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Vers une prolongation des vieux Agosta espagnols ?

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Compte tenu de l’important retard pris par le programme des nouveaux sous-marins du type S-80, la marine espagnole envisagerait de prolonger ses vieilles unités du type Agosta. Pour mémoire, quatre bâtiments de ce type, connus en Espagne sous le nom de classe Galerna, ont été construits à Carthagène avec l’aide technique française. Les Galerna et Siroco ont été mis en service en 1983, le Mistral en 1985 et le Tramontana en 1986. Alors que le Siroco a été retiré du service en 2012, ses sisterships devaient normalement être désarmés entre 2015 et 2018.

Leur succession doit être assurée par les quatre nouvelles unités du type S-80. Premiers sous-marins développés en Espagne, ces bâtiments ont été conçus pour mesurer 71 mètres de long et afficher un déplacement de 2400 tonnes en plongée. Dotés d’un système de propulsion anaérobie basé sur des piles à combustibles, ils doivent pouvoir atteindre la vitesse de 20 nœuds. Equipés d’un système de combat américain et de six tubes de 533mm, les S-80, prévus pour être armés par un équipage de 40 hommes, mettront en œuvre des torpilles lourdes et missiles antinavire.  

 

Sous-marin du type S-80 (© NAVANTIA)

Sous-marin du type S-80 (© NAVANTIA)

 

Les S-80 rallongés car trop lourds

Tête de série de ce programme, l’Isaac Peral a été mis sur cale en décembre 2007 au chantier Navantia de Cadix, en vue d’une mise en service en 2015. Mais un grave problème a été découvert en cours de construction. Ainsi, au printemps 2013, Navantia a reconnu être confronté à un surpoids inattendu, le bâtiment étant parti pour peser 75 à 100 tonnes de plus que ce que les ingénieurs espagnols avaient prévu. En clair, si la construction s'était poursuivie comme décidé initialement, l’Isaac Peral aurait tout simplement coulé. Considéré comme énorme par les spécialistes, cet écart sur le devis de masse est vraisemblablement consécutif à une erreur de conception ou de calcul. Toujours est-il que l’affaire a fait grand bruit et imposé à Navantia de cesser la construction du sous-marin et de ses sisterships, le temps de remettre le projet à plat pour trouver une solution. A cet effet, les Espagnols ont demandé l’aide du constructeur de sous-marins américain General Dynamic Electric Boat. Sachant que, pour permettre à un sous-marin de flotter, sa masse doit être égale à son volume, le chantier n’a guère eu le choix. Il a fallu augmenter son volume et donc ajouter une nouvelle section, longue de 7 mètres. Finalement, la construction a pu reprendre fin 2014 mais la livraison de l’Isaac Peral a été logiquement repoussée, l’entrée en flotte du bâtiment n’étant désormais plus prévue avant 2018. Et ce retard va aussi impacter le calendrier de ses trois jumeaux, les Narciso Monturiol, Cosme Garcia et Mateo Garci de los Reyes, qui devaient entrer en service en 2016, 2018 et 2019.

 

Sous-marin du type S-80 (© NAVANTIA)

Sous-marin du type S-80 (© NAVANTIA)

 

Préserver les capacités et compétences 

Dans ces conditions, la marine espagnole est confrontée à un choix difficile : soit désarmer comme prévu les Galerna mais alors réduire significativement ses capacités sous-marines pendant plusieurs années et s’exposer ensuite à un problème de savoir-faire de ses équipages, les sous-mariniers expérimentés n’étant alors plus assez nombreux pour armer les nouveaux S-80. Ou bien prolonger les bâtiments actuels avec une ultime remise à niveau technique leur permettant de naviguer quelques années de plus. En période de difficultés budgétaires, cette dépense supplémentaire, cumulée aux surcoûts du programme S-80, n’est évidemment pas la bienvenue. Mais, opérationnellement, cette décision semble la plus sage si l’Armada veut conserver des capacités et compétences aussi sensibles et longues à acquérir. D'autant qu'au-delà du problème de surpoids, les nouveaux bâtiments, surtout les sous-marins et à fortiori dans un pays qui en construit peu, sont souvent longs à mettre au point. 

 

Sous-marin de la classe Galerna (© NAVANTIA)

Sous-marin de la classe Galerna (© NAVANTIA)

 

Pour mémoire, les Galerna, directement dérivés des quatre Agosta construits pour la marine française à la fin des années 70, mesurent 67.6 mètres de long et présentent un déplacement de 1740 tonnes en plongée. Dotés de quatre tubes de 533mm, ces bâtiments, armés par 60 hommes d’équipage, peuvent mettre en œuvre 20 torpilles. 

 

Sous-marin de la classe Galerna (© ARMADA ESPANOLA)

Sous-marin de la classe Galerna (© ARMADA ESPANOLA)

Marine espagnole Navantia