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US Navy : Premiers tests pour les catapultes électromagnétiques

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US Navy : Premiers tests pour les catapultes électromagnétiques

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C’est l’une des grandes innovations dont bénéficiera l’USS Gerald R. Ford (CVN 78), premier d’une nouvelle génération de porte-avions américains. Le bâtiment, actuellement en achèvement, a réalisé le 15 mai une première série de tests avec ses catapultes électromagnétiques. Menés avec succès selon l’US Navy, ces essais, qui se sont déroulés sans avion ou charge, avaient pour but de valider l’intégration des nouveaux équipements. « Pour la première fois en 60 ans, nous avons réalisé 22 tirs en utilisant la puissance électrique et non de la vapeur », explique le contre-amiral Tom Moore, chef du programme des nouveaux porte-avions américains.

Grâce à la technologie électromagnétique, qui va donc remplacer les traditionnelles catapultes à vapeur, l’EMALS (Electromagnetic Aircraft Launch System) doit permettre d’améliorer significativement la maintenance des équipements, accroître leur fiabilité et leur efficacité, mais aussi bénéficier d’une puissance de lancement accrue et un contrôle plus précis de la vitesse en bout de course. Grâce à une accélération plus progressive et linéaire, l’US Navy estime par ailleurs que l’EMALS engendrera moins de contraintes sur les avions.

S’il n’y a plus besoin de produire de la vapeur pour faire fonctionner les catapultes, le nouveau système nécessite toutefois une puissante énergie. C’est pourquoi la capacité de production électrique de l’USS Gerald R. Ford est 2.5 fois supérieure à celle des porte-avions américains actuellement en service. Concrètement, les générateurs du bâtiment produisent une impulsion électrique qui passe dans un convertisseur de puissance avant d’alimenter des moteurs spécifiquement conçus pour le catapultage, qui sont intégrés sous le pont d’envol. Lors des tests, ces moteurs ont permis de propulser le chariot de la catapulte, sur lequel le train de l’avion sera fixé, à une vitesse de plus de 180 nœuds.

 

Porte-avions du type CVN 21 (© HII)

Porte-avions du type CVN 21 (© HII)

 

La prochaine phase d’essais de l’EMALS sur le CVN 78 est prévue cet été. Cette fois, les ingénieurs et marins américains effectueront des catapultages avec des charges, qui simuleront la masse des avions. Ces poids roulants de plus de 36 tonnes seront lancés sur chacune des quatre catapultes dont est équipé le porte-avions.  

Baptisé le 9 novembre, 7 ans après le début de sa construction au chantier Huntington Ingalls Industries de Newport New, en Virginie, l’USS Gerald R. Ford est aujourd’hui achevé à 90%. Alors que 1550 marins sont en cours de formation, la livraison du bâtiment à l’US Navy est prévue en mars 2016. Il devrait être pleinement opérationnel d’ici 2018.

 

Porte-avions du type CVN 21 (© HII)

Porte-avions du type CVN 21 (© HII)

 

D’un coût de 12.8 milliards de dollars selon les dernières estimations, dont 4.7 milliards pour les études, le nouveau porte-avions, réalisé dans le cadre du programme CVN 21, remplacera l’USS Entreprise, désarmé fin 2012. Ses sisterships assureront ensuite la succession des unités de la classe Nimitz. Le futur USS John F. Kennedy prendra ainsi la relève, en 2022, de l’USS Nimitz (CVN 68), ce dernier ayant alors 47 ans. Puis viendra le tour de l’USS Dwight D. Eisenhower (CVN 69), qui date de 1977 et sera désarmé à l’âge de 50 ans, durée de vie maximale prévue pour ces porte-avions.

Présentant un gabarit équivalent à celui de leurs aînés, les CVN 21 sont des bâtiments de 332.8 mètres de long pour 80.8 mètres de large, leur déplacement devant atteindre environ 100.000 tonnes en charge. Armés par 4660 marins, groupe aérien compris, les bâtiments pourront mettre en œuvre 75 avions, drones et hélicoptères. Grâce aux performances attendues des catapultes électromagnétiques, mais également à une réorganisation complète des flux à bord, ils devraient pouvoir réaliser 160 sorties quotidiennes, contre 120 pour les porte-avions actuels.

Côté propulsion, les CVN 21, qui pourront dépasser la vitesse de 30 nœuds, s’appuieront sur deux nouveaux réacteurs nucléaires conçus pour fonctionner pendant toute la durée de vie des bâtiments (50 ans), alors que ceux des Nimitz doivent être rechargés au bout de 23 ans, nécessitant une très longue immobilisation. 

US Navy / USCG