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Vers une accélération du programme BATSIMAR ?

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Vers une accélération du programme BATSIMAR ?

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A l’issue du Comité interministériel de la mer du 4 novembre, le gouvernement a fixé comme objectif une accélération du futur programme de renouvellement des patrouilleurs de haute mer de la Marine nationale. Il y a en effet urgence puisque les bâtiments actuellement en service vont rapidement arriver en bout de course. Ainsi, pour ce qui concerne les anciens avisos du type A69, dont neuf unités sont encore opérationnelles et basées à Brest et Toulon, le Commandant L’Herminier et le Lieutenant Lavallée doivent être retirés du service en 2018, alors que le désarmement du Lieutenant de Vaisseau Le Hénaff est prévu en 2020.

Du côté des P400, La Capricieuse et La Gracieuse doivent prendre leur retraite d’ici l'an prochain, mais elles seront remplacées à Dégrad des Cannes par les deux nouveaux patrouilleurs légers guyanais (PLG). La Confiance rejoindra la Guyane en fin d’année et La Résolue d’ici l’été prochain. En revanche, aucune succession immédiate n’est prévue lors du retrait des deux derniers P400, La Gracieuse et La Moqueuse (basées en Nouvelle-Calédonie), programmé en 2020.

 

 

Le renouvellement de ces unités, comme des A69 mais aussi de l’Arago (basé en Polynésie), du Malin (La Réunion) et des patrouilleurs de service public Flamant, Cormoran et Pluvier (Cherbourg), doit être mené à bien grâce au programme des bâtiments de surveillance et d’intervention maritime. La Marine nationale souhaite que 15 BATSIMAR soient construits, à un rythme soutenu, afin de remplacer ses actuels patrouilleurs hauturiers. Le programme aurait déjà dû être lancé mais il a été reporté à plusieurs reprises faute de crédits. Au point qu’il n’est à ce jour pas prévu avant la prochaine loi de programmation militaire, qui couvre la période 2020-2025. Et encore, la livraison de la tête de série a été renvoyée en fin de LPM, c’est-à-dire en 2024. A cette date, L’Arago aura été désarmé (à partir de 2019) alors que les six derniers avisos auront atteint un âge canonique (entre 40 et 43 ans) et que les trois PSP et Le Malin fêteront leurs 27 ans.

Des « réductions temporaires de capacité », comme on dit dans l’armée, sont donc à ce stade inévitables pour les bâtiments qui devront attendre plusieurs années avant d’être remplacés par des BATSIMAR. Avec des soucis à prévoir en particulier dans les territoires d’Outre-mer, où les moyens de la flotte sont déjà très réduits, mais aussi en métropole où les A69 sont très utiles pour la surveillance et la protection des approches maritimes, ou encore les missions de service public et de lutte contre les trafics. Les anciens avisos, qui contribuent aussi à la détection sous-marine, sont aussi régulièrement déployés en Afrique de l’ouest, où ils servent par exemple d’escorte aux bâtiments de projection et de commandement. Sans eux, il faudra donc mobiliser pour accompagner les BPC des frégates, qui sont peu nombreuses et déjà particulièrement sollicitées.

 

Aviso escortant un BPC en Afrique de l'ouest (© : 

Aviso escortant un BPC en Afrique de l'ouest (© : MARINE NATIONALE)

 

C’est pourquoi, compte tenu du renforcement des enjeux maritimes et de l’engagement croissant de la flotte sur différents théâtres d'opérations, il sera très difficile d’attendre 2024 pour voir arriver le premier BATSIMAR. D’où l’annonce gouvernementale de vouloir accélérer le programme. Une volonté qui, à quelques mois d’échéances électorales majeures et alors qu’aucune commande n’est inscrite au budget, reste pour l'heure du domaine des bonnes intentions.   

 

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