMS Cumberland. Au moins un sous-marin de la Royal Navy était également présent le week-end dernier (et s'y trouve sans doute encore) puisque Londres a annoncé avoir participé au premier raid de missiles de croisières Tomahawk lancé contre les forces fidèles au colonel Kadhafi. Or, les Britanniques ne mettent en oeuvre cette capacité que depuis leurs sous-marins nucléaires d'attaque. En fait, ces tirs ont été effectués par le HMS Triumph.

Un Hawkeye du Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)
Un Hawkeye du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

Cinquième jour d'opérations aériennes

Hier, au cinquième jour d'intervention en Libye, les forces de la coalition ont, plus particulièrement, ciblé les blindés des fidèles du régime de Tripoli, avec pour objectif de faire reculer les forces progressant dans les zones tenues par les rebelles. Des frappes aériennes sont notamment intervenues aux alentours d'Ajdabiya, Misrata et Zaouia. A cette occasion, des véhicules ont été détruit et une forte explosion était provenant d'une base de l'armée de terre libyenne située à une trentaine de kilomètres à l'Est de Tripoli était entendue en fin de journée. Alors que la zone d'exclusion aérienne est en place depuis dimanche, on indiquait hier, à la Royal Air Force, que l'aviation libyenne «n'existe plus comme force de combat».
Côté français, les avions de l'armée de l'Air participant à l'opération Harmattan ont été déployés, hier, depuis les bases de Solenzara et Saint-Dizier. Des Rafale et Mirage 2000D ont mené des missions de reconnaissance et d'appui mais, selon l'Etat-major des Armées, n'ont réalisé aucun engagement contre les forces du colonel Kadhafi au cours leurs missions. Trois avions ravitailleurs C135 et un avion de détection et de contrôle E3-F ont aussi été engagés. Concernant l'aéronautique navale, qui a mené lundi sa première mission depuis le Charles de Gaulle, deux Rafale Marine ont effectué hier une mission de reconnaissance au dessus de la Libye, soutenus par des Rafale « nounous » chargés de les ravitailler en vol. De plus, deux Super Etendard Modernisés (SEM) ont également été catapultés pour effectuer une mission de contrôle de l'espace aéromaritime. Ces deux missions ont bénéficié des capacités de détection et de commandement aéroportés d'un avion de guet aérien embarqué Hawkeye.

Sur le pont du Charles de Gaulle  (© : MARINE NATIONALE)
Sur le pont du Charles de Gaulle (© : MARINE NATIONALE)

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