Marine Marchande
WikiLeaks : Les coulisses de l'Amoco Cadiz

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WikiLeaks : Les coulisses de l'Amoco Cadiz

Comment, en coulisses, ont réagi les États-Unis, en 1978, lorsqu'un pétrolier américain a provoqué en Bretagne l'une des pires marées noires de l'Histoire ? Parmi les centaines de milliers de télégrammes diplomatiques dévoilés par WikiLeaks depuis 2010, Le Télégramme en a exhumé une centaine évoquant cette catastrophe.

Marine Marchande

« La presse rapporte que le pétrolier Amoco Cadiz, enregistré au Liberia, s'est brisé en deux après s'être échoué près de Brest, déversant quantité de pétrole brut. » Premier télégramme américain, le 17 mars 1978, dans les heures qui suivent la catastrophe, première surprise : c'est Washington qui semble informer son ambassade parisienne du naufrage. Autre surprise : l'urgence première, côté américain, semble être d'obtenir le feu vert français pour que plusieurs agences gouvernementales viennent « étudier le pétrole déversé et les effets de la marée noire ».

Mémo classé confidentiel

Le 22, dans un premier mémo, l'ambassadeur à Paris, Arthur Hartman, déroule le scénario de la catastrophe et fait part des premières mises en cause : « La qualification de l'équipage, le pavillon de complaisance libérien et les tractations pour le remorquage du pétrolier ». Le même jour, un second mémo, classé « confidentiel » est envoyé à Washington. « Le niveau précis des dommages est incalculable. Mais le gouvernement français et le public se rendent bien compte qu'il sera énorme en termes économiques et environnementaux. Après le

Pollution en mer et accidents