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En quête de liquidités pour faire face à la crise du coronavirus, qui s'annonce très longue pour le secteur de la croisière, le groupe américain Carnival Corporation, leader mondial du secteur, bénéficie de deux importantes bouffées d’oxygène. La première vient de l'étranger. Non pas de Pékin, comme on aurait pu l'imaginer plus aisément compte tenu des fortes relations de Carnival avec la Chine, mais de manière plutôt inattendue d’Arabie Saoudite, dont le fonds souverain a acquis 8.2% du groupe. Cela représente un total de 43.5 millions d’actions, le montant de la transaction n’étant pas connu. Dans une opération distincte, publique cette fois, Carnival a procédé avec succès à une augmentation de capital. Cette offre réservée aux actionnaires s’est close le 6 avril et a porté sur 71.875 millions d’actions, vendues à un prix unitaire de 8 dollars. La semaine dernière, le groupe avait annoncé qu'il allait mobiliser 6.25 milliards de dollars via des réaménagements de dettes et capitaux propres, ainsi que la suspension du versement de dividendes. Tout cela doit permettre au géant américain de la croisière, jusqu’ici détenu à 60% par la famille Arison et des intérêts privés alliés, de passer la crise. Sachant que le groupe exploite une centaine de navires de croisière via ses différentes marques (Carnival Cruise Line, Princess Cruises, P&O Cruises, P&O Cruises Australia, Costa Crociere, AIDA, Holland America Line, Cunard et Seabourn) et que les frais opérationnels de chacun de ces bateaux aujourd’hui à l’arrêt sont estimés entre 1 et 3 millions de dollars par mois. L’armateur, qui avait annoncé fin mars vouloir rassembler une dizaine de milliards de liquidités, ne semble donc pas anticiper une reprise de l’activité avant des mois.

Les différentes opérations menées ces derniers jours pour y parvenir, en particulier l’entrée au capital du fonds souverain saoudien, ont en tous cas rassuré – pour le moment au moins – les marchés financiers. A la bourse de New York, le titre de Carnival est ainsi remonté jusqu’à 12.69 dollars hier, avant de cloturer à 11.3 dollars, contre 8 dollars le 2 avril. Bien loin du niveau d’avant la crise du coronavirus, quand l’action du croisiériste américain s’appréciait à près de 52 dollars le 17 janvier.

© Un article de la rédaction de Mer et Marine. Reproduction interdite sans consentement du ou des auteurs.

 

 

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