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Washington autorise la vente de missiles à la Finlande

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Washington autorise la vente de missiles à la Finlande

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Lundi 5 février, les États-Unis ont accepté le principe d’une vente à Helsinki de près de 200 missiles, destinés en particulier à la marine finlandaise, pour un montant de 730 millions de dollars. Il s’agit en réalité de deux fournitures distinctes. La première concerne un pack de 132 missiles antinavire Harpoon et la deuxième un lot de 68 missiles antiaériens ESSM (Evolved Sea Sparrow Missile). Boeing doit fournir les Harpoon à partir de son usine de St. Louis dans le Missouri alors que BAE Systems réaliserait à Aberdeen (Dakota du Sud) les cellules de lancement. Enfin Raytheon produirait les ESSM en Arizona à Tucson. Les Harpoon représentent la majeure partie de la valeur du projet, avec un coût estimé de 622 millions de dollars.

Une acquisition qui répond à stratégie d’interdiction navale

Pour repousser un éventuel assaillant en mer Baltique , la Finlande a opté pour une stratégie d’interdiction. Outre l’utilisation de mines marines, le pays dispose d’une capacité antinavire crédible grâce à des patrouilleurs lance-missiles et des batteries côtières (artillerie et missiles). À l’heure actuelle, la Finlande arme 8 patrouilleurs lance-missiles, 4 de la classe Hamina mesurant 50,8 mètres de long pour un déplacement de 200 tpc et 4 plus anciens de type Rauma faisant 48 mètres de long pour 215 tpc.

Les batteries côtières sont-elles composées de canons sous fortification de 130 mm ainsi que d’une série d’ensembles mobiles à base d’artillerie de 130 mm et de lanceurs de missiles antinavire sur camions SISU.

Jusqu’ici, les Hamina, Rauma, ainsi qu’une partie des lanceurs terrestres, sont armés de missiles antinavire suédois RBS 15SF-III. Mais ceux-ci, âgés de plus de 30 ans, doivent être renouvelés. Pour cela, plusieurs solutions étaient possibles : Saab évidemment avec la dernière évolution du RBS-15, le norvégien Kongsberg et son nouveau Naval Strike Missile (NSM), MBDA France avec la dernière version de l’Exocet et enfin Boeing qui propose donc son Harpoon à l'export.

Le choix du Harpoon peut étonner du fait notamment des relations de plus en plus étroites entre la Finlande et la Suède, qui auraient plutot plaidé pour une nouvelle génération de RBS-15. Surtout que les deux pays ont récemment conclu un important accord militaire destiné à renforcer leur interopérabilité et créer des groupes navals conjoints (voir notre article de lundi sur ce sujet). 

Une nouvelle puissance de feu en lien avec le projet Squadron 2020

Prévues pour être livrées à l’horizon 2020, les nouvelles munitions devraient considérablement renforcer la puissance des forces armées finlandaises. D’autant que parmi les 132 missiles Harpoon, la Finlande discute l’achat de 100 unités de la version Block II + ER (Extended Range) Grade B. Il s’agit de la dernière évolution du missile antinavire de Boeing. Sa portée maximale a été largement améliorée pour atteindre 250 kilomètres tout en emportant une charge explosive de 140 kg. Et même si l'allonge de cet armement reste tributaire de la capacité de ciblage à longue distance, ces Harpoon constitueraient pour la Finlande une capacité particulièrement dissuasive.

L'acquisition par la Finlande de nouveaux missiles navals s'inscrit notamment dans le cadre du renouvellement de sa flotte. Il s'agit du projet Squadron 2020, qui doit voir la mise en service à partir de 2025 d’une classe de quatre nouvelles corvettes, pouvant s’apparenter à des frégates compte tenu de leurs capacités. Elles vont remplacer 7 bâtiments de la marine finlandaise : d’une part trois mouilleurs de mines, les Hämeenmaa et Uusinaa de 77 mètres et 1330 tonnes en charge, et le Pohjanmaa (désarmé en 2013) et d'autre part les quatre patrouilleurs lance-missiles du type Rauma (48 mètres, 250 tpc), mis en service entre 1990 et 1992. Les  futures corvettes devraient donc mettre en oeuvre des ESSM comme système surface-air, ainsi que des Harpoon. Ces missiles antinavire devraient également remplacer les RBS-15 des quatre patrouilleurs du type Hamina, livrés entre 1998 et 2006. 

Une zone de tension croissante

La mer Baltique cristallise de plus en plus les tensions entre les Occidenraux et Moscou. Pour la Finlande qui partage une très longue frontière avec la Russie, avoir recours à un armement américain d’une telle valeur militaire n’est évidemment pas anodin. Si des considérations techniques rentrent forcément en ligne de compte dans le choix finlandais, il y a probablement un volet politique important.