Histoire Navale
Vanikoro : Le Journal de bord de l'amiral François Bellec

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Vanikoro : Le Journal de bord de l'amiral François Bellec

Histoire Navale

Celà fait bientôt trois semaines que le Dumont d'Urville est arrivé à Vanikoro afin de percer le mystère de la disparition, en 1788, de plus de 200 marins et scientifiques français emmenés par le comte de La Pérouse. Chaque jour, l'amiral François Bellec, écrivain et historien de marine, spécialiste de l'histoire de l'expédition rédige le journal de bord de l'expédition. A lire quotidiennement sur le site www.operationlaperouse2008.com et aujourd'hui sur Mer et Marine.

Vanikoro, lundi 6 octobre

La Boussole s'est remise à parler, et le Dumont d'Urville à sourire. Dès le retour de la première palanquée, les menus trésors se sont déposés sur la table installée sous la tente qui prolonge les Algeco de l'Association Salomon sur le pont milieu. Une boîte ovale en porcelaine de Nankin provenant de Macao. Il manque son couvercle, mais Véronique Proner sait où il est: dans les réserves du Musée de l'histoire maritime de Nouvelle-Calédonie. Il a été trouvé en 2003. Une médaille commémorative montrant les profils de Louis XVI et de Marie-Antoinette. Un maillet percuteur en pierre de la culture des Indiens Tlingit d'Alaska. Un grenat de la taille d'une grosse cerise. Ce sont des mobiliers connus des habitués de Vanikoro, et c'est justement ce qui les réjouit. Les plongeurs ont retrouvé la strate archéologique exactement là où ils l'avaient quittée le 10 mai 2005. D'heure en heure, le mobilier de fouilles s'est enrichi d'une garde d'épée, d'une casserole, de débris de formes et de métaux divers dont l'origine possible torture les méninges autour de Robert Veccella, l'archéologue du GRAN. Gilbert Castet a mis en garde les plongeurs contre l'excès d'enthousiasme qui les dope brusquement. La faille reste un site sous-marin potentiellement dangereux. A terre, Jean-Christophe Galipaud cherche toujours à matérialiser le tracé de la palissade ou de la lisière du camp des Français dont il a le plan en tête, depuis neuf ans qu'il s'est attaqué aux recherches terrestres et a trouvé les premières preuves confirmant la tradition orale. Des mélanésiens creusent des fosses rectangulaires bien nettes, partout où la géophysique a détecté quelque chose à travers le limon. Savent-ils dans leur tête que nous ne cherchons pas un trésor mais un signe ténu, une emprei