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Yémen : La marine française évacue une centaine de ressortissants

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Yémen : La marine française évacue une centaine de ressortissants

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Alors que les combats font rage à Aden entre les rebelles Houthis et les forces du président yéménite, soutenues par des raids aériens d’une coalition arabe, trois bâtiments de la Marine nationale ont été mobilisés pour assurer l’évacuation de ressortissants français et internationaux. Il s’agit du bâtiment de projection et de commandement Dixmude déployé en océan Indien avec la frégate Aconit dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc, ainsi que du patrouilleur de haute mer L’Adroit, engagé depuis peu dans l’opération européenne Atalante du lutte contre la piraterie.

 

L'EDAR du Dixmude au Yémen (© EMA)

L'EDAR du Dixmude au Yémen (© EMA)

L'EDAR embarquant les ressortissants à Bal'haf 

L'EDAR embarquant les ressortissants à Bal'haf (© EMA)

 

Le Dixmude et son EDAR interviennent à Bal’haf

Positionné au large des côtes du Yémen, le Dixmude est intervenu le 4 avril dans le secteur de Bal’haf. Une ville portuaire située à environ 300 km à l’est d’Aden, qui comprend notamment un vaste terminal méthanier et est elle aussi menacée par les affrontements. Les militaires français ont, par conséquent, assuré l’extraction de 44 personnes de différentes nationalités. Elles ont été transférées sur le Dixmude par un engin de débarquement amphibie rapide (EDAR) du BPC. 

 

Recueil de ressortissants par L'Adroit (© EMA)

Recueil de ressortissants par L'Adroit (© EMA)

 

L’Aconit et L’Adroit devant Aden

Le lendemain, c'est à dire dimanche, l’Aconit et L’Adroit sont à leur tour intervenus, dans le cadre cette fois d’une opération d’évacuation à Aden, décidée là aussi en raison de la dégradation de la situation sur le terrain. Une unité de sécurisation, projetée à terre, a pris en charge 25 personnes, y compris 23 français (dont 13 enfants), qui ont été transférées sur L’Adroit au moyen des embarcations rapides du patrouilleur.

Pendant ce temps, l’Aconit recueillait à son bord 38 ressortissants de différentes nationalités. Ils ont été évacués depuis le port d’Aden et conduits vers la frégate française par des vedettes des garde-côtes yéménites, les opérations étant menées en étroite collaboration avec les autorités locales.

 

Recueil de ressortissants par L'Adroit (© EMA)

Recueil de ressortissants par L'Adroit (© EMA)

Recueil de ressortissants (© EMA)

Recueil de ressortissants (© EMA)

Recueil de ressortissants par L'Aconit (© EMA)

Recueil de ressortissants par L'Aconit (© EMA)

 

107 personnes débarquées à Djibouti

Une fois les évacuations achevées, l’Aconit et L’Adroit se sont éloignés du Yémen et ont préparé les 63 personnes recueillies à rejoindre le Dixmude, resté au large et dont les hélicoptères Puma de l’armée de Terre, embarqués dans le cadre de la mission Jeanne d’Arc, ont assuré le transfert. Le BPC, rejoint ensuite par l’Aconit, a mis le cap du Djibouti, où il est arrivé dimanche soir avec en tout 107 ressortissants. Quant à L’Adroit, il a repris ses opérations au profit d’Atalante.

 

Transfert sur le Dixmude (© EMA)

Transfert sur le Dixmude (© EMA)

Transfert sur le Dixmude (© EMA)

Transfert sur le Dixmude (© EMA)

 

Une opération planifiée depuis février

L’Etat-major des armées rappelle que le 11 février dernier, compte tenu de la dégradation de la situation sécuritaire au Yémen, le gouvernement français avait incité l’ensemble des ressortissants français à quitter le pays. Dans le même temps, il avait été demandé au chef d’état-major des armées (CEMA), le général Pierre de Villiers, de planifier une opération visant à permettre d’évacuer en sécurité les ressortissants ayant souhaité rester au Yémen en cas d’aggravation brutale de la situation sécuritaire. Des moyens militaires français aériens et navals positionnés dans l’océan Indien avaient alors été placés en alerte. C’est dans cette perspective, et alors que la situation se dégradait sérieusement la semaine dernière, que le Dixmude et l’Aconit, à l’occasion de leur passage en océan Indien, avaient été pré-positionnés au large des côtes yéménites, où évoluait aussi L’Adroit. Les bâtiments étaient placés sous le contrôle opérationnel du commandant des forces françaises stationnées à Djibouti (FFDJ). 

 

L'Aconit et le Dixmude quittant Toulon le 5 mars (© MER ET MARINE - J-L VENNE)

L'Aconit et le Dixmude quittant Toulon le 5 mars (© MER ET MARINE - J-L VENNE)

 

Guerre civile et intervention d’une coalition arabe

Pour mémoire, le Yémen est en proie à une guerre civile opposant les rebelles chiites Houthis, soutenus par l’Iran, et les fidèles du président Hadi, obligé en janvier de fuir la capitale Sanaa et qui s’est depuis réfugié en Arabie Saoudite. Celle-ci est depuis le 26 mars à la tête d’une coalition réunissant également l’Egypte, les Emirats Arabes Unis, Bahreïn, le Koweït, le Qatar et la Jordanie. Afin d’empêcher l’avance des rebelles, qui cherchent notamment à s’emparer d’Aden, les pays arabes ont lancé des raids aériens. La marine égyptienne s’est également déployée dans le golfe d’Aden, où elle a envoyé quatre bâtiments afin d’assurer la protection du trafic maritime.

 

Bab-el-Mandeb : La côte yéménite toute proche (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

Bab-el-Mandeb : La côte yéménite toute proche (© MER ET MARINE - V. GROIZELEAU)

 

Le détroit stratégique de Bal-el-Mandeb

La sécurité de la zone, et plus particulièrement celle du détroit de Bab-el-Mandeb,  qui relie l’océan Indien à la mer Rouge et n’est large, dans sa partie la plus étroite, que d’une trentaine de kilomètres, est en effet une priorité stratégique pour Le Caire, mais aussi pour les Occidentaux. C’est en effet par là que transitent les navires de commerce acheminant les biens de consommation entre l’Asie et l’Europe, ainsi qu'une grande partie de l’approvisionnement de l’UE en matières premières et hydrocarbures, ces derniers provenant de la région du Persique. Une flotte marchande qui, avant et après le franchissement du golfe d’Aden, transite par le canal de Suez, dont les recettes sont essentielles pour l’économie égyptienne. Plus de 16.000 navires ont ainsi franchi en 2013 cet ouvrage reliant la Méditerranée à la mer Rouge, offrant à l’Egypte plus de 5 milliards de dollars de revenus. Le Caire a d’ailleurs entrepris l’an dernier de lancer un vaste chantier permettant d’y améliorer la navigation. Les travaux doivent être achevés cet été et le « nouveau » canal de Suez inauguré début août. 

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