Marine Marchande
Vol AF 447 : L'Ile de Sein a débuté ses opérations sur l'épave de l'avion

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Vol AF 447 : L'Ile de Sein a débuté ses opérations sur l'épave de l'avion

Marine Marchande

Affrété par le Bureau d'Enquête et d'Analyse, en charge des investigations sur le crash du vol AF 447 d'Air France, le câblier Ile de Sein, de Louis Dreyfus Armateurs et Alcatel- Lucent, a commencé hier, au large du Brésil, les opérations visant au repêchage des débris de l'appareil. Après une escale à Dakar (voir la vidéo ci-dessus), qu'il a quitté vendredi dernier, le navire a rejoint la zone tôt dans la matinée. Le robot sous-marin Remora 6000 a effectué une première plongée sur la zone de l'accident, par des fonds de près de 4000 mètres. Les enquêteurs espèrent retrouver les enregistreurs de paramètres de vol et de conversations dans le cockpit. Alors que les investigations vont se poursuivre au fond de l'océan, notamment à partir des images recueillies lors de la précédente campagne, d'autres pièces de l'avion pourraient être relevées, dont les moteurs ou des éléments de voilure.
Cette fois, 68 personnes sont à bord de l'Ile de Sein. En plus de l'équipage, l'équipe est dirigée par Alain Bouillard, directeur de l'enquête, assisté de trois enquêteurs du BEA. Sont également présents un enquêteur de sécurité de l'AAIB (homologue britannique du BEA), un enquêteur de sécurité du CENIPA (homologue brésilien du BEA), trois experts d'Airbus, un expert d'Air France, un spécialiste américain d'imagerie sonar ayant participé à la phase précédente de recherches en mer, ainsi qu'un psychologue. Neuf opérateurs et techniciens de la société Phoenix International sont aussi à bord pour la mise en oeuvre du Remora 6000.

Le robot Remora 6000  (© : PHOENIX INTERNATIONAL)
Le robot Remora 6000 (© : PHOENIX INTERNATIONAL)

La délicate question des corps

En dehors des pièces nécessaires à l'enquête, l'équipe embarquée sur l'Ile de Sein aura peut être, également, à effectuer des récupérations plus macabres. Il y a trois semaines, lorsque les autorités françaises ont annoncé que l'épave de l'Airbus A330 avait été localisée, il fut en effet révélé que des corps « identifiables » avaient été découverts. Cette annonce, très délicate, a donné de l'espoir à certaines familles, imaginant pouvoir récupérer les dépouilles de leurs proches. L'idée de remonter les corps a donc été avancée, même si traditionnellement les épaves sont considérées comme des tombeaux marins. Cette possibilité pose, de plus, des problèmes plus physiques, qui n'ont sans doute pas été suffisamment soulignés lors de l'annonce de la découverte des débris. Car, après deux ans passés sous l'eau, par grande profondeur et à très faible température, les corps ont peut être, pour certains, été conservés. Mais une récupération risque de les détériorer, ce qui serait encore plus difficile pour les familles. « La remontée des corps et des effets personnels est placée sous la responsabilité des représentants de la justice », a simplement rappelé, le 19 avril, le Bureau d'Enquête et d'Analyse.
Pour mémoire, le vol Rio-Paris a disparu le 1er juin 2009 avec 228 personnes à bord.

L'Ile de Sein  (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)
L'Ile de Sein (© : MER ET MARINE - JEAN-LOUIS VENNE)

Louis Dreyfus Armateurs Accidents, pollutions