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VHM : Un petit nouveau dans les opérations amphibies

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Le véhicule haute mobilité (VHM) de l’armée de Terre a mené, la semaine dernière, une étape cruciale de sa campagne d’expérimentation destinée à évaluer sa mise en œuvre lors d’opérations de débarquement. Après avoir réalisé, cet été, des tests préliminaires, notamment sur le bâtiment de projection et de commandement Tonnerre, le VHM a embarqué sur l’un de ses sisterships, le Mistral, à partir duquel il a été déployé sur la plage varoise de Sainte-Maxime par un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR) et des chalands de transport de matériel (CTM). La particularité de cet exercice tenait au fait que le VHM a non seulement été plagé, comme d’autres véhicules de l’armée de Terre, par les moyens de débarquement de la marine, mais il a également été lancé à une centaine de mètres de la plage. Le VHM est, en effet, un véhicule amphibie, conçu pour pouvoir flotter et se mouvoir en milieu aquatique. Pour des opérations de ce type, l’engin évolue en situation étanche et est équipé de flotteurs, ses chenilles brassant l’eau afin de le faire avancer à petite vitesse (3 à 4 km/h). Le VHM peut, ainsi, naviguer sur plus de 300 mètres.

 

 

 

 

VHM sur un CTM (

VHM sur un CTM (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

 

 

VHM en mode amphibie (

VHM en mode amphibie (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

 

Capacité de débarquer sur une place non préparée

 

 

Pour l’armée de Terre, cette capacité complète la palette de moyens disponibles pour une opération amphibie. Traditionnellement, la plage visée, d’abord inspectée par des équipes de reconnaissance (les sections d’aide et d’éclairage au débarquement - SAED - des régiments amphibies), doit être préparée avant l’arrivée des véhicules de combat. Les troupes du génie sont donc les premières à débarquer leurs moyens. Elles sont notamment chargées d’installer sur le sable de grands grillages sur lesquels les blindés et camions vont rouler en sortant des EDAR et CTM. Un « cheminement » grillagé qui empêche leur enlisement.

 

 

Débarquement classique avec le grillage pour les véhicules (© J-L VENNE)

 

Le VHM n'a pas besoin du grillage pour débarquer (

Le VHM n'a pas besoin du grillage pour débarquer (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

 

Avec le VHM, la force de débarquement pourra lancer directement une action de vive force grâce à ses véhicules blindés amphibies, capables de transporter 12 soldats, avec un équipage de 2 hommes.  Dotés d’une mitrailleuse de 12.7mm, les VHM n’ont pas besoin, pour débarquer, que la plage soit préparée. Leurs chenilles sont spécialement conçues pour une évolution sur tout type de terrain, y compris sablonneux. Dotés d’une structure renforcée et incurvée sur la partie basse, ces véhicules sont, de plus, capables de résister à des mines et des engins explosifs improvisés (IED). Ils pourront, ainsi, transporter directement sur une plage un groupe d’assaut, chargé de prendre le contrôle de la zone et de couvrir les préparatifs du génie pour l’arrivée de moyens plus lourds. Ou intervenir en solo pour certains types de missions, sachant que les BPC, en plus des moyens amphibies, embarquent également une force aéromobile comprenant des hélicoptères d’assaut et de transport.

 

 

Le VHM à bord du BPC MIstral (

Le VHM à bord du BPC MIstral (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

Embarquement des flotteurs sur l'EDAR (

Embarquement des flotteurs sur l'EDAR (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM sur un CTM dans le radier du Mistral (

VHM sur un CTM dans le radier du Mistral (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

Le BPC Mistral et un EDAR transportant des VHM (

Le BPC Mistral et un EDAR transportant des VHM (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM mis à l'eau par un EDAR (

VHM mis à l'eau par un EDAR (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (

VHM arrivant sur la plage de Sainte-Maxime (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

 

15 VHM débarqués à Sainte-Maxime 

 

 

Concernant l’exercice qui s’est déroulé du 1er au 3 octobre dans le Var, le 21ème Régiment d’infanterie de marine (21ème RIMa) a engagé un sous-groupement tactique interarmes (SGTIA) complet, fort d’une cinquantaine de véhicules, dont 15 VHM. Deux d’entre eux ont été mis à l’eau par l’EDAR déployé par le Mistral. Immergés à 100 mètres au large, ils ont rejoint sans problème la plage de Sainte-Maxime. L’exercice s’est poursuivi avec une extraction de ressortissants, avant un rembarquement sur les moyens de la Marine nationale. On notera qu’une section de la Lagunari, unité spécialisée dans les opérations amphibies de l’armée italienne, a participé aux manœuvres. La moitié de la section a été dépêchée en Zodiac à l’aube, avant le débarquement, l’autre moitié étant déployée sur la plage par un hélicoptère. Les Italiens avaient pour mission d’infiltrer, reconnaitre et sécuriser la plage avant l’arrivée des soldats français et jusqu’à l’évacuation des ressortissants fictifs.

