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US Navy : Le rapport sur les accidents des destroyers Fitzgerald et John McCain

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US Navy : Le rapport sur les accidents des destroyers Fitzgerald et John McCain

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Un rapport du département des opérations navales de l’US Navy sur les collisions mortelles des destroyers du type Arleigh Burke USS Fitzgerald et USS John McCain, survenues en juin et en août, vient de paraître. Ces analyses montrent, dans chaque cas, que ces accidents ont pour origine des erreurs humaines et des déficits de compétences dans les équipages américains, notamment en matière de connaissance des règles nautiques.

L’USS Fizgerald est entré en collision avec le porte-conteneurs philippin ACX Crystal dans la nuit du 17 juin 2017 au large de Tokyo, alors que la mer était calme et la visibilité excellente. Le bâtiment navigue à 20 nœuds et se trouve en approche du dispositif de séparation de trafic de Mikomoto Shima. Aucun officier supérieur ne se trouve à la passerelle. Alors que le navire s’approche du couloir du DST, il se trouve rapidement en situation d’anti-collision, avec trois navires venant à droite dans son CPA (closest point of approach – rayon d’approche immédiate). L’officier de quart note la présence de ces navires, en parle avec un jeune adjoint, mais confond le Crystal avec un autre navire. Aucune manœuvre n’est engagée, la vitesse est maintenue et aucune communication radio avec les navires à proximité, notamment le Crystal n’est menée. Le commandant n’est pas prévenu. La collision provoquera la mort de sept marins américains.

Les conclusions de l’enquête nautique sont sans appel : « niveau insuffisant de connaissance des règles nautiques internationales », « une équipe de veille ne connaissant pas les fondamentaux de l’utilisation du radar », « une vitesse inappropriée compte tenu du trafic alentours », « une veille visuelle effectuée uniquement sur bâbord ». L’enquête met également en évidence que l’équipe de quart ne connaissait pas l’existence d’un dispositif de séparation de trafic et qu’ils n’utilisaient pas l’AIS.

L’USS John McCain est quant à lui entré en collision dans la nuit du 21 août dernier avec le chimiquier libérien Alnic MC dans le détroit de Singapour. Le navire s’apprêtait à rejoindre le mouillage après une mission de routine. Au moment de l’accident, le commandant du bâtiment se trouve à la passerelle, une procédure normale en raison de la manœuvre en eaux resserrées et l’entrée dans le dispositif de séparation de trafic de Singapour.

Le commandant remarque que le timonier a du mal à tenir son cap et sa vitesse. Il demande alors à renvoyer les commandes de la machine sur une autre console pour assister le timonier. L’ordre n’est pas bien saisi et une certaine confusion s’en suit. Au lieu de simplement renvoyer les commandes de la machine, c’est l’ensemble des commandes qui est renvoyé sur l’autre console.

Le timonier ne comprend pas ce qu’il se passe et informe le commandant qu’il n’a plus le contrôle du cap du navire. Le commandant demande alors de réduire la vitesse à 10 puis 5 nœuds. Là encore, nouvelle confusion, les commandes des deux arbres sont découplées : alors que le bâbord ralentit, le tribord continue à tourner à 20 nœuds pendant plus d’une minute.

Ce facteur, combiné au fait que le transfert des commandes du gouvernail a amené une déviation de la route vers la gauche, provoque un important virage vers la gauche. Personne ne comprend réellement la situation et la collision intervient sans qu’aucune communication n’ait pu être effectuée vers l’Alnic. Dix marins de l'USS John McCain périssent dans l’accident.

Le rapport d’enquête relève que quatre personnes différentes ont été impliquées dans les différentes manœuvres à la passerelle. Plusieurs d’entre elles étaient en affectation provisoire sur le bâtiment : normalement assignées à un autre navire, le croiseur USS Antietam (type Ticonderoga), elles n’étaient pas familières des instruments du destroyer et de la configuration de sa passerelle.

Les enquêteurs constatent que « plusieurs hommes de quart n’avaient pas le niveau de connaissance basique des instruments de la passerelle » et que compte-tenu de l’état du trafic, il aurait sans doute fallu mettre des personnes plus qualifiées à la barre et à la gestion de l’allure. Ils relèvent également que le commandant n’avait pas mis en place la procédure d’arrivée à temps et que la plupart des personnes présentes en passerelle n’avaient pas suivi le briefing navigation.

 

US Navy / USCG