Marine Marchande
Wärtsilä imagine le shipping du futur

Actualité

Wärtsilä imagine le shipping du futur

Marine Marchande

Des convois de navires de commerce navigant en formation rapprochée, des sous-marins de transport de marchandises se ravitaillant dans des plateformes ne produisant aucune émission polluante, des bateaux qui chargent, transportent, transforment et livrent un produit fini… Voilà quelques unes  des « visions du futur » du transport maritime imaginées par les ingénieurs et designers du groupe Wärtsilä.

L'énergie verte de plus en plus accessible

« Il faut parier sur l’avenir, se demander à quoi pourra ressembler le shipping dans vingt ans à partir des paramètres qui se mettent en place », expose Willie Wagen, directeur de l’innovation au sein du groupe finlandais. « Prenez par exemple la COP 21 qui s’est tenue à Paris à la fin 2015. Elle va dans le sens de ce qu’attendent de plus en plus les citoyens. Des villes comme Amsterdam ou Copenhague ont annoncé vouloir totalement bannir les émissions polluantes dans les prochaines années. C’est un mouvement global qui va être, sans aucun doute, encadré par de plus en plus de réglementations et un régime de taxes spécifiques ».

Selon Willie Wagen, ce mouvement vers des énergies plus environnementales est déjà en marche chez les industriels et les chercheurs. « Regardons ce qui se passe dans l’automobile : General Motors investit 4.5 milliards de dollars dans la voiture verte du futur, Volkswagen a annoncé un plan de 10 millions d’euros. Plus de 50% des programmes technologiques de recherche universitaires sont dédiés aux nouvelles énergies ». L’effet combiné de la prise de conscience citoyenne et politique avec les progrès de l’industrie et de la recherche et les investissements qui commencent à affluer dans un secteur, dont tout le monde s’accorde à dire qu’il représente l’avenir, devrait permettre de produire rapidement de l’énergie propre beaucoup moins chère.

Les données accessibles à tous créent une nouvelle économie du transport maritime

« Une autre grande tendance vient évidemment de la numérisation de l’ensemble des équipements. Les progrès sont énormes : les senseurs sont de plus en plus intelligents, transmettent de plus en plus d’informations et les données qu’ils fournissent sont de plus en plus accessibles ». L’ère du Big et de l’Open Data a déjà provoqué l’émergence d’une nouvelle économie : « quand les infos sont accessibles à tous, il y a une perte d’avantages pour les intermédiaires. Les relations directes se mettent en place et des modèles comme Uber et AirBnB rencontrent un succès immédiat ».

Willie Wagen va encore plus loin. « La blockchain technology, qui permet le stockage et la transmission d’informations sans organe de contrôle, a permis la création de crypto-monnaie comme Bitcoin. On peut aisément imaginer que ce modèle s’applique dans le transport maritime, pour garantir une transparence et une fluidité dans les changements de propriété de cargaisons ».

Des visions du futur

La combinaison de ces trois éléments, une énergie verte moins chère, un modèle économique sans intermédiaire et la transmission ouverte de données, a été le socle de réflexion pour imaginer son application au monde du transport maritime. « Nous avons imaginé différentes solutions en allant volontairement loin dans le concept ».

 

(© : WARTSILA)

(© : WARTSILA) 

 

Exergo : des batteries à la capacité illimitée

Au rayon propulsion, Wärtsilä a différentes idées : « Exergo est un concept basé sur le constat que la technologie des batteries va évoluer très vite et que bientôt leurs capacités vont être très importantes. L’idée est donc d’imaginer un navire avec une capacité illimitée de stockage d’énergie, alimentée par différents moyens, et capable de fonctionner sur batteries pendant de très longues périodes ».

 

(© : WARTSILA)

(© : WARTSILA) 

 

Z3 : Une propulsion verte payée à l’heure

Z3, ensuite, signifie Zéro Capex, Zéro Offtime, Zéro Emission. « Etre propriétaire d’un bateau ne signifie pas nécessairement de posséder sa propre usine de production d’énergie. Imaginons qu’en tant que fournisseur, je vous débarrasse de votre ancienne propulsion polluante et je vous en livre une nouvelle. Elle est propre, fiable et gratuite et je vous ferai payer uniquement quand vous l’utilisez ».  Une propulsion « pay-as-you-go »  qui enlève la charge de l’entretien à l’armateur.

Liitos : un outil numérique collaboratif pour remplir les navires

A l’heure de l’économie numérique et collaborative, Wärtsilä a imaginé Liitos, l’Uber des mers. « L’idée est d’avoir un outil numérique qui permettent aux chargeurs de communiquer entre eux pour partager un bateau et le remplir. Quand toutes les informations sur le transport sont transparentes et disponibles, c’est facile, pour de nouveaux acteurs, d’entrer dans le jeu. Il suffit de voir ce qu’Amazon est en train de faire en voulant créer son propre segment de transport maritime »

Convoy : des flottilles de bateaux de commerce

Dans le même esprit, Convoy est un concept reposant sur des flottilles de navires, sans doute de plus en plus autonomes, naviguant en escadre. « Les bateaux seront connectés entre eux, ils pourront mettre en commun l’ensemble de leurs paramètres de navigation et comme il y aura moins d’eau à pousser pour les suiveurs, l’économie globale de combustible pourra aller jusqu’à 20% ».

 

(© : WARTSILA)

(© : WARTSILA) 

 

Bean-to-cup : la matière première transformé en produit manufacturé en mer

« Je suis en Amérique du Sud et je charge toute une cargaison de café. Pendant que mon navire fait route vers l’Europe, l’usine embarquée va torréifier, traiter et empaqueter mon café. En arrivant à destination, il pourra être directement distribué au client final. On peut imaginer ce genre de transformation embarquée pour tous types de matières premières. C’est ce que l’aquaculture ou la pêche font déjà, en traitant le poisson à bord ».

 

(© : WARTSILA)

(© : WARTSILA) 

 

Zero : des stations services propres en mer

Zero est un concept d’îles artificielles qui se trouveraient sur les routes maritimes principales. Alimentées par des panneaux solaires ou de l’énergie éoliennes, elles pourraient à la fois servir de station de soutage en combustible propre et de hub de transbordement entre navires océaniques et caboteurs. « De cette manière, les grands navires n’auront plus à entrer dans les ports ».

Et comme rien n’est interdit, Willie Wagen finit en imaginant que « ces îles pourraient très bien servir de plateforme pour de futurs sous-marins de transport ». Après tout, pourquoi pas ?

 

Divers marine marchande