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Xavier de la Gorce : « Ce que l’on attend, c’est de la reconnaissance »

Interview

Xavier de la Gorce : « Ce que l’on attend, c’est de la reconnaissance »

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Ce jeudi, aux Sables-d’Olonne, Emmanuel Macron a présidé à l’hommage national rendu aux trois marins de la SNSM, qui ont péri lors d’une intervention à bord de leur canot. Xavier de La Gorce, président de la SNSM, lance un message au chef de l’État.


Qu’attendez-vous de cet hommage rendu par Emmanuel Macron aux marins de la SNSM (Société nationale de Sauvetage en mer) qui ont trouvé la mort au cours d’un sauvetage en mer, vendredi 7 juin, en face des Sables-d’Olonne ?

Xavier de La Gorce, président de la SNSM : La présence d’Emmanuel Macron constitue déjà un hommage. On attend ensuite du réconfort pour les familles. Nous serons plus de 600 sauveteurs venus de toute la France. C’est du jamais vu. Peut-être que le chef de l’État donnera des signaux de soutien à notre modèle exceptionnel de sauvetage, ce modèle français basé sur un bénévolat qualifié.

 


Comment avez-vous vécu ce drame ?

De façon très pénible. Ils sont morts dans des conditions atroces. J’ai vu l’état de la mer et si le mot dantesque a un sens, c’était bien ce jour-là. On dit souvent que les sauveteurs en mer prennent tous les risques et qu’ils sont prêts à intervenir jusqu’au péril de leur vie. Et là, ils sont allés au péril de leur vie. La preuve.

Qu’avez-vous ressenti lors de la marche silencieuse qui a réuni 15 000 personnes, lundi, aux Sables-d’Olonne ?

Ce fut un moment extraordinaire d’hommage et de grande dignité. 15 000 personnes, c’est énorme. Ce fut très fort et très émouvant. Ce qui m’a beaucoup frappé, c’est cet extraordinaire mouvement de solidarité de la part des sauveteurs, entre eux. C’est leur ADN. Il y a eu aussi l’élan de solidarité du monde maritime et de tous les Français. On a également reçu des messages de l’étranger : du Canada, du Portugal, d’Angleterre, des États-Unis…

 

Actuellement, nous n’avons pas les moyens de renouveler notre flotte


Vous appelez le gouvernement à organiser, en septembre, des Assises nationales du sauvetage en mer. Avec quel objectif ?

L’objectif est de réunir autour de la table tous les partenaires concernés par le sauvetage en mer : les sauveteurs, l’État, des élus du littoral, des représentants de la Marine, des assureurs, des associations de plaisanciers… Des décisions doivent être prises pour conforter la pérennité de la SNSM. Il faut que les gens connaissent la SNSM. Beaucoup, en effet, ne savent pas que les 8 000 sauveteurs de la SNSM sont tous bénévoles. Nous devons pérenniser ce modèle social. S’il n’y a plus de bénévoles, il n’y a plus de SNSM et plus de sauvetage en mer car il n’existe pas de solution alternative.

Il faut aussi pérenniser notre modèle économique afin que l’on puisse avoir de la visibilité sur le plan de l’investissement, notamment au niveau du renouvellement de notre flotte hauturière. Actuellement, nous n’avons pas les moyens de renouveler cette flotte. Mais, aujourd’hui, on ne va pas parler de financement, car on est dans le temps du deuil et du recueillement collectif.


Neuf plaisanciers sur dix ne cotisent pas à la SNSM qui a secouru plus de 9 000 personnes en 2018. Estimez-vous cela normal, d’autant que l’on compte plus 600 000 plaisanciers en France et qu’ils sont à l’origine de près de 80 % des interventions de la SNSM ?

Je sais tout ça. Évidemment, ce n’est pas normal. Mais je ne veux pas parler d’argent aujourd’hui. C’est trop tôt.

Désormais connue sous l’appellation « Mille SNSM », la journée nationale des sauveteurs en mer connaîtra sa troisième édition avec de nombreuses animations, le 28 juin à Paris et le 29 juin sur l’ensemble du littoral métropolitain et ultramarin. Quel message pouvez-vous adresser à l’occasion de cette nouvelle opération de soutien aux sauveteurs en mer ?

Soyez solidaires dans votre soutien envers la SNSM, soyez reconnaissants de notre action. Ce qu’on attend d’ailleurs collectivement du président de la République, c’est de la reconnaissance. On ne lui demande pas de venir ce jeudi avec son carnet de chèques, mais avec de la reconnaissance.

Une interview réalisée par la rédaction du Télégramme

 

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