Disp POPIN non abonne!
Défense
ABONNÉS

Actualité

Vente de deux La Fayette au Brésil : la marine française dément

Défense

Un projet de vente au Brésil des deux frégates françaises du type La Fayette (FLF) qui ne seront pas modernisées a été évoqué fin octobre par la presse sud-américaine. Celle-ci faisait état de propositions qui auraient été soumises à la délégation brésilienne venue au salon Euronaval. Une idée qui paraissait assez crédible, pourvu que les bâtiments soient également modernisés, avec par exemple des équipements provenant des frégates antiaériennes Cassard et Jean Bart, qui seront retirés du service entre 2019 et 2021. On pouvait évidemment penser au remplacement du système surface-air Crotale par des deux systèmes Sadral et éventuellement celui du radar DRBV-15C par le SMART-S récemment installé sur les vieilles FAA de la flotte française. Et pourquoi pas, comme cela va être le cas sur les trois FLF qui vont être refondues, l’ajout d’un sonar de coque.

Sauf qu’il n’y a aucun projet de vente des deux frégates du type La Fayette, indique-t-on au ministère des Armées. Sollicité sur cette question par Mer et Marine, l’état-major de la Marine nationale est très clair : « Il n’y a absolument rien de tel en projet, c’est une information que nous démentons. Les deux frégates du type La Fayette qui ne vont pas être rénovées seront désarmées à partir de 2026 ».

Compte tenu du désarmement à venir des dernières frégates anti-sous-marines du type F70, la Marine nationale a, en effet, besoin de maintenir jusqu’au bout ces deux bâtiments afin de conserver un format de 15 frégates de premier rang. Cela, jusqu’à ce que les premières unités du programme FTI soient parfaitement opérationnelles. En l’état, la tête de série des cinq futures frégates de taille intermédiaire verra sa construction débuter fin 2019 sur le site Naval Group de Lorient, en vue d’une livraison pour l’heure prévue fin 2023. Or, la marine française est évident prudente car les plateformes de nouvelle génération nécessitent souvent de longues phases de mise au point, en particulier pour le prototype. Cela avait été le cas pour l’Aquitaine, première unité du programme FREMM, livrée en novembre 2012 mais dont l’admission au service actif n’a été prononcée qu’en décembre 2015. La marine se donne donc jusqu’en 2026 pour aboutir à l’ASA de la première FTI, qui intègrera de nombreuses innovations, comme de nouveaux systèmes électroniques - dont le premier radar plaques français - ainsi qu’une architecture informatique de nouvelle génération.

La date de 2026 coïncide logiquement avec celle du retrait du service de la première La Fayette, la seconde unité de ce type devant tirer sa révérence l’année suivante lorsque la deuxième FTI sera opérationnelle. Et, toujours de manière très cohérente, 2027 sera aussi l’année correspondant à la fin de vie des missiles Crotale les plus récents.

Pour mémoire, les FLF sont des bâtiments de 125 mètres de long pour 15.4 mètres de large et 3600 tonnes de déplacement en charge. Le La Fayette a été mis en service en 1996, le Surcouf et le Courbet en 1997, l’Aconit en 1999 et le Guépratte en 2001.

Trois de ces bâtiments vont donc bénéficier d’un programme de modernisation appelé RMV (rénovation à mi-vie) et acté par la nouvelle loi de programmation militaire. On ne sait pas encore quelles frégates en bénéficieront, la décision finale devant être prise prochainement. Logiquement, il devrait s’agir des plus récentes, avec dans ce cas un choix à faire entre la seconde (Surcouf) et la troisième (Courbet), entrée en flotte la même année. Mais au-delà de l’âge, ce qui compte avant tout et déterminera le choix des lauréats à la modernisation, c’est l’état général de chaque navire, notamment sur le plan structurel, son potentiel et sa capacité à durer encore une dizaine d’années. Cela, alors que les FLF ont depuis leurs débuts énormément navigué, en particulier en eaux chaudes.

Les travaux seront conduits en 2020, 2021 et 2022 à Toulon, à raison d’une frégate par an. La RMV portera sur la modernisation de différents systèmes, dont l’armement. Les installations de tir des 8 missiles antinavire, aujourd’hui des Exocet MM40 Block2, seront modifiées pour la mise en œuvre d’Exocet Block3/Block3c. Le système Crotale avec ses 8 missiles en batterie et 16 en soute sera débarqué et remplacé par deux Sadral avec chacun 6 missiles Mistral. Ces systèmes proviendront des anciennes frégates anti-sous-marines Dupleix, Montcalm et Jean de Vienne, retirées du service en 2014, 2017 et 2018. Remis à niveau, les Sadral mettront en œuvre la dernière version du Mistral, avec un autodirecteur amélioré permettant d’accroître la capacité anti-missile mais aussi le traitement des menaces asymétriques, y compris des cibles de surface telles des embarcations rapides. Les FLF rénovées seront aussi équipées du nouveau sonar de coque KingKlip Mk2 qui leur confèrera une capacité de lutte anti-sous-marine qui fait jusqu'ici défaut à ces bâtiments.

Ainsi modernisées, ces FLF pourront rester en service et conserver leur efficacité jusqu'à la toute fin des années 2020, au minimum. Elles doivent être remplacées par les troisième, quatrième et cinquième FTI, dont les livraisons sont prévues entre 2026 et 2030. 

 

Marine nationale