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Vendée Globe : Les leaders à mi-course

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Vendée Globe : Les leaders à mi-course

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Quarante-troisième jour de mer et c'est la mi-course pour les leaders du Vendée Globe. Mais les solitaires ont encore un long chemin à parcourir puisque devant les étraves des premiers bateaux, plus de 11.500 milles restent à parcourir avant le retour aux Sables d'Olonne. Premier à pénétrer dans l'océan Pacifique, Michel Desjoyeaux, sur Foncia, menait hier soir la flotte devant Roland Jourdain (Veolia Environnement), Sébastien Josse (BT) et Jean Le Cam (VM Matériau). Les quatre skippers se tenaient sur 200 milles, loin devant les autres concurrents (Armel Le Cléac'h, en cinquième position, pointait à près de 500 milles du leader).
Alors que le Vendée Globe en est à mi-parcours, les organisateurs dressaient hier soir le bilan d'une semaine très mouvementée. Récit par Patrice Carpentier :

Les semaines se suivent et souvent se ressemblent dans les mers australes. Dimanche dernier, nous dressions un lourd bilan des 7 jours écoulés avec plusieurs abandons à la clé. Cette fois encore, la course a connu son lot de déconvenues. La première fut le dérapage tragique du voilier de Bernard Stamm sur les cailloux de la baie du Morbihan alors que le Suisse venait se mettre à l'abri des Kerguelen pour tenter de réparer son appareil à gouverner. Fort heureusement, le bateau endommagé sur bâbord fut sorti de la sordide impasse le lendemain et put être chargé démâté sur le pont du Marion Dufresne en partance pour La Réunion. Et, au moment où l'étonnant Stamm achève la délicate manutention sur le bateau des TAAF, on apprend que Jean-Pierre Dick qui caracolait en tête de la flotte depuis 8 jours a heurté un objet non identifié.

Avarie de safran pour JP Dick

Dans le choc qui s'est produit à plus de 20 noeuds de vitesse, l'attache du safran tribord au bateau s'est fendue. Le skipper de Paprec-Virbac 2 doit lever le pied pour naviguer à plat, safran bâbord immergé. Pour solidariser durablement le gouvernail tribord, il lui faut réaliser un insert le boulonner au tableau arrière et y rapporter la tête de gouvernail : une opération de longue haleine pour un navigateur solitaire et qui lui fait perdre un temps énorme. De la place de premier dimanche dernier, il évolue ce matin à 965 milles du leader en 7ème position. Hier, samedi Paprec-Virbac 2 était repassé en mode régate mais sans forcer sur le safran tribord, car le tableau arrière auquel est fixé désormais le gouvernail n'est pas conçu pour ça et ce matin encore Jean-Pierre s'efforçait de diffuser les contraintes à l'aide de cordages.

Golding prend la tête, puis démâte

Dans la nuit de lundi à mardi (heure de Paris), Mike Golding a vite fait de dépasser Dick handicapé et s'empare du commandement des opérations à l'issue d'une journée «à faire péter les compteurs de vitesse». Michel Desjoyeaux signe la meilleure performance depuis le départ des Sables d'Olonne avec 466.5 milles accomplis en 24h, à plus de 19 noeuds de moyenne (et à 2 milles du record absolu détenu par Thomson). Le skipper de Foncia est dans le sillage du Britannique... qui démâte mardi matin : «J'étais sur le pont quand un grain est arrivé, avec 55 noeuds de vent. J'étais depuis 2 heures sous grand-voile 2 ris et reacher», racontera plus tard l'infortuné Golding... «En fait, c'est comme si c'était passé de la tempête à l'ouragan et le mât n'a pas apprécié du tout. J'étais en train de mettre ma veste de ciré quand le bateau est parti au lof. J'ai entendu un grand «bang» et immédiatement, je me suis précipité à l'intérieur en attendant que le bruit cesse. Tout le gréement était par terre, il ne restait pas un seul morceau». L'incident s'est produit à plus de 1 000 milles de la terre australienne la plus proche. En ce mardi 16 septembre, 37ème jour de course, Michel Desjoyeaux, auteur d'une formidable remontée après son re-départ des Sables d'Olonne, prend alors la tête de la course... et la conserve depuis.

Yann Eliès se casse la jambe

Jeudi matin, 18 décembre dans la matinée, le PC course est informé que Yann Eliès est sévèrement blessé à la jambe droite. Alors qu'il manoeuvrait une voile à l'avant, son bateau s'est arrêté brutalement en percutant une vague. Dans le choc, Yann, projeté contre le balcon, a ressenti une douleur très vite. Il a regagné le cabine en rampant sur le pont et a contacté le docteur Jean-Yves Chauve qui a diagnostiqué une très probable fracture du fémur (fracture confirmée par la suite ainsi que des côtes cassées). Le navigateur qui ne pouvait plus se déplacer a mis son bateau à la cape (il était alors sous trinquette et grand-voile arisée) en actionnant le pilote automatique et il a demandé â être évacué. Le soir même, la frégate HMAS Arunta, capable d'atteindre 30 noeuds, quittait Perth en direction du Generali situé à plus de 800 milles dans le sud. De son côté le PC course avait demandé dès le matin à Marc Guillemot (Safran), situé à 100 milles dans le sud de Yann Eliès de se détourner en direction de Generali ainsi que Samantha Davies se trouvant nettement plus loin dans l'ouest. La présence de Marc sur zone ainsi que les échanges entretenus par VHF entre les deux marins ont soulagé la peine d'Eliès sur le plan psychologique et aussi efficacement au plan médical quand Yann a réussi à saisir un peu de nourriture et surtout des anti-douleurs en attendant le secours des Australiens. La jonction entre la frégate et Generali s'est opérée plus tôt que prévu samedi. Le vent avait molli mais il y avait encore une forte houle résiduelle. Yann a été débarqué dans une civière à bord d'un semi-rigide puis conduit sur l'Arunta en station juste à côté. Opération de sauvetage réussie ! Deux hommes de l'équipe de Generali devaient ces jours prochains rallier le voilier à la dérive, mais toujours localisé, et le ramener à bon port.