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Une troisième FREMM à Toulon dès cet été

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La composante méditerranéenne de la Force d’Action Navale n’aura pas à attendre la succession des Cassard et Jean Bart pour être dotée d’une frégate multi-missions (FREMM) supplémentaire. Après avoir accueilli en 2016 et 2017 deux premiers bâtiments de ce type, le Languedoc et l’Auvergne, Toulon va s’enrichir dès cette année d’une troisième FREMM. Il s’agit de la Provence, basée depuis sa livraison en 2015 à Brest et qui va donc changer d’affectation. Son transfert vers la rade varoise est prévu cet été, ce départ étant compensé sur la façade atlantique par la livraison de la Bretagne, que la Marine nationale réceptionnera à la fin du printemps.

Cinquième FREMM française, la Bretagne rejoindra à Brest l’Aquitaine, tête de série du programme, ainsi que les trois dernières frégates anti-sous-marines du type F70 ASM, les Primauguet, La Motte-Picquet et Latouche-Tréville, qui ne devraient être retirées du service qu’entre 2019 et 2022.

 

Le Jean de Vienne, dernière unité du type F70 ASM de Toulon (© MARINE NATIONALE)

 

A Toulon, après le désarmement du Montcalm l’an dernier, c’est l’ultime F70 ASM varoise, le Jean de Vienne, qui devrait prendre sa retraite cette année. D’où, en partie, le repositionnement de la Provence, qui verra au passage son nom mieux correspondre à son lieu d’affectation. C’est d’ailleurs initialement ce que la marine avait prévu. Au début du programme, la Provence devait en effet être la troisième FREMM livrée à la flotte française après l’Aquitaine et, normalement, la Normandie, toutes les deux prévues pour Brest. Une première Normandie fut mise sur cale mais, pendant sa construction, a été vendue au Maroc, devenant en 2014 le Mohammed VI. Son nom français a donc été transféré à la coque suivante, qui a pris la mer en tant que Normandie mais a finalement connu la même destinée. Juste avant sa livraison à la Marine nationale, elle fut acquise par l’Egypte et renommée Tahya Misr. La Provence étant alors déjà en achèvement à flot et la marine souhaitant expérimenter sa première paire de FREMM dans la même base, Brest étant prioritaire en matière de lutte anti-sous-marine, la frégate au nom du sud s’est retrouvée dans un premier temps à la pointe Bretagne.

 

La Provence (© MARINE NATIONALE)

 

Quant à la Normandie, le nom a été réattribué à la sixième unité de la série, qui sera mise à l’eau en ce début d’année par le site Naval Group de Lorient. Elle devrait être réceptionnée par la FAN à l’automne 2019 et aura pour port d’attache Brest, où elle remplacera logiquement le Primauguet.

Restera à assurer le remplacement des La Motte-Picquet et Latouche-Tréville. Certes, deux FREMM restent à construire, les Alsace et Lorraine, mais il s’agit de celles bénéficiant de moyens de défense aérienne renforcés. Des capacités qui leur permettront de succéder en 2021 et 2022 aux frégates antiaériennes Cassard et Jean Bart (type F70 AA), basées à Toulon, où se trouvent aussi les frégates de défense aériennes (FDA) Forbin et Chevalier Paul, mises en service en 2010 et 2011.  

Il restera donc à voir comment la Marine nationale organisera alors ses effectifs, sachant que d’importants moyens de lutte anti-sous-marine doivent demeurer à Brest afin d’assurer la sûreté de la Force océanique stratégique et faire face au regain d’activité des sous-marins russes.

 

Vue des futures FTI (© NAVAL GROUP)

 

Une FREMM pourrait donc être renvoyée en Bretagne au début de la prochaine décennie. Toutefois, les futures frégates de taille intermédiaire (FTI), dont la tête de série est prévue pour être livrée fin 2023, constitueront aussi une solution. Appelées à remplacer les frégates du type La Fayette (toutes basées à Toulon), les FTI seront en effet équipées de solides capacités ASM. De plus, il serait assez logique de concentrer un nombre plus important de FREMM à Toulon puisque ce sont les seuls bâtiments de surface français à être équipés de missiles de croisière (MdCN). Un armement dont les FTI ne seront pas pourvues (pas plus normalement que les FDA) et dont les probabilités de mise en œuvre les plus importantes se trouvent aujourd’hui en Méditerranée et au Moyen-Orient. Même si les bâtiments de la Marine nationale ne sont pas exclusivement cantonnés aux régions dans lesquelles ils sont basés, c’est sans doute aussi l’une des raisons du repositionnement de la Provence. Car cela permettra à la flotte française de muscler ses moyens de coercition à « proximité » des principales zones de tension. Des théâtres sur lesquels, avec trois FREMM à Toulon et d’éventuels renforts brestois, il sera possible de déployer, sinon en permanence, du moins beaucoup plus régulièrement des unités lourdes à même de réaliser des frappes en profondeur contre des objectifs terrestres.

 

Tir d'un MdCN depuis la FREMM Aquitaine (© DGA)

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