Construction Navale
Vente de STX : A l’heure du choix

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Vente de STX : A l’heure du choix

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C’est à partir de demain que, normalement, le tribunal de Séoul en charge du dossier STX doit rendre publiques les identités des candidats à la reprise du groupe sud-coréen. Les juges ont laissé aux repreneurs potentiels la possibilité de faire des offres sur l’ensemble de l’entreprise, soit les deux chantiers situés en Corée du sud et celui de Saint-Nazaire, ou sur un actif en particulier.

Ces dernières semaines, les grandes manœuvres se sont accentuées en coulisses, avec au centre des convoitises la filiale française de STX, la seule qui dispose d’un carnet de commandes plein alors que les chantiers de Jinhae et Goseong sont exsangues. Si l’avenir de ces deux sites semble bien incertain compte tenu de la crise que traverse actuellement la construction navale mondiale, à l’exception notable des secteurs de la croisière et de la défense, leur reprise via une offre groupée semble plus à même de séduire les juges de Séoul. Car sans elle c’est la liquidation des sites coréens qui se profile. De plus, cette solution rapporterait normalement plus d’argent, sachant que le gouffre financier que représente depuis 2012 STX se chiffre en milliards d’euros pour se créanciers, à savoir les banque coréennes.

Les Chinois vont-ils tenter un coup de force ?

A Paris, on redoute cette hypothèse, surtout si l’opération est menée par un groupe chinois. Alors qu’un mystérieux fonds d’investissement sino-britannique a été évoqué cet été par des politiques locaux, le nom du conglomérat public China State Shipbuilding Corporation a été récemment mentionné par plusieurs sources comme candidat potentiel à la reprise. Si tel est le cas, la situation deviendrait très dangereuse pour Saint-Nazaire et, au-delà, pour l’ensemble des chantiers européens spécialisés dans la croisière. Car CSSC peut mobiliser des moyens considérables pour s’offrir STX avec dans ce cas l’ambition évidente de mettre la main sur le savoir-faire français en matière de construction de paquebots.

Alors que le marché chinois de la croisière explose, CSSC a d’ailleurs de grandes ambitions dans ce domaine où il va faire ses premiers pas en s’alliant avec le groupe public italien Fincantieri et son client principal, l’armateur américain Carnival Corporation. Au travers de ce partenariat, les chantiers italiens vont vendre aux Chinois le design du paquebot Carnival Vista, qu’ils ont livré cette année, afin de réaliser à Shanghai de deux à quatre copies, le premier de ces navires devant entrer en service en 2022. Les Italiens, qui vont fournir une assistance technique aux Chinois mais ils ont pris des précautions, en conservant l’exclusivité des études de conception et en livrant clé en main certains équipements critiques (liés notamment à la partie énergie/propulsion et à la sécurité). Une digue qui volerait immédiatement en éclat si CSSC mettait la main sur

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