Construction Navale

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Viking souhaite faire construire quatre paquebots supplémentaires chez Fincantieri

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C’est désormais six navires que la compagnie Viking Ocean Cruises souhaite faire construire par Fincantieri avec, au passage, un projet de propulsion au gaz naturel liquéfié. En plus d'une première commande de deux paquebots de 48.000 GT en août dernier, le constructeur italien et son client ont annoncé hier la signature d’un accord portant sur la construction de deux autres navires, avec une option portant sur la réalisation de deux unités supplémentaires. Fincantieri et Viking ont, de plus, annoncé que l’intégration sur ces navires d’une propulsion au GNL, qui pourra être utilisée en complément du fuel traditionnel, serait étudiée. Les navires de Viking Ocean Cruises, filiale de Viking River Cruises, seraient, si cette solution technique est retenue, les premiers paquebots à disposer de ce nouveau type de motorisation, qui commence à voir le jour dans le secteur des ferries. L’avantage d’une propulsion au GNL est qu’elle diminue les frais de soute des armateurs, tout en leur permettant de réduire les émissions polluantes, ce qui constitue un atout dans le cadre du renforcement progressif de la règlementation sur la protection de l’environnement. En revanche, elle présente encore des inconvénients en termes de ravitaillement, peu de ports étant encore équipés de dispositifs de rechargement en GNL. La situation devrait néanmoins s'améliorer dans les prochaines années, au fil de l'entrée en flotte de navires dotés de cette technologie.

 

Une commande qui demeure soumise à une solution de financement

 

Vital pour Fincantieri, qui doit regarnir son carnet de commandes et apporter de la charge à ses différents chantiers, l'extension du projet Odin demeure, toutefois, encore soumise à la validation d’une solution de financement. Car, si l’été dernier, le chantier a annoncé que la commande initiale de Viking devait bénéficier d’une garantie d’Export Banca (un système de financement initié par les organismes financiers Sace et Simest, ainsi que la caisse italienne des dépôts et consignations afin de soutenir les exportations italiennes), il semble que le montage ne soit toujours pas encore acté, au moins pour les unités supplémantaires. C’est pourquoi le directeur général de Fincantieri maintient la pression sur l’Etat italien : « « Nous sommes enchantés d’intensifier notre collaboration avec Viking et ce nouvel accord démontre notre capacité à être compétitifs sur le marché. Nous avons fait notre part du travail et nous espérons que les institutions en charge de soutenir les exportations continueront d’aider cette industrie stratégique pour l’économie nationale ». Après les mouvements sociaux qui ont marqué différents sites cette année, par peur d’éventuelles fermetures, Giuseppe Bono a également appelé à la mobilisation des personnels. « Nous espérons que les syndicats et les salariés montreront leur confiance dans l’avenir en s’investissant totalement pour que l’entreprise soit toujours plus compétitive. Sans cette détermination, les excellents résultats obtenus cette année, avec l’acquisition de nouveaux projets de navires prototypes, seront difficiles à maintenir ».

 

L’entrée de Viking sur le marché des croisières maritimes

 

Avec le projet Odin, Viking Ocean Cruises doit faire son entrée sur le marché des croisières maritimes. Il s’agit en effet d’une nouvelle structure, filiale du groupe international Viking River Cruises, l’un des leaders mondiaux des croisières fluviales. Cette compagnie a été fondée dans les années 80 par le Norvégien Thorstein Hagen, qui occupa des postes à responsabilité dans de nombreuses compagnies et fut notamment l'un des dirigeants de Royal Viking Line, rachetée en 1986 par Norwegian Cruise Line. L’entrepreneur reviendrait ainsi à ses premières amours, en visant un segment de niche, celui des croisières de luxe avec de petites unités et des itinéraires très travaillés, comprenant notamment des escales dans des lieux inaccessibles pour les grands paquebots. Selon Thorstein Hagen, depuis la présentation de ce projet fin 2011, le concept a suscité un vif intérêt, expliquant le fait que l’armateur souhaite, aujourd’hui, commander un nombre plus important de navires. « Cette commande supplémentaire traduit juste les retours très forts pour notre concept de croisières océaniques qui se concentre sur les destinations avec de petits navires de grande valeur ». Suivant les informations communiquées l’été dernier, ces petits paquebots de luxe disposeraient d’environ 470 cabines, la livraison des deux premiers étant espérée en 2015 et 2016.

Pour mémoire, Viking avait d’abord retenu le chantier STX France de Saint-Nazaire pour ce projet, avant de rompre en avril dernier l’accord signé en décembre 2011, faute d’avoir obtenu une solution de financement.

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