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Vigipol : La Cornouaille engage la réflexion

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Fin octobre, Joël Le Jeune, président de Vigipol, syndicat créé au lendemain de la catastrophe de l'Amoco Cadiz, exhortait les communes du Sud-Bretagne à le rejoindre. Seul le syndicat de la ria d'Etel a donné suite, en 2011, après le naufrage du TK Bremen. Quel écho cet appel trouve-t-il en Cornouaille ?

Pour mémoire, Vigipol (pour Vigilance pollution) est né en 1978, à la suite de la marée noire de l'Amoco Cadiz, qui s'était éventré sur les rochers de Portsall, à Ploudalmézeau. Il s'est battu pour faire admettre le postulat pollueur-payeur devant le tribunal de Chicago. À ce jour, Vigipol regroupe 117 communes du littoral nord-finistérien, des Côtes-d'Armor mais aussi de la Manche. Le combat contre la pollution pétrolière perdure mais il a été étendu aux porte-conteneurs transportant des produits toxiques au large de la Bretagne. Le message de Joël Le Jeune ne laisse pas indifférent les maires du Sud-Finistère.

 

Raynald Tanter, maire de Penmarc'h et président de la communauté de communes du Pays bigouden sud. « Nous avons reçu Joël Le Jeune pour la première fois vendredi dernier... Je trouve cela cohérent, d'autant que Vigipol est transposable à 80 % avec nos Plans communaux de sauvegarde (PCS). Pour l'instant, les adhérents sont plutôt les communes mais une réflexion à l'échelle communautaire va dans le sens du temps. Je l'évoquerai d'ailleurs en bureau communautaire. Sur le plan financier, c'est plutôt de l'ordre symbolique. Je suis en tout cas plutôt favorable, sur le principe c'est d'une logique implacable ».

Pierre Plouzennec, maire de Plozévet et président du Haut Pays bigouden. « Il y a eu une rencontre avec Raynald Tanter, pas encore avec moi. Il faut voir pour une approche communautaire, nous serons plus sur une coopération et centralisation communautaire avec forte implication des communes mais je ne pense pas qu'il y ait une approche par commune, cela me paraît impensable. Nous aurons plutôt une réflexion au niveau de la baie d'Audierne. On est sur une question qui transcende l'aspect communal ».

Jean Kérivel, maire de Poullan-sur-Mer. « Je ne suis pas surpris que Vigipol trouve plus d'écho au nord qu'au sud du département, les drames connus là-haut ont marqué les esprits et n'ont pas eu le même retentissement par ici. J'avoue qu'à mon niveau, le pire cas vécu pour l'instant c'est l'absence de courant après une tempête. Pourtant, la baie de Douarnenez est une baie refuge pour les pétroliers et cargos, avec forcément une part de risque, il faut avoir conscience de cela. En cas de pollution marine, le plan Orsec et le dispositif Polmar semblent bien rodés, avec des annuaires de services remis à jour chaque année. Reste qu'il faut peut-être se pencher sur ce que propose Vigipol, à l'échelle de la communauté de communes par exemple ».

Albert Hervet, maire de Névez. « Vigipol agit en amont, par la prévention, et, en aval, il constitue un outil malheureusement indispensable. Le risque de pollution ne disparaîtra pas du jour au lendemain et, Névez comptant un certain nombre de kilomètres de côtes, il est normal que la proposition de Joël Le Jeune soit fortement examinée. Reste à voir le cadre, les contraintes. Mais une commune littorale se doit à minima d'étudier sa participation à tout programme qui agit pour la défense et la protection des côtes ».

Jean-Marie Le Bret, maire de Pont-Aven. « Même si nous n'avons pas de grandes plages, nous sommes concernés par la rivière Aven qui remonte jusqu'à Pont-Aven. Ce n'est pas la première fois que nous sommes sensibilisés au problème des pollutions marines, comme avec l'Erika. Les maires des communes du Sud-Finistère devraient effectivement se concerter concernant cette proposition de Vigipol ».

Olivier Bellec, maire de Trégunc. « Nous ne sommes pas à l'abri de ces risques de pollution. Et on ne peut qu'être favorables à ce genre de propositions. Mais en attendant de mieux connaître cette association Vigipol, je pense qu'il faut réfléchir à une concertation avec les autres communes du littoral et même avec les communautés de communes ».



Un article de la rédaction du Télégramme