 

 

Militaires italiens de la Lagunari (

Militaires italiens de la Lagunari (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

VHM sur la plage de Sainte-Maxime (

VHM sur la plage de Sainte-Maxime (© ADC J-R Drahi/SIRPA Terre)

 

 

Un engin en expérimentation dans deux unités

 

 

Pour mémoire, l’armée de Terre compte deux brigades amphibies, la 6ème Brigade légère blindée (6ème BLB) et la 9ème Brigade d’infanterie de marine (9ème BIMa). Pour l’heure, aucune n’est équipée du VHM à titre opérationnel. En effet, le VHM, commandé à 53 exemplaires et dont les livraisons se sont échelonnées de fin 2011 à fin 2012, est jusqu’à la fin de cette année en phase d’expérimentation tactique. Ses capacités sont évaluées dans deux grands domaines : les opérations amphibies, pour lesquelles les expérimentations sont menées par les marsouins du 21ème RIMa, appartenant à la 6ème BLB ; ainsi que le milieu montagneux, où c’est le 7ème Bataillon de chasseurs alpins (7ème BCA) qui est en charge de cette partie.

 

 

VHM en montagne (

VHM en montagne (© SIRPA Terre)

 

 

Un véhicule suédois

 

 

Le VHM est en fait la version française du BVS10 Mk II, conçu et réalisé la société suédoise Hägglunds AB, filiale du groupe britannique BAE Systems, qui l’a également vendu au Royaume-Uni, aux Pays-Bas et à la Suède. Il s’agit d’un engin chenillé de 14 tonnes constitué de deux parties articulées, une architecture qui lui permet de progresser sur des terrains inaccessibles à des véhicules à roues. Ainsi, il peut par exemple éviter des itinéraires routiers potentiellement piégés. L’ensemble mesure 7.7 mètres de long, 2.25 mètres de haut et 2.2 mètres de large. Protégé contre les munitions perforantes, les éclats d’obus et les roquettes, il présente une capacité d’emport de plus de 5 tonnes. Le VHM peut embarquer jusqu’à 12 fantassins (dont 11 avec l’équipement Félin) avec leur armement individuel et collectif (incluant missiles Eryx et Milan, roquettes AT4CS, mortier de 81mm, fusils de tireurs d’élite), les radios et les systèmes d’information opérationnels en service dans les forces. En plus de sa version « rang » pour le transport de troupes, le véhicule existe en deux autres variantes : « Poste de commandement » avec les équipements dédiés dans le module arrière et « Logistique », avec un plateau déposable pour le transport de matériels divers.

 

 

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(© SIRPA Terre)

 

 

Extrêmement manoeuvrant, le VHM peut dépasser la vitesse de 60 km/h et franchir 250 km sur route et 200 en tout terrain. L’engin est capable de franchir un gué de 1 mètres et évoluer sur des pentes supérieures à 80%, avec un devers maximal de 30%.

Avant la réception des premiers véhicules par la Direction Générale de l’Armement (DGA), en novembre 2011, le VHM avait été qualifié après 8 mois d’essais intensifs, l’engin étant testé sur différents terrains, notamment des sols peu porteurs comme la neige, le sable ou les marécages.

On notera qu’au travers de ce contrat, Panhard a travaillé en tant que sous-traitant d’Hägglunds AB. La société française a notamment été chargée de toute l’intégration des équipements spécifiques à l’armée de Terre (armements, radios, systèmes d’information…) 

 

Nous vous présentons ci-dessous quelques images de la démonstration effectuée par les chasseurs alpins et leurs VHM à l'occasion des Universités d'été de la Défense, qui se sont déroulées début septembre à Pau. 

 

 

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(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)

 

 

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(© MER ET MARINE - VINCENT GROIZELEAU)