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Veolia installe à Bordeaux un centre de démantèlement de navires

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Veolia installe à Bordeaux un centre de démantèlement de navires

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Toujours en lice pour la déconstruction de l'ex-porte-avions Clemenceau, Veolia Propreté annonce l'implantation, à Bordeaux, d'une filière de démantèlement de navires. Par arrêté en date du 23 janvier, la préfecture de la Gironde a autorisé l'entreprise à exploiter un centre de démantèlement de bateaux et de valorisation de matériaux à Bassens, sur le Port Autonome de Bordeaux. Le site présente la particularité de disposer d'une cale sèche de 240 mètres de long, dotée de deux grues et capable de traiter des unités de 50.000 tonnes. Le terrain attenant à la cale sera utilisé pour les opérations de préparation des matières métalliques issues du démantèlement. Ces dernières seront, ensuite, expédiées par voie d'eau vers les filières de valorisation et pourront être réutilisées dans l'industrie sidérurgique européenne. En lançant ce pôle, unique dans l'Hexagone, Veolia Propreté souhaite s'affirmer définitivement dans le secteur du recyclage. « Avec ce nouveau site, la France dispose désormais d'un centre d'excellence en matière de déconstruction de navires lui permettant de gérer dans les meilleures conditions environnementales, de sécurité et de transparence, la fin de vie des navires », souligne le groupe. Avant d'être opérationnel, le site de Bassens devra être mis en conformité. Une zone étanche et bétonnée sera notamment mise en place pour la ferraille. Il faudra également prévoir le retraitement des eaux de ruissellement ou encore le stockage des déchets, comme certains hydrocarbures. L'ensemble devra répondre à des normes environnementales draconiennes. Pour Thierry Beheregaray, directeur de Veolia Propreté sur la région Aquitaine, « Contrairement aux opérations à quai, pratique la plus courante de nos jours dans le démantèlement de navires, la cale sèche permet de prévenir toute pollution et de s'affranchir des contraintes de stabilité qui peuvent représenter des risques d'accidents ».

L'ex-Clemenceau à Bassens ?

Localement, ce nouveau site signifie, selon Veolia, le développement « d'une activité porteuse d'expertise technique dans les services à l'environnement, la création d'emplois et l'augmentation de l'activité portuaire ». Le projet avait, d'ailleurs, reçu dès l'origine le soutien de plusieurs collectivités locales, ainsi que du port autonome de Bordeaux. « L'obtention du statut ICPE (Installations Classées pour la Protection de l'Environnement) pour ce site s'inscrit dans notre volonté d'être l'acteur référent du recyclage et de la gestion des produits en fin de vie, ceci en s'appuyant systématiquement sur les meilleures pratiques environnementales et en respectant le principe de proximité et d'autosuffisance », affirme Jérôme Le Conte, directeur général de Veolia Propreté France. Le groupe espère que son premier chantier sera celui du Q 790, dont le résultat de l'appel d'offres portant sur sa déconstruction doit être connu d'ici la fin février. Bien que l'ex-Clemenceau mesure 265 mètres au niveau du pont d'envol, sa longueur à la ligne de flottaison lui permet d'être accueilli à Bassens. Seules quelques adaptations seront nécessaires. Ainsi, en raison du débordement de la piste oblique de l'ancien porte-avions, la cabine de pilotage située sur le quai devra sans doute être déplacée. En dehors du Q 790, Veolia Propreté compte aux futurs appels d'offres que lancera le ministère de la Défense concernant les autres vieilles coques de la marine. Le groupe ambitionne, par ailleurs, de se positionner en Europe chaque fois que cela sera possible. En tout, l'arrêté préfectoral lui donne la possibilité de gérer chaque année plus de 50.000 tonnes de matériaux traités, soit deux fois le poids du vieux « Clem ».
Derrière cette coque très symbolique, un marché très important se dessine. Selon la Mission Interministérielle de Déconstruction des Navires (MIDN), qui avait été constituée après le retour du Q790 en France, quelques 500.000 tonnes de navires devront en effet être démantelées dans les 10 prochaines années.
Toutefois, si Veolia souhaite mettre tous les arguments de son côté pour accueillir l'ex-Clemenceau, l'entreprise ne mise, bien évidemment, pas uniquement sur ce contrat. Outre les dizaines de bâtiments militaires en attente de destruction, l'entreprise travaille déjà, en Aquitaine, sur la préparation et la valorisation de matières métalliques provenant d'autres secteurs d'activité. La plateforme de Bassens servira, également, à les traiter.

